Un redressement de la marge opérationnelle (EBIT/chiffre d'affaires) entre 7% et 9% d'ici à 2014 : tel était l'objectif de Bekaert lorsque l'entreprise a annoncé son lourd programme de restructuration en 2012. Un tel niveau de rentabilité est indispensable pour laisser aux actionnaires la perspective d'un rendement satisfaisant. Et voyez : au cours du 1er semestre 2014, Bekaert affiche une marge opérationnelle de 7%, même si elle ne dépasse pas 6,3% sur base récurrente. Cela ne signifie cependant pas que le pari est gagné. La deuxième moitié de l'année est traditionnellement plus faible pour Bekaert, et l'entreprise met en garde contre la pression qui s'exerce sur les prix sur le marché chinois des pneus. La rentabilité...

Un redressement de la marge opérationnelle (EBIT/chiffre d'affaires) entre 7% et 9% d'ici à 2014 : tel était l'objectif de Bekaert lorsque l'entreprise a annoncé son lourd programme de restructuration en 2012. Un tel niveau de rentabilité est indispensable pour laisser aux actionnaires la perspective d'un rendement satisfaisant. Et voyez : au cours du 1er semestre 2014, Bekaert affiche une marge opérationnelle de 7%, même si elle ne dépasse pas 6,3% sur base récurrente. Cela ne signifie cependant pas que le pari est gagné. La deuxième moitié de l'année est traditionnellement plus faible pour Bekaert, et l'entreprise met en garde contre la pression qui s'exerce sur les prix sur le marché chinois des pneus. La rentabilité sera nettement moins bonne au 2e semestre qu'au premier. Peut-être Bekaert ne retrouvera-t-elle qu'en 2017 une marge opérationnelle d'au moins 7% sur base annuelle, trois ans plus tard qu'espéré, malgré les restructurations de ces dernières années. Mais les résultats des six premiers mois de l'année n'en restent pas moins intéressants, avec une croissance en volume de 4% et une augmentation du bénéfice opérationnel récurrent (REBIT) de 10%. Sur le marché européen surtout, Bekaert affiche des résultats étonnants, grâce à la forte demande dans le secteur automobile et de l'énergie. Combinée aux effets des économies réalisées ces dernières années, elle a même propulsé la marge opérationnelle à 12,7%. La croissance du marché européen du pneu devrait cependant ralentir au 2e semestre. Outre-Atlantique, le redressement se fait toujours attendre. Aux Etats-Unis, la demande reprend progressivement mais les marges bénéficiaires restent sous pression en raison de la surcapacité qui subsiste et des importations asiatiques. Les marges restent ainsi scotchées à 5,1%. En Amérique latine, les problèmes sont plus nombreux, comme le veut la tradition. La baisse des cours des matières premières pèse sur les économies locales, les investissements dans l'industrie minière et les projets d'infrastructure en étant principalement affectées. La baisse des taux de change a également affecté les résultats après conversion en euro. Les marges sont retombées à 3,9% à peine. En Asie, le marché s'est quelque peu éclairci, même si la croissance des volumes y a également été en grande partie annihilée par des effets de change défavorables. Bekaert fait même état d'une forte croissance sur le marché des panneaux solaires. Or c'est l'évaporation de ce marché en 2012 qui avait contraint l'entreprise florissante qu'était Bekaert à l'époque à entrer dans une phase de restructuration. Sur le marché asiatique des pneus, les volumes vendus ont même augmenté de 10% grâce à une stratégie centrée sur la défense des parts de marché dans un environnement très compétitif. Mais pareille stratégie implique des concessions en matière de prix et de marges. Bekaert voit la baisse des prix s'accélérer sur le marché chinois des pneus, notamment à la suite des mesures antidumping prises aux Etats-Unis contre les importations de pneus chinois. En outre, le concurrent Xingda met une nouvelle usine en service, et la demande ralentit. Des facteurs impossibles à compenser par de simples économies sur les coûts.ConclusionAu cours du premier semestre, nous avons eu droit à un premier aperçu de la rentabilité que Bekaert vise à plus long terme. Le retour à des marges opérationnelles de 7% à 9% exigera cependant plusieurs années. Vu la valorisation actuelle de l'action (13 fois le bénéfice moyen sur ces 10 dernières années), les investisseurs ont déjà pris une avance sur ce scénario. Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2B