Alors que les grandes entreprises technologiques américaines tirent profit de la crise sanitaire, les actions industrielles ne sortent toujours pas du bourbier. Le cours de l'action Bekaert, en particulier, est toujours inférieur d'un quart à ce qu'il était avant la pandémie. Ce qui n'est pas entièrement justifié car si le producteur de fil d'acier, très dépendant d'un marché du pneu lui-même gravement touché, est frappé de plein fouet, sa direction a travaillé dur ces dernières années pour le rendre plus résistant et plus rentable - ce qui sera manifeste dès que le calme sera revenu. Voilà en tout état de cause une opportunité pour l'investisseur, surtout si le marché automobile peut se redresser dès l'an prochain.
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Alors que les grandes entreprises technologiques américaines tirent profit de la crise sanitaire, les actions industrielles ne sortent toujours pas du bourbier. Le cours de l'action Bekaert, en particulier, est toujours inférieur d'un quart à ce qu'il était avant la pandémie. Ce qui n'est pas entièrement justifié car si le producteur de fil d'acier, très dépendant d'un marché du pneu lui-même gravement touché, est frappé de plein fouet, sa direction a travaillé dur ces dernières années pour le rendre plus résistant et plus rentable - ce qui sera manifeste dès que le calme sera revenu. Voilà en tout état de cause une opportunité pour l'investisseur, surtout si le marché automobile peut se redresser dès l'an prochain.Les résultats du premier semestre témoignent de la résilience du groupe: son chiffre d'affaires (CA) a chuté de 20%, mais sa marge bénéficiaire a très bien résisté. Au niveau du bénéfice opérationnel sous-jacent, la marge s'établit à 5,2%, contre 5,7% un an plus tôt. Le recul des ventes coûte à l'entreprise 138 millions d'euros de bénéfice opérationnel, soit plus que le bénéfice opérationnel engrangé au premier semestre de 2019; cette perte est néanmoins compensée par les mesures d'économies structurelles adoptées l'an passé, ainsi que par l'amélioration de la stratégie commerciale (l'accent est désormais mis sur les produits à plus forte valeur ajoutée, vendus à un prix correct). Le redressement de la filiale Bridon-Bekaert Ropes Group, précédemment en difficulté, a lui aussi permis de limiter la casse. Bekaert achève le semestre sur un bénéfice opérationnel sous-jacent de 92 millions d'euros, contre 126 millions d'euros un an plus tôt. Les dégâts auraient été bien plus marqués si la direction n'avait pas pris les choses en main ces dernières années. Prudente, celle-ci attend, avant de crier victoire et de se prononcer sur le reste de l'exercice, le redémarrage du marché mondial du pneu, car c'est à la division Renforcement du caoutchouc que le groupe doit, dans des conditions normales, l'essentiel de son bénéfice opérationnel. Or le CA de cette activité a cédé 43% au deuxième trimestre; mais le marché chinois redémarre désormais et Bekaert table, à moins d'une deuxième vague, sur une reprise progressive des autres marchés du pneu également. Les mesures structurelles arrêtées, de même que le maintien, pendant le confinement, des secteurs cruciaux, comme l'agriculture et les services d'intérêt collectif, ont évité au CA et au bénéfice de la division Applications de fils d'acier et produits spéciaux de souffrir. Le cycle saisonnier et les incertitudes qui entourent l'économie américaine vont toutefois empêcher ce pôle de réitérer ces bons résultats au second semestre.Financièrement aussi, Bekaert a de quoi voir venir. A 955 millions d'euros, son endettement net est, grâce à l'abondance des cash-flows opérationnels et à l'allégement du fonds de roulement, de 300 millions d'euros inférieur à ce qu'il était fin juin 2019. A 2,5 fois environ le cash-flow opérationnel, il n'est pas excessif.Si la crise sanitaire a considérablement affecté le CA du groupe, les économies de coûts et l'amélioration de la stratégie commerciale décidées ces dernières années ont permis à la rentabilité de relativement bien résister. Compte tenu du contexte, les investisseurs privilégient une attitude attentiste. Le cours représente 12 fois seulement le bénéfice de cette année de crise: c'est une opportunité pour l'investisseur, mais sans urgence. Nous conseillons désormais d'acheter. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 17 eurosTicker: BEK BBCode ISIN: BE0974258874Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 1,03 milliard EURC/B 2019: 10C/B attendu 2020: 12Perf. cours sur 12 mois: -30%Perf. cours depuis le 01/01: -35%Rendement du dividende: 2%