Bekaert a bénéficié beaucoup plus encore que prévu de la vigoureuse reprise de l'économie mondiale, entamée au printemps. Le producteur de fil d'acier a achevé le semestre sur un chiffre d'affaires record de 2,3 milliards d'euros, soit 33% de plus qu'au cours de la même période l'an passé - même s'il faut rappeler qu'à l'époque, l'économie mondiale était quasi à l'arrêt. Tous les marchés ont contribué à l'avancée; celui des pneumatiques s'est nettement redressé, la demande des secteurs industriel et de la construction a redémarré et celle de l'agriculture est demeurée élevée.
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Bekaert a bénéficié beaucoup plus encore que prévu de la vigoureuse reprise de l'économie mondiale, entamée au printemps. Le producteur de fil d'acier a achevé le semestre sur un chiffre d'affaires record de 2,3 milliards d'euros, soit 33% de plus qu'au cours de la même période l'an passé - même s'il faut rappeler qu'à l'époque, l'économie mondiale était quasi à l'arrêt. Tous les marchés ont contribué à l'avancée; celui des pneumatiques s'est nettement redressé, la demande des secteurs industriel et de la construction a redémarré et celle de l'agriculture est demeurée élevée.La rentabilité est elle aussi au rendez-vous. La marge opérationnelle sous-jacente s'établit à 12,5%. C'est excellent, mais la direction elle-même précise que la réévaluation des stocks de matières premières, que les hausses de prix de ces derniers mois ont considérablement soutenue, a largement joué; sans cela, la marge bénéficiaire aurait plafonné à 10%. A présent que les hausses des prix des principales matières premières ont été absorbées, ce facteur disparaît. La direction s'attend donc à voir le bénéfice opérationnel reculer au second semestre jusqu'au niveau atteint au cours des six derniers mois de 2020. La reprise économique est de surcroît freinée par un variant Delta hautement contagieux, qui engendre une multiplication des infections et des hospitalisations dans de nombreux pays. Bekaert devra enfin compter avec un ralentissement du marché des pneumatiques, car de nombreux constructeurs automobiles vont être temporairement contraints de réduire leur production en raison du manque de semi-conducteurs.Le "bonus" conjoncturel du premier semestre s'effritera donc, mais cela ne signifie pas que la rentabilité du groupe sera réduite à néant. La direction s'est montrée diligente: le redressement de la rentabilité est dû non seulement à la réévaluation des stocks, mais aussi aux ambitieux programmes d'économies de coûts mis en place ces dernières années, à la discipline retrouvée, en vertu de laquelle le groupe répercute à nouveau les coûts des intrants sur ses clients et à la politique de concentration sur les produits et services à plus forte valeur ajoutée. L'amélioration de la rentabilité est donc aussi le fruit d'un travail acharné, comme en témoigne le fait que chaque division a réalisé une marge bénéficiaire de 10% au moins entre janvier et juin. Les atouts structurels sur lesquels repose le bénéfice opérationnel permettent également à l'entreprise de faire preuve d'ambition: elle prévoit de dégager, au fil du cycle économique, une marge de 9% à 11% sur un chiffre d'affaires qui devrait quant à lui afficher une croissance organique de 3% l'an. Les résultats ont fait tomber le ratio d'endettement bien en dessous de 1 fois le cash-flow opérationnel. Cette force de frappe financière sera utilisée pour investir dans des produits et services ou dans des acquisitions, plutôt que pour augmenter nettement le dividende ou les rachats d'actions.Le semestre a été exceptionnel, mais la conjoncture ne permettra pas à Bekaert de poursuivre sur sa lancée. La robustesse des bénéfices sous-jacents est toutefois telle que les actionnaires pourront compter sur des résultats plutôt stables d'un bout à l'autre du cycle au cours des années qui viennent. Avec un ratio cours/bénéfice de 8 et une valeur de l'entreprise (EV) correspondant à 5 fois le bénéfice opérationnel, le titre est loin d'être onéreux, même si son cours a fortement augmenté cette année. Nous maintenons donc notre conseil d'achat. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 38,9 eurosTicker: BEK BBCode ISIN: BE0974258874Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 2,35 milliards EURC/B 2020: 10C/B attendu 2020: 8Perf. cours sur 12 mois: +129%Perf. cours depuis le 01/01: +44%Rendement du dividende: 3,4%