Le groupe canadien Barrick Gold va plus que probablement perdre cette année son titre de premier producteur mondial d'or (eu égard à la production) en faveur de son concurrent Newmont Mining. Barrick reste cependant le champion des coûts bas. En 2010 et 2011, Barrick avait encore enregistré une production record de 7,7millions d'onces en raison de nombreuses acquisitions réalisées durant cette période. Mais lorsque le cours de l'or et les cash-flows ont commencé à baisser, Barrick s'est retrouvé en terrain glissant. Fin 2014, la dette avait atteint un sommet à plus de 13,1millions USD, alors que le cours de l'action Barrick était retombé à son plus bas niveau en plus de deux décennies. La direction étai...

Le groupe canadien Barrick Gold va plus que probablement perdre cette année son titre de premier producteur mondial d'or (eu égard à la production) en faveur de son concurrent Newmont Mining. Barrick reste cependant le champion des coûts bas. En 2010 et 2011, Barrick avait encore enregistré une production record de 7,7millions d'onces en raison de nombreuses acquisitions réalisées durant cette période. Mais lorsque le cours de l'or et les cash-flows ont commencé à baisser, Barrick s'est retrouvé en terrain glissant. Fin 2014, la dette avait atteint un sommet à plus de 13,1millions USD, alors que le cours de l'action Barrick était retombé à son plus bas niveau en plus de deux décennies. La direction était donc contrainte d'intervenir, et elle l'a fait. Barrick a encore produit 6,12millions d'onces en 2015, mais cette année, la production retombera entre 5 et 5,5millions d'onces. Pourtant, les free cash-flows sont plus élevés, et les coûts, plus bas. Barrick opère dans le monde entier, mais le centre de gravité des actifs opérationnels reste les Amériques du Nord et du Sud, qui prennent à leur compte près de 70% de la production. L'Afrique, à travers la participation dans Acacia Mining, et l'Australie suivent à une distance respectable. Barrick mise surtout sur des actifs de qualité, avec des couches de minerai riches, et par conséquent des frais d'extraction relativement bas. Environ 70% de la production proviennent de 5mines clés: Cortez, Goldstrike, Pueblo Viejo, Lagunas Norte et Veladero. Cette année, l'AISC _ le coût total pour maintenir la production au niveau actuel _ ne dépassera pas 660 à 730USD l'once dans ces mines. Ce coût de production moyen s'établissait encore à 831USD l'once en 2015. Le 1ertrimestre a été exceptionnel au niveau des coûts, l'AISC ayant reculé de 15%, à 706USD l'once. Il devrait à nouveau légèrement augmenter durant le restant de l'année pour s'établir entre 760 et 810USD au niveau du groupe. Entre janvier et mars, les mines du groupe ont produit un total de 1,28million d'onces d'or, soit 8% de moins qu'au cours de la même période, il y a un an. Il est vrai que Barrick a vendu deux mines à son concurrent Kinross Gold l'an dernier. Le bénéfice net ajusté s'élevait à 127millions USD, mais des pertes de change ont plongé Barrick dans le rouge à hauteur de 83millions USD. Plus important: les free cash-flows étaient positifs pour le 4etrimestre successif (181millions USD). Ils ont atteint 471millions USD sur l'ensemble de l'exercice 2015. L'objectif est de financer les dépenses courantes (dépenses d'investissement et dividendes) à partir des cash-flows, tout en poursuivant la réduction de dette. La position d'endettement a baissé de 3,1milliards USD à un peu moins de 10milliards USD l'an dernier. Barrick a exprimé l'ambition d'alléger encore sa dette de 2milliards USD cette année; après un trimestre, elle a déjà baissé de 842millions USD. Le rapport entre la dette et les cash-flows opérationnels (EBITDA) doit retomber à moins de 2,5 à la fin de cette année. Les actions qui ont subi les corrections les plus sévères sont également celles qui peuvent se redresser le plus vite. C'est ce qui est arrivé à Barrick, qui a déjà gagné plus de 160% cette année, le double de l'indice des mines d'or. Les dettes sont sous contrôle et Barrick est le producteur d'or d'envergure qui présente la structure de coût la plus basse. La valorisation reste en outre très raisonnable par rapport à l'EBITDA. Chaque repli constitue une fenêtre d'achat.Conseil : digne d'achatRisque : moyenRating : 1B