Le groupe canadien Barrick Gold, premier producteur d'or au monde en termes de volume de production, sort de plusieurs années agitées. Et pas uniquement en raison de la baisse du prix de l'or, qui s'échange toujours à plus d'un tiers de son pic de septembre 2011 : Barrick a également souffert de turbulences internes, notamment au sein de la direction. De plus, les investisseurs dénonçaient une stratégie de groupe trop floue. La clarté a heureusement été faite dans ce domaine, John Thornton, CEO et ancien serviteur de Goldman Sachs, ne laissant planer aucun doute sur le fait que Barrick restait avant tout un producteur d'or. Une diversification vers d'autre...

Le groupe canadien Barrick Gold, premier producteur d'or au monde en termes de volume de production, sort de plusieurs années agitées. Et pas uniquement en raison de la baisse du prix de l'or, qui s'échange toujours à plus d'un tiers de son pic de septembre 2011 : Barrick a également souffert de turbulences internes, notamment au sein de la direction. De plus, les investisseurs dénonçaient une stratégie de groupe trop floue. La clarté a heureusement été faite dans ce domaine, John Thornton, CEO et ancien serviteur de Goldman Sachs, ne laissant planer aucun doute sur le fait que Barrick restait avant tout un producteur d'or. Une diversification vers d'autres métaux n'est donc plus à l'ordre du jour. La combinaison de la baisse du cours de l'or, de nombreuses dépréciations et d'incertitudes avait ramené l'action à son plus bas niveau en plus de 20 ans. Le talon d'Achille de Barrick est sa position d'endettement élevée - 10,4 milliards USD à la fin de l'an dernier. Grâce à de nombreux refinancements, le groupe ne devra cependant rembourser que 900 millions USD d'ici à 2017. Le producteur d'or veut réduire son endettement d'au moins 3 milliards USD en 2015, un objectif très ambitieux. Deux mines ont en tout cas été mises en vente : le site de Cowal en Australie et la joint-venture Porgera en Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui pourraient rapporter un total de 800 millions à 1,1 milliard USD selon les estimations. Il est possible que Barrick vende la participation de 64% Acacia Mining (l'ancienne African Barrick Gold ou ABG). ABG a été scindée en 2010 et Barrick a déjà tenté en vain de se défaire de sa participation. Le trimestre s'est soldé par une perte nette de 2,85 milliards USD, principalement imputable à 2,8 milliards USD de dépréciations sur la valeur comptable de Cerro Casale et Lumwana notamment. Le bénéfice opérationnel sous-jacent de 0,15 USD par action était cependant supérieur aux attentes. Le total des dépréciations a ainsi atteint 3,4 milliards USD en 2014. Les mines du groupe ont produit 6,25 millions d'onces d'or et 436 millions de livres de cuivre l'an dernier. Le coût de production total par once d'or produite s'établissait à 864 USD, 15% de moins qu'il y a un an. Pour l'exercice en cours, on table sur une production comprise entre 6,2 et 6,6 millions d'onces, pour un coût de production à peu près stable : entre 860 et 895 USD l'once. Les cinq plus grandes mines du groupe, qui prennent ensemble un peu plus de 60% de la production à leur compte, affichent un coût de production moyen encore inférieur : 716 USD l'an dernier. Barrick assure que les projets qui n'engendrent pas un rendement de 10 à 15% seront vendus, supprimés ou différés. Les cash-flows libres étaient négatifs à hauteur de 180 millions USD au 4e trimestre, ce qui a annihilé le résultat positif des trois premiers (40 millions USD). Les réserves d'or s'élevaient à 93 millions d'onces à la fin de l'an dernier. ConclusionL'association d'une réduction de l'endettement et d'une baisse des coûts semble prometteuse. Le groupe peut compter sur l'un des coûts de production les plus bas de l'industrie et sur des réserves élevées. Malgré les nombreuses dépréciations et autres réductions de valeur, la valorisation reste basse à 1,4 fois la valeur comptable. Conseil: digne d'achatRisque: élevéRating: 1C