Les résultats annuels de la Banque Nationale de Belgique (BNB) ont déjà été publiés fin mars. Ils n'ont pas totalement réjoui les actionnaires. Pour la 3efois seulement (c'était également le cas des exercices 2011 et 2014) en plus de 50ans, le dividende a été abaissé. La certitude de bénéficier d'un dividende au moins stable semble ainsi remise en cause. Et ceux qui ont pris la peine de lire le communiqué de presse en détail y auront compris qu'un dividende stable n'est pas garanti pour les années à venir. Un dividende de 135,41EUR brut sera versé pour l'année 2015. Du fait de l'augmentation du précompte mobilier à 27%, le dividende net reflue sous 1...

Les résultats annuels de la Banque Nationale de Belgique (BNB) ont déjà été publiés fin mars. Ils n'ont pas totalement réjoui les actionnaires. Pour la 3efois seulement (c'était également le cas des exercices 2011 et 2014) en plus de 50ans, le dividende a été abaissé. La certitude de bénéficier d'un dividende au moins stable semble ainsi remise en cause. Et ceux qui ont pris la peine de lire le communiqué de presse en détail y auront compris qu'un dividende stable n'est pas garanti pour les années à venir. Un dividende de 135,41EUR brut sera versé pour l'année 2015. Du fait de l'augmentation du précompte mobilier à 27%, le dividende net reflue sous 100EUR par action (98,85EUR net, contre 108,69EUR net en 2014), ce qui correspond actuellement à un rendement net proche de 3,3%. Soit malgré tout 2,5% de plus que le taux proposé sur les obligations publiques belges (OLO à 10ans). Le record reste attribué à l'exercice 2010, avec un dividende brut de 166,12EUR par action. Nous sommes 20% en dessous. La baisse du dividende n'était pourtant pas indispensable. La BNB continue en effet à réaliser des bénéfices substantiels dont elle ne distribue qu'un maigre pourcentage aux actionnaires (particuliers). Pour l'exercice 2015, le bénéfice net s'établit à 550millions EUR ou 1375EUR par action. Le pay-out ratio ne dépasse donc pas 10% (9,8%). Le bénéfice est cependant en recul de 19%. La tendance à la baisse de ces dernières années est ainsi confirmée. La principale cause du recul des bénéfices est bien entendu la baisse des taux. On remarquera que la BNB fait preuve d'une grande prudence et pour la 2eannée consécutive, n'affecte plus 25 mais 50% des bénéfices aux réserves disponibles. Elle continuera du reste à appliquer cette politique jusqu'à l'exercice 2017 inclus, voire au-delà. En raison de la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de lancer un programme de rachat d'obligations publiques (QE) dont l'exécution passe notamment par les banques centrales nationales, la BNB est exposée à un risque de perte sur les titres rachetés. Ces pertes seront enregistrées dès que les taux commenceront à se redresser. De plus, des titres de pays du sud de l'Europe, qui présentent un net potentiel de pertes, ont également été acquis ces dernières années. Non que "notre" Banque Nationale n'est pas capable de résister à une hausse des taux. Les réserves ont été portées à 5,2milliards EUR ou 13.000EUR par action, soit plus de quatre fois le cours de Bourse! La lutte pour l'égalité de traitement menée par les actionnaires particuliers depuis une dizaine d'années a considérablement baissé en intensité. Seul l'actionnaire individuel Jaak Van der Gucht fait encore entendre sa voix. L'an dernier, le tribunal de commerce de Bruxelles a en tout cas jugé que les plus-values réalisées sur l'or relevaient du patrimoine de la BNB. Pour les actionnaires, il faut espérer qu'aucune nouvelle crise de l'euro n'éclate et que les taux ne commencent pas soudainement à augmenter. Il est évident que l'action BNB reste extrêmement attrayante. Nous pouvons la considérer comme une obligation à haut rendement dont le coupon restera encore quelque temps nettement plus élevé que ceux proposés sur les obligations publiques belges.Conseil : digne d'achatRisque : faibleRating : 1A