En soi, Balta a affiché des résultats corrects au deuxième semestre de 2018, avec même un quatrième trimestre meilleur que celui de l'année précédente. Mais, pour 2019, la direction ne table que sur un cash-flow opérationnel récurrent (Rebitda) à l'équilibre, là où les analystes avaient espéré une hausse. Par ailleurs, les actionnaires ne recevront aucun dividende pour l'exercice 2018 (contre 0,08 euro brut par action en 2017). C'est logique au vu de la dette nette, qui atteignait 262,8 millions d'euros fin 2018, ou 3,65 fois le Rebitda, une fois les fonds propres et 2,2 fois la capitalisation boursière. Autre déception, aucun changement n'a été annoncé à la tête de l'entreprise. Le CEO Tom Debusschere avait été remercié lors de la publication des résultats semestriels d...

En soi, Balta a affiché des résultats corrects au deuxième semestre de 2018, avec même un quatrième trimestre meilleur que celui de l'année précédente. Mais, pour 2019, la direction ne table que sur un cash-flow opérationnel récurrent (Rebitda) à l'équilibre, là où les analystes avaient espéré une hausse. Par ailleurs, les actionnaires ne recevront aucun dividende pour l'exercice 2018 (contre 0,08 euro brut par action en 2017). C'est logique au vu de la dette nette, qui atteignait 262,8 millions d'euros fin 2018, ou 3,65 fois le Rebitda, une fois les fonds propres et 2,2 fois la capitalisation boursière. Autre déception, aucun changement n'a été annoncé à la tête de l'entreprise. Le CEO Tom Debusschere avait été remercié lors de la publication des résultats semestriels de 2018. L'émission d'un avertissement sur résultat avait été la goutte qui avait fait déborder le vase. En attendant la nomination d'un nouveau CEO, le président du conseil d'administration, Cyrille Ragoucy, assume le poste par intérim. Depuis son entrée à la cote sur le marché principal d'Euronext Bruxelles en juin 2017, le fabricant de tapis n'a cessé d'accumuler les déconvenues. Dix-huit mois plus tard, le cours ne représente plus qu'un quart du prix fixé pour l'introduction en Bourse (13,25 euros). Le numéro un mondial des revêtements textiles, qui est aussi le leader européen des tapis à usages commercial et résidentiel, a été sous pression dès le premier jour de cotation. A l'exercice 2017, le Rebitda s'élevait à 12,3%, en recul par rapport à 2016 (14,6%). L'exercice 2018 se clôture sur un Rebitda de 72,3 millions d'euros, soit 9,2 millions d'euros ou 11,3% de moins qu'en 2017. Or, le chiffre d'affaires (CA) n'a diminué que de 2,3%, à 646,2 millions d'euros (la croissance organique est toutefois négative, à -5,0%). La marge de Rebitda a donc diminué à 11,2% sur l'exercice. Au dernier trimestre de 2018, elle atteignait 12,2%. Les facteurs négatifs sont toujours les mêmes: fluctuations des cours de change, hausse des cours des matières premières et pression sur les volumes. La chaîne britannique Carpetright a perdu beaucoup de clients. Le rachat de l'américain Bentley Mills semble avoir été la meilleure décision prise par Tom Debusschere, car l'activité se porte bien outre-Atlantique. Elle ne suffit toutefois pas à compenser le recul qu'accusent les autres régions. La baisse généralisée du CA a pris fin au quatrième trimestre, avec une hausse de 2,3%, dont 1,7% de croissance organique; la division tapis a affiché une croissance organique du CA de 7%, mais est restée dans le rouge sur l'exercice (-10,4%) et les ventes de moquettes à usage commercial se sont accrues de 10,9% (croissance organique: +8,9%) au cours du trimestre, notamment grâce au rachat de Bentley, et sur l'exercice, de 25,1% (+10,8% de croissance organique). Le recul des ventes de moquettes résidentielles (-8,7%) s'est confirmé, avec une performance toujours mauvaise au Royaume-Uni (-12,1% pour l'exercice 2018).Les chiffres du quatrième trimestre sont honorables et justifieraient un redressement du cours. Mais la suppression du dividende, l'absence de nomination d'un nouveau CEO et les prévisions étales pour 2019, dans un contexte de fort endettement, ont refroidi les investisseurs. En revanche, les valorisations sont de plus en plus attrayantes, avec une valeur d'entreprise correspondant à 5 fois environ le cash-flow opérationnel. Pour une entreprise rentable, une valorisation inférieure à 0,5 fois la valeur comptable est réellement bon marché. Balta pourrait être la proie d'un rachat. Nous avons donc relevé le niveau de risque.Conseil: acheterRisque: élevéRating: 1CCours: 3,06 eurosTicker: BALTA BBCode ISIN: BE0974314461Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 110 millions EURC/B 2018: 9C/B attendu 2019: 9Perf. cours sur 12 mois: -53%Perf. cours depuis le 01/01: - 8%Rendement du dividende: 2,6%