L'avertissement sur bénéfice qui avait été émis à l'occasion de la présentation des résultats du premier semestre avait entraîné le départ immédiat du CEO Tom Debusschere. Hélas, en publiant son rapport sur le troisième trimestre, Balta n'a pas annoncé lui avoir trouvé un successeur. C'est donc toujours le président du conseil d'administration, Cyrille Ragoucy, qui exerce la fonction, dans l'intervalle.
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L'avertissement sur bénéfice qui avait été émis à l'occasion de la présentation des résultats du premier semestre avait entraîné le départ immédiat du CEO Tom Debusschere. Hélas, en publiant son rapport sur le troisième trimestre, Balta n'a pas annoncé lui avoir trouvé un successeur. C'est donc toujours le président du conseil d'administration, Cyrille Ragoucy, qui exerce la fonction, dans l'intervalle. Jusqu'ici, depuis son introduction en Bourse d'Euronext Bruxelles, en juin 2017, le groupe connaissait une lente descente aux enfers: les mauvaises nouvelles s'enchaînaient. Balta n'est pas encore tiré d'affaire pour autant, mais au cours du troisième trimestre, la situation ne s'est pas envenimée. Son cours a même progressé légèrement. En l'espace de moins d'un an et demi, celui-ci a cédé plus de 70% par rapport au cours d'introduction (13,25 euros). L'on comprend pourquoi le groupe a été boudé des analystes et investisseurs ces derniers mois. D'autant que le producteur de revêtements de sol textiles est sous pression depuis le premier jour de cotation. Au cours du second semestre de 2017, ce marché n'a fait que se dégrader. La marge de Rebitda, soit le rapport entre le cash-flow d'exploitation récurrent et le chiffre d'affaires, de Balta s'est élevée en 2017 à 12,8% alors qu'elle atteignait encore 14,6% un an plus tôt. Mais si après six mois, en 2018, elle ne s'élevait plus qu'à 10,6%, au terme du troisième trimestre, elle s'établissait un peu plus haut, à 10,8%. Depuis ses premiers pas en Bourse, Balta est exposé aux soubresauts du marché britannique et, donc, à ceux de la livre Sterling. Cette année, l'affaiblissement du dollar et celui de la livre turque ont eux aussi pesé sur la rentabilité de Balta. Depuis un temps, la hausse des cours des matières premières est elle aussi à pointer du doigt. En outre, depuis la fin de 2017, le leader mondial des tapis tissés et numéro 1 européen des moquettes à usages commercial et résidentiel voit ses volumes diminuer. A l'instar de ses concurrents (Carpetright, entre autres), il ne voit pas les clients se bousculer au portillon. Au troisième trimestre, le chiffre d'affaires (CA) de Balta a reculé de 4,4%, à 151 millions d'euros, la croissance organique s'étant contractée de 4,1%. L'acquisition de Bentley Mills, l'an dernier, est sans doute la meilleure décision qu'ait prise l'ex-CEO. C'est en partie grâce à cette entreprise américaine que les moquettes à usage commercial continuent d'afficher une croissance à deux chiffres (+17,1%). Laquelle ne compense pas le recul des ventes de tapis tissés (-15,4%) et de moquettes à usage résidentiel (-13,2%). Le cash-flow d'exploitation ajusté a cédé 9,9% au troisième trimestre, à 17,1 millions d'euros, et 21,7% sur neuf mois. Fin septembre, la dette nette s'élevait à 276,9 millions d'euros, ce qui correspond à 3,9 fois le cash-flow d'exploitation (Ebitda). C'est bien trop élevé. Cyrille Ragoucy anticipe une hausse de l'Ebitda au second semestre, en glissement annuel. Vu l'endettement élevé du groupe et les conditions de marché difficiles, l'on peut s'attendre à une restructuration de grande ampleur au sein de Balta au début de l'année prochaine. La valorisation est toujours faible, à 9 fois le bénéfice et 6,5 fois le rapport valeur d'entreprise/Ebitda attendus en2018, et surtout à 0,6 fois la valeur comptable. Nous reverrons peut être notre recommandation lorsque la nouvelle stratégie du groupe aura été définie et s'il est confirmé que Balta se reprend après avoir touché le fond. Conseil : conserver/attendreRisque : élevéRating : 2CCours : 3,89 eurosTicker : BALTA BBCode ISIN : BE0974314461Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 145 millions EURC/B 2017 : 6,5C/B 2018 attendu : 9Perf. cours sur 12 mois : -65%Perf. cours depuis le 01/01 : - 55%Rendement du dividende : 2,0%