Il faudra du temps pour renouer avec la croissance du chiffre d'affaires (CA) et du bénéfice, avait déclaré Marleen Vaesen, CEO de Van de Velde, lors de la présentation des résultats de l'exercice 2018. Comme bien des détaillants, le producteur de lingerie souffre de l'essor du commerce virtuel et du changement de comportement de la clientèle. C'est depuis 2016 que la croissance laisse à désirer.
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Il faudra du temps pour renouer avec la croissance du chiffre d'affaires (CA) et du bénéfice, avait déclaré Marleen Vaesen, CEO de Van de Velde, lors de la présentation des résultats de l'exercice 2018. Comme bien des détaillants, le producteur de lingerie souffre de l'essor du commerce virtuel et du changement de comportement de la clientèle. C'est depuis 2016 que la croissance laisse à désirer.Le CA à périmètre comparable a reculé de 1,2%, à 112,8 millions d'euros, et de près de 2% à taux de change constants, même, au 1er semestre. Les ventes en gros, principales contributrices au bénéfice, sont toutefois demeurées stables. Les ventes par les magasins propres ont chuté de 6,7% (8,8%, à taux de change constants). Van de Velde ne parvient en effet pas à stopper le déclin des magasins américains. Pire: le problème s'étend à l'Europe. "Attirer la clientèle dans nos boutiques est difficile; mais une fois entrée, elle se laisse très aisément convaincre", avait ajouté Marleen Vaesen. L'entreprise semble du reste avoir réussi à rétablir un certain équilibre entre ventes en ligne et ventes en boutiques. Les 5.000 magasins et plus qui commercialisent ses produits avaient peu apprécié de la voir se doter d'un site de vente par Internet. Elle a dès lors ajusté sa politique, en réduisant le nombre de mailings publicitaires, en améliorant la visibilité des boutiques, en renvoyant plus systématiquement les clients vers elles et en facturant 5 euros les livraisons, entre autres. La stabilisation des ventes en gros suggère que ses efforts n'ont pas été vains.Un strict contrôle des dépenses a par ailleurs permis à la rentabilité de se stabiliser elle aussi. Le cash-flow opérationnel à périmètre comparable a progressé de 2,8%, à 29,3 millions d'euros, au 1er semestre. Les investissements dans l'infrastructure d'e-commerce ont grevé le bénéfice plusieurs années durant. Le groupe investit aujourd'hui toujours dans la vente en ligne, mais sans plus sacrifier ses marges; plusieurs projets informatiques coûteux étant désormais achevés, la facture s'est nettement allégée par rapport au 2e semestre de 2018. Van de Velde a en outre supprimé des antennes en Allemagne (démonstrations à domicile), aux Pays-Bas (projets informatiques) et à Hong Kong (chaîne Private Shop). En Belgique, 17 personnes ont été remerciées en septembre. L'accent mis sur la maîtrise des dépenses démontre, si besoin était, le caractère structurel de la stagnation du CA; le groupe ne pouvant se contenter d'attendre la fin de la tempête, il prend le taureau par les cornes.Pâtissant de l'importante perte actée par Top Form, le producteur hongkongais dont Van de Velde détient 25% des parts, le bénéfice net a reflué de 8%, à 13,8 millions d'euros. Le semestre s'achève sur un bénéfice net de 1,01 euro par action; le 2e semestre étant traditionnellement moins rentable, nous misons sur 1,8 euro par action environ pour l'exercice, soit un rapport cours/bénéfice de 14, ce qui est honnête vu le contexte. La direction n'a rien pronostiqué pour la 2e moitié de l'année lors de l'annonce des résultats semestriels.Van de Velde peine toujours à appréhender le changement de comportement de la clientèle. A présent que les investissements dans l'e-commerce sont achevés, le bénéfice semble vouloir se stabiliser, mais le CA continue de baisser. A un rapport cours/bénéfice de 14, la valorisation est correcte. Nous ne conseillerons toutefois d'acheter que si les ventes repartent à la hausse. Notre avis: conserver. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 24,1 eurosTicker: VAN:BBCode ISIN: BE0003839561Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 321 millions EURC/B 2018: 15C/B attendu 2019: 14Perf. cours sur 12 mois: +8%Perf. cours depuis le 01/01: -10%Rendement du dividende: 4,2%