La demande de puces a explosé du fait de la crise sanitaire, car les ventes d'ordinateurs, d'équipements réseaux et d'appareils d'électronique grand public se sont envolées, alors même que le secteur des semi-conducteurs était confronté à des problèmes logistiques et que les stocks des clients étaient au plus bas. Tous les éléments étaient donc réunis pour une pénurie. Pour la résorber, les grands fabricants de semi-conducteurs (Samsung, TSMC, Intel, etc.) n'ont pas ménagé leurs efforts: ils ont mis en oeuvre de vastes programmes d'agrandissement ou de mise à niveau de leurs infrastructures, pour le plus grand bonheur d'ASML, fabricant des machines nécessaires à la production des puces. Le groupe néerlandais n'avait en effet jamais bénéficié d'une conjoncture aussi favorable, comme en témoigne l'évolution des nouvelles commandes. ASML a reçu au 2e trimestre pou...

La demande de puces a explosé du fait de la crise sanitaire, car les ventes d'ordinateurs, d'équipements réseaux et d'appareils d'électronique grand public se sont envolées, alors même que le secteur des semi-conducteurs était confronté à des problèmes logistiques et que les stocks des clients étaient au plus bas. Tous les éléments étaient donc réunis pour une pénurie. Pour la résorber, les grands fabricants de semi-conducteurs (Samsung, TSMC, Intel, etc.) n'ont pas ménagé leurs efforts: ils ont mis en oeuvre de vastes programmes d'agrandissement ou de mise à niveau de leurs infrastructures, pour le plus grand bonheur d'ASML, fabricant des machines nécessaires à la production des puces. Le groupe néerlandais n'avait en effet jamais bénéficié d'une conjoncture aussi favorable, comme en témoigne l'évolution des nouvelles commandes. ASML a reçu au 2e trimestre pour 8,3 milliards d'euros de nouvelles commandes, un chiffre qui représente plus du double du chiffre d'affaires (CA) généré et qui dépasse largement les 4,7 milliards d'euros de commandes engrangées au 1er trimestre. La valeur totale du carnet de commandes s'établit à 17,5 milliards d'euros. Mais ASML atteint désormais les limites de ses capacités de production et les délais de livraison des systèmes de lithographie Extreme Ultraviolet (EUV), notamment, pourraient considérablement s'allonger. Le groupe doit donc se développer, et a plusieurs façons de le faire. La solution la plus rapide consiste à actualiser les machines déjà détenues par les clients: dotées de nouveaux logiciels, ces dernières pourront produire davantage de puces. Ces mises à niveau représentaient au 2e trimestre un peu plus d'un quart du CA total du groupe. Autre solution: augmenter la cadence de production. Là, toutefois, ASML est tributaire de l'approvisionnement en composants. Selon Peter Wennink, le CEO, ASML pourrait aussi augmenter le nombre de machines et d'employés sur la surface existante d'ici à 18 mois. Une option plus radicale consisterait à bâtir de nouvelles capacités de production; il faudrait toutefois compter deux à trois ans. ASML a pour ambition d'augmenter la capacité de production des machines de lithographie UV profonde (DUV) de plus de 10% par an; pour les machines EUV, dont 40 unités ont été produites en 2021, les objectifs sont de 55 en 2022 et d'au moins 60 en 2023. Avec davantage de machines, qui fonctionnent en outre de plus en plus rapidement, la demande supplémentaire des clients pourrait être satisfaite. Les machines EUV seront à terme remplacées par des modèles High NA, qui devraient arriver sur le marché dans quatre ans et coûteront en moyenne 250 millions d'euros pièce, contre 130 millions pour une machine EUV. Entre avril et juin, ASML a réalisé un CA de 4,02 milliards d'euros (+20,3%), dont 300 millions d'euros de produits non reportés qui s'ajouteront au CA du trimestre en cours. Le bénéfice net a augmenté de 41%, à 2,52 euros par action. La direction a relevé de 30 à 35% la croissance prévisionnelle du groupe pour 2021, ce qui correspond à un CA annuel de près de 19 milliards d'euros. D'autres perspectives à plus long terme seront émises lors de la journée investisseurs qui se tiendra le 29 septembre à Londres. Au 2e trimestre, ASML a racheté pour deux milliards d'euros d'actions. Le programme actuel a été suspendu à effet immédiat et remplacé par un programme de plus grande envergure, qui prévoit le rachat de titres pour neuf milliards d'euros d'ici à la fin de 2023. La position de trésorerie a augmenté, de 4,44 milliards d'euros fin juin 2020 à 5,37 milliards d'euros un an plus tard. Compte tenu de la position de marché dominante d'ASML et de l'évolution du secteur, rien - hors circonstances exceptionnelles - ne semble faire obstacle à la poursuite de la croissance ces prochaines années. La valorisation élevée est le seul inconvénient; les investisseurs devront s'en accommoder. ASML s'échange moyennant une prime par rapport aux titres de ses concurrents mais que compense une rémunération plus élevée pour les actionnaires. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 640,9 eurosTicker: ASML NACode ISIN: NL0010273215Marché: Euronext AmsterdamCode ISIN: NL0010273215Capit. boursière: 269 milliards EUR C/B 2020: 71C/B attendu 2021: 54Perf. cours sur 12 mois: +94%Perf. cours depuis le 01/01: +61%Rendement du dividende: 0,4%