Forte de 85% de parts de marché, l'entreprise néerlandaise ASML est le leader incontesté dans le segment des machines à puce. Ces machines sont vendues par des entreprises qui produisent des semi-conducteurs pour leur propre compte (comme Samsung ou Intel) ou en sous-traitance (TSMC, par exemple). En 2017, les clients d'ASML ont commandé plus de machines que jamais auparavant. La demande est, il est vrai, soutenue tant pour des puces mémoire (stockage) que pour des puces destinées à des applications comptables. Une demande qui est elle-même la conséquence de l'importante demande, en bout de chaîne, pour les produits les plus divers pourvus de semi-conducteurs de ce type.
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Forte de 85% de parts de marché, l'entreprise néerlandaise ASML est le leader incontesté dans le segment des machines à puce. Ces machines sont vendues par des entreprises qui produisent des semi-conducteurs pour leur propre compte (comme Samsung ou Intel) ou en sous-traitance (TSMC, par exemple). En 2017, les clients d'ASML ont commandé plus de machines que jamais auparavant. La demande est, il est vrai, soutenue tant pour des puces mémoire (stockage) que pour des puces destinées à des applications comptables. Une demande qui est elle-même la conséquence de l'importante demande, en bout de chaîne, pour les produits les plus divers pourvus de semi-conducteurs de ce type. Le leadership que détient ASML sur le marché des machines à puce n'est pas tombé du ciel. Le groupe, qui s'est détaché de Philips il y a une bonne trentaine d'années, a commencé au début de ce siècle à investir dans le rayonnement ultraviolet extrême, également appelé technologie EUV. ASML commence à récolter les fruits de gros progrès accomplis sur les plans de la vitesse de production et de la fiabilité de la technologie EUV ces dernières années. Lors du quatrième trimestre 2017, le segment EUV du groupe a atteint pour la première fois une position de break-even (situation ni bénéficiaire, ni déficitaire). ASML a livré l'an dernier 10 appareils, pour un prix moyen qui n'est pas loin d'atteindre 120 millions d'euros. L'entreprise a par ailleurs accepté des commandes pour 10 appareils supplémentaires, ce qui porte le total à 28. Les livraisons sont limitées par la capacité des fournisseurs à produire des pièces pour les machines EUV. ASML prévoit de livrer cette année 22 machines, et en 2019, au moins 30. Le succès de l'EUV et des machines à puce plus classiques se traduit également dans les chiffres du quatrième trimestre et de l'exercice 2017. Pour les mois d'octobre, novembre et décembre, ASML a réalisé un chiffre d'affaires (CA) de 2,56 milliards d'euros, dépassant ainsi largement les prévisions en raison du fait que deux machines EUV ont pu être livrées plus rapidement que prévu. Pour le trimestre en cours, le CA est estimé à 2,2 milliards d'euros. Si l'on considère l'exercice 2017 dans sa globalité, le CA de l'entreprise a augmenté d'un tiers, à un peu plus de neuf milliards d'euros. La marge bénéficiaire brute a quant à elle légèrement progressé par rapport à l'an dernier (45% contre 44,8%). ASML a réalisé un bénéfice net de 2,12 milliards d'euros; c'est 44% de plus qu'en 2016. Pendant la même période, la valeur totale du carnet de commandes de l'entreprise s'est accrue à 6,7 milliards d'euros. ASML est dès lors bien partie pour atteindre l'objectif de 11 milliards d'euros de CA qu'elle s'est fixé pour 2020. A l'horizon 2025, la valeur totale du marché des machines à puce est estimée à 15 milliards d'euros. Avec ses 85% de parts de marché, ASML devrait être en mesure d'accaparer 13 de ces 15 milliards d'euros. Si l'on y ajoute quatre milliards d'euros de revenus provenant de services, le CA du groupe devrait avoisiner les 17 milliards d'euros fin 2025. En coulisses, ASML travaille déjà à la technologie qui succédera à l'EUV, qu'elle a baptisée High-NA et qui pourra dans le meilleur des cas être mise en production en 2024. Le secteur des semi-conducteurs est devenu moins cyclique. Lors du précédent exercice, ASML a octroyé des dividendes pour un montant de 517 millions d'euros et a racheté des actions qui lui appartenaient pour 500 millions d'euros. L'an prochain, le dividende sera porté de 1,2 à 1,4 euro par action. Le budget prévu pour de nouveaux rachats d'actions cette année et l'année prochaine s'élève à 2,5 milliards d'euros. Au cours actuel qui bat tous les records, ASML est indubitablement une action chère. Sa valorisation est supérieure à celle du marché au sens large et de la concurrence, et dépasse sa moyenne historique. Ces éléments sont contrebalancés par une position dominante sur le marché que ses concurrents lui envient et par des chiffres de croissance élevés. Qui plus est, ASML chouchoute ses actionnaires. L'action ASML constitue par conséquent une valeur de croissance qui possède également des qualités défensives. Les actionnaires la conserveront. Nous conseillons sinon d'acquérir le titre dès qu'il aura corrigé.Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2BCours : 166,5 eurosTicker : ASML NACode ISIN : NL0010273215Marché : Euronext AmsterdamCapit. boursière : 71,7 milliards EUR C/B 2017 : 33C/B attendu 2018 : 29Perf. cours sur 12 mois : + 46 %Perf. cours depuis le 01/01 : +15 %Rendement du dividende : 0,8 %