Dramatique ! Il n'y a pas de meilleur qualificatif pour l'évolution de cours d'Asian Citrus, premier producteur d'oranges au monde, ces dernières années. Son action a atteint un record à 88,8 pence lorsque l'entreprise a repris, à l'automne 2010, le groupe de transformation de fruits Behai Perfuming Garden Juice Company (BPG). Depuis lors pourtant, les choses vont de mal en pis : le cours se situe désormais 84% sous son sommet. En cause : plusieurs éléments décevants de nature climatologique et opérationnelle, une défiance généralisée par rapport aux small caps chinoises après plusieurs cas de fraude, mais aussi un track-record douteux de la direction. D...

Dramatique ! Il n'y a pas de meilleur qualificatif pour l'évolution de cours d'Asian Citrus, premier producteur d'oranges au monde, ces dernières années. Son action a atteint un record à 88,8 pence lorsque l'entreprise a repris, à l'automne 2010, le groupe de transformation de fruits Behai Perfuming Garden Juice Company (BPG). Depuis lors pourtant, les choses vont de mal en pis : le cours se situe désormais 84% sous son sommet. En cause : plusieurs éléments décevants de nature climatologique et opérationnelle, une défiance généralisée par rapport aux small caps chinoises après plusieurs cas de fraude, mais aussi un track-record douteux de la direction. Début mars, le groupe a ainsi annoncé que Tony Tong, 73 ans, le fondateur, CEO et président du conseil d'administration, ferait un pas de côté. L'expérimenté O. N. Ng a été nommé CEO et en la personne de Herman Ng, membre du conseil d'administration depuis mars 2013, le groupe a choisi un président qui possède un excellent background financier. Tommy Tong, le fils du fondateur, devient vice-président. Cette nouvelle direction doit assurer le retournement de tendance nécessaire. Tous les ingrédients sont en tout cas réunis pour un revirement positif. Asian Citrus gère trois plantations, Hepu, Xinfeng et Hunan, pour un total de 1,96 million d'orangers d'été et 1,87 million d'orangers d'hiver. A Hunan cette année, le dernier lot de 250.000 pamplemoussiers sera planté cette année, portant le total à 750.000 arbres. C'est la première plantation commerciale - avec des semences provenant des Etats-Unis - de pamplemoussiers en Chine, un arbre dont le cycle de vie est comparable, mais dont le prix de vente du fruit s'élève à quelque 8000 renminbi chinois (RMB) la tonne, contre 4000 à 6000 RMB la tonne pour les oranges. L'an dernier à Hepu, Asian Citrus a aussi planté 221.000 bananiers. Compte tenu de la jeunesse des arbres, la production devrait largement doubler d'ici à 2021 : de 205.000 tonnes en 2013/2014 à 478.000 tonnes en 2020/21. Dans la division Transformation des fruits également, après l'intégration cette année d'une troisième usine d'une capacité de 40.000 tonnes, on peut espérer une croissance annuelle constante. Les deux usines existantes ont une capacité totale de 60.000 tonnes. En termes de résultats, l'exercice 2013/2014 (clos le 30 juin) sera une année perdue, le résultat net récurrent étant à peine positif. A partir de l'an prochain, nous anticipons à nouveau une belle hausse des bénéfices (respectivement au moins 2 et 3 pence par action en 2015 et en 2016). Asian Citrus disposait fin décembre d'une trésorerie confortable de 2,1 milliards RMB ou 16,8 pence par action. La société est à la fin de son cycle d'investissement - construction de la 3eusine chez BGP et plantation d'Hunan - et accumulera encore d'abondantes liquidités au cours des prochaines années. Nous espérons que la direction créera de la valeur avec ces liquidités par le rachat d'actions propres, la hausse des dividendes et des acquisitions.ConclusionNous exploitons le changement à la tête du groupe pour intégrer cette action sensiblement sous-valorisée au portefeuille. C'est une opportunité rêvée de miser sur la consommation chinoise en hausse. Nous soulignons cependant le risque élevé.Conseil: digne d'achatRisque: élevéRating: 1C