Pour les actionnaires du français AKKA Technologies, également coté sur Euronext Bruxelles, 2020 aura été une année en dents de scie. Alors que l'action avait franchi à plusieurs reprises la barre des 60 euros en janvier, elle est tombée à 15 euros (-75% !) en automne. Le groupe a procédé en octobre à une augmentation de capital de 200 millions d'euros, au prix de 22,5 euros par action; le holding Compagnie Nationale à Portefeuille (famille Frère) y a souscrit pour un montant de 150 millions d'euros. L'opération a rassuré les actionnaires et fait remonter l'action à près de 30 euros... avant que les résultats annuels décevants et la faiblesse des perspectives avancées pour cette année ne fassent baisser le cours durant neuf séances consécutives.
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Pour les actionnaires du français AKKA Technologies, également coté sur Euronext Bruxelles, 2020 aura été une année en dents de scie. Alors que l'action avait franchi à plusieurs reprises la barre des 60 euros en janvier, elle est tombée à 15 euros (-75% !) en automne. Le groupe a procédé en octobre à une augmentation de capital de 200 millions d'euros, au prix de 22,5 euros par action; le holding Compagnie Nationale à Portefeuille (famille Frère) y a souscrit pour un montant de 150 millions d'euros. L'opération a rassuré les actionnaires et fait remonter l'action à près de 30 euros... avant que les résultats annuels décevants et la faiblesse des perspectives avancées pour cette année ne fassent baisser le cours durant neuf séances consécutives. Groupe européen d'ingénierie et de conseil en technologies dans le domaine de la recherche et développement, AKKA aide les entreprises, industrielles principalement, à optimiser et à moderniser leurs parcs de machines et leurs processus industriels, en recourant à une politique d'innovations et, dans une large mesure, de numérisation (intelligence artificielle, Internet des objets, robotisation, etc.). Il a été fondé par Mauro Ricci, qui en est aujourd'hui encore le CEO, le président du conseil d'administration et l'actionnaire de référence (Hysys, qu'il avait créée en 1984, fut rebaptisée AKKA Technologies en 1999). AKKA a enregistré une croissance vigoureuse ces dernières années, grâce notamment à sa politique de rachats (stratégie buy & build). Entre le premier trimestre de 2016 et 2020 par exemple, l'effectif de son personnel est passé d'un peu plus de 10.000 à bien plus de 21.000 personnes, tandis que son chiffre d'affaires (CA) trimestriel grimpait de 268 millions à 469 millions d'euros. Sa dernière grande reprise, celle de l'américain PDS Tech en 2018, lui a ouvert les portes du secteur de l'aéronautique. AKKA offre ses services à tout un éventail de secteurs, dont l'automobile, les chemins de fer, l'énergie, la défense, l'aérien, les télécommunications, les soins de santé et la consultance; mais les plus importants sont l'automobile et l'aéronautique, deux activités particulièrement frappées par la crise sanitaire et pour lesquelles les nouveaux projets ne sont plus une priorité. Les chiffres de l'exercice 2020 s'en ressentent évidemment. Le CA a chuté de 1,801 milliard à 1,503 milliard d'euros (-16,5%). Les résultats ont aussi souffert des dépréciations et de l'établissement de provisions supplémentaires sur les actifs rachetés. Le résultat opérationnel (Ebit) a chuté, de 121,2 millions à -170,5 millions d'euros. La perte nette s'est établie à 168,8 millions, soit une perte de 8,26 euros par action. Un an plus tôt, le groupe actait encore un bénéfice net de 73 millions, ou 3,36 euros par action. Le taux d'endettement atteignait en fin d'année 3,44 fois les flux de trésorerie opérationnels (Ebitda), le covenant bancaire, 4,50 fois. Le redressement ne devrait être en 2021 que progressif et modéré. Nous commençons à suivre cette action. Nous la jugeons digne d'achat mais attirons d'emblée l'attention de l'investisseur sur le risque supérieur à la moyenne. Considérée sur le long terme, elle nous paraît exagérément pénalisée par la plongée des résultats, qui elle-même résulte de la crise sanitaire. A huit fois le rapport valeur de l'entreprise (EV)/Ebitda escompté pour 2022, 1,5 fois la valeur comptable et 15 fois le bénéfice pronostiqué pour 2022, le cours devrait selon nous se redresser suffisamment durant les six à 12 prochains mois. Conseil: acheterRisque: élevéRating: 1CCours: 23,22 eurosTicker: AKA FPCode ISIN: FR0004180537Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 724,7 millions EURC/B 2020: -C/B attendu 2021: -Perf. cours sur 12 mois: -5%Perf. cours depuis le 01/01: -10%Rendement du dividende: -