Nous avons eu la chance de prendre l'action en portefeuille à l'été 2013, juste avant que le cours amorce une ascension de 75% en un peu plus de six mois. A présent, il semble que nous ayons également été chanceux par rapport au moment de la vente : depuis le sommet de fin février 2014 proche de 22 EUR, l'action a divisé son cours par trois en un peu plus d'un an. La situation s'est en effet dégradée ces douze derniers mois pour ce géant nucléaire français aux pieds d'argile, la nouvelle la plus décevante étant celle des résultats annuels 2014, inférieurs aux prévisions. Son chiffre d'affaires (CA) comparable a en effet faibli de 7,2%, ...

Nous avons eu la chance de prendre l'action en portefeuille à l'été 2013, juste avant que le cours amorce une ascension de 75% en un peu plus de six mois. A présent, il semble que nous ayons également été chanceux par rapport au moment de la vente : depuis le sommet de fin février 2014 proche de 22 EUR, l'action a divisé son cours par trois en un peu plus d'un an. La situation s'est en effet dégradée ces douze derniers mois pour ce géant nucléaire français aux pieds d'argile, la nouvelle la plus décevante étant celle des résultats annuels 2014, inférieurs aux prévisions. Son chiffre d'affaires (CA) comparable a en effet faibli de 7,2%, à 8,34 milliards EUR et son cash-flow opérationnel récurrent (hors éléments exceptionnels - REBITDA) a plongé de 26%, à 735 millions EUR. Ajoutons à cela les provisions et dépréciations sur, notamment, la valeur des opérations nucléaires (1,46 milliard EUR), sur la division Energies renouvelables et des pertes complémentaires sur trois importants projets nucléaires en Finlande (1,1 milliard EUR), qui se sont traduits par une perte nette de pas moins de 4,83 milliards EUR. Une véritable catastrophe, hautement dommageable pour la santé (financière) du groupe, contrôlé (à 82%) par l'Etat français. Celui-ci a à présent sollicité l'aide d'EDF dans ce cadre. Au cours des prochaines semaines, un partenariat stratégique global devra être défini, où EDF pourrait acquérir une participation majoritaire dans la principale activité, les réacteurs nucléaires. L'Etat français pourrait éventuellement aussi intervenir financièrement. Areva a pourtant des possibilités. Le grand avantage de cette société est qu'il s'agit d'un 'one nucleair shop'. Les clients peuvent s'adresser à lui pour tout ce qui concerne l'énergie nucléaire. Cela fait d'Areva le leader sur le marché mondial de l'énergie nucléaire, dont sont clients pas moins de 95% des sites nucléaires actifs dans le monde. Tout d'abord, l'entreprise française est propriétaire ou co-exploitante d'une série de mines d'uranium (12% du CA du groupe au 1er semestre 2014) et figure parmi les trois plus grands producteurs mondiaux d'uranium, aux côtés de McArthur River (30% Areva, 70% Cameco), la plus grande mine d'uranium au monde. Ensuite, il y a l'activité front-end (29% du CA du groupe), qui consiste à transformer l'uranium en combustible nucléaire, notamment par un procédé d'enrichissement. L'activité suivante est aussi la plus importante du groupe : la division Réacteurs & services (38% du CA du groupe) est active dans la construction de nouveaux réacteurs, mais également et surtout dans l'entretien, dans le monde entier, des réacteurs existants. Le back-end (18% du CA du groupe) couvre principalement le traitement de déchets nucléaires (transport, recyclage...). Quant à la division Energies renouvelables (3% du CA) précitée, sa rentabilité est décevante, ce qui contraint le groupe à se défaire de cette activité.ConclusionAreva traverse une crise, malgré le fait que 4/5 des revenus proviennent des activités récurrentes. L'Etat français entend à présent jouer un rôle actif dans la relance du groupe. Titre réservé à l'investisseur conscient du risque.Conseil: digne d'achatRisque: élevéRating: 1C