Le géant américain de l'agriculture Archer Daniels Midland (ADM) a publié des résultats décevants au terme du quatrième trimestre. Les activités de cet acteur d'envergure mondiale dans la filière de la production et de la transformation de l'agribusiness s'articulent autour de quatre divisions. La plus grande est la division logistique Services agricoles (achat, conservation et transport des cultures agricoles). Le chiffre d'affaires (CA) y a reculé de 20,1% à 8,03 milliards USD au 4e trimestre, et sur base annuelle il s'est contracté de 18,2%, à 29,7 milliards USD. Les exportations de maïs et de blé américains ont en effet reculé de 20%. Le bénéfice opérationnel (EBIT) a perdu 31,5% sur une base annuelle, à 714...

Le géant américain de l'agriculture Archer Daniels Midland (ADM) a publié des résultats décevants au terme du quatrième trimestre. Les activités de cet acteur d'envergure mondiale dans la filière de la production et de la transformation de l'agribusiness s'articulent autour de quatre divisions. La plus grande est la division logistique Services agricoles (achat, conservation et transport des cultures agricoles). Le chiffre d'affaires (CA) y a reculé de 20,1% à 8,03 milliards USD au 4e trimestre, et sur base annuelle il s'est contracté de 18,2%, à 29,7 milliards USD. Les exportations de maïs et de blé américains ont en effet reculé de 20%. Le bénéfice opérationnel (EBIT) a perdu 31,5% sur une base annuelle, à 714 millions USD (-46,2% au 4e trimestre, à 219 millions USD), ce qui correspond à une baisse de la marge d'EBIT de 2,9% en 2014 à 2,4% en 2015, et de 3,9% à 2,7% au 4e trimestre. La deuxième division par ordre d'importance, Transformation des graines oléagineuses (pressage et transformation de soja et tournesol en huiles végétales, etc.), a enregistré une nette baisse du CA de 22,4% à 5,4 milliards USD au 4e trimestre, et de 18,5% à 25,2 milliards USD sur une base annuelle. Un fort recul des marges sur la transformation du soja a réduit l'EBIT de 22%, à 426 millions USD. Il progresse cependant de 9,3% à 1,57 million USD en rythme annuel, soit une croissance de la marge d'EBIT de 4,7% à 6,2%. En raison d'une nette baisse des marges sur la production d'éthanol, la division Transformation du maïs a enregistré l'an dernier un CA de 10 milliards USD, en chute de 18,6% (au 4e trimestre : -20,2%, à 2,4 milliards USD), et un EBIT de 648 millions USD, en chute de 43,5% (marge d'EBIT ainsi passée de 9,3% à 6,5%, et de 9,1% à 8,2% au 4e trimestre). La division Wild Flavors, spécialisée dans les ingrédients alimentaires, est la plus petite du groupe mais aussi la plus rentable et celle qui enregistre la croissance la plus rapide. Achetée en 2014, elle produit la marque de jus de fruits Capri Sun, et est surtout le 6e producteur mondial d'exhausteurs de goût et de colorants naturels. Son CA a progressé de 76% à 2,4 milliards USD en rythme annuel (-3,6% au 4e trimestre), alors que sa marge d'EBIT a baissé de 15% à 11,6% _ en dépit d'une hausse de 1,3% à 7,2% au 4e trimestre. L'objectif, ambitieux, est d'en porter le CA de 2,5 milliards USD à 10 milliards USD par croissance organique et externe. Au niveau du groupe, le bénéfice net atteint 718 millions USD ou 1,19 USD par action au 4e trimestre, contre 701 millions USD ou 1,08 USD par action en 2014, en raison d'une baisse unique des charges fiscales. En termes récurrents, le bénéfice par action est cependant retombé de 1 USD à 0,61 USD. Sur une base annuelle, il baisse également de 3,2 USD à 2,6 USD par action. Le dividende brut progresse de 7% à 1,2 USD par action (rendement brut de 3,6%). ADM prévoit un nouveau programme de rachat d'actions propres de 1 à 1,5 milliard USD. La direction a toutefois revu à la baisse sa fourchette de prévisions à moyen terme en matière de bénéfices récurrents par action, d'entre 4 et 4,5 USD à entre 3,3 et 3,9 USD. ConclusionLe marché s'est montré déçu par les résultats en recul et les perspectives peu enthousiasmantes d'Archer Daniels Midland. L'entreprise se prépare cependant à des temps meilleurs au moyen d'acquisitions ciblées et d'économies supplémentaires. Après son fort recul entamé l'été dernier, l'action affiche une valorisation attrayante à 1,1 fois la valeur comptable et 12,6 fois le bénéfice attendu pour 2016.Conseil : digne d'achatRisque : moyenRating: 1B