Comme les analystes s'y attendaient, le plus grand producteur d'acier au monde a annoncé qu'il verserait à nouveau un dividende, après l'avoir suspendu durant trois ans. Mais le montant de 10 centimes de dollar par action a déçu les actionnaires. La prévision moyenne des analystes s'établissait à 23,4 centimes (alors qu'un dividende de 46,5 centimes de dollar avait été payé au cours de la période 2013 - 2015). La direction a promis de l'augmenter à l'avenir, mais a aussi ajouté que sa priorité demeure l'allègement de la dette nette à six milliards de dollars. Ce n'est donc que lorsque cet objectif aura été atteint que le groupe relèvera le dividende.
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Comme les analystes s'y attendaient, le plus grand producteur d'acier au monde a annoncé qu'il verserait à nouveau un dividende, après l'avoir suspendu durant trois ans. Mais le montant de 10 centimes de dollar par action a déçu les actionnaires. La prévision moyenne des analystes s'établissait à 23,4 centimes (alors qu'un dividende de 46,5 centimes de dollar avait été payé au cours de la période 2013 - 2015). La direction a promis de l'augmenter à l'avenir, mais a aussi ajouté que sa priorité demeure l'allègement de la dette nette à six milliards de dollars. Ce n'est donc que lorsque cet objectif aura été atteint que le groupe relèvera le dividende. Malgré des effets de change défavorables (-0,7 milliard de dollars), la dette nette a encore reculé l'an dernier d'un milliard, à 10,1 milliards de dollars. Depuis 2012 (21,8 milliards), elle a donc diminué de plus de moitié (-53%). Le processus de réduction de la dette s'est accéléré en 2016, après que le groupe eut augmenté son capital de 3,1 milliards de dollars (l'opération avait entraîné une dilution de 70%) et cédé des actifs pour 1,4 milliard de dollars. En outre, l'aciériste continue de mener à bien son plan stratégique "Action 2020", qui lui a déjà procuré la moitié des trois milliards de dollars de cash-flow d'exploitation (Ebitda) supplémentaires escomptés. Ces deux éléments positifs ont incité l'agence de crédit S&P à relever la note de solvabilité d'Arcelor à investment grade (rating BBB-). Si le dividende est si peu élevé, c'est parce qu'un problème est toujours irrésolu: la surcapacité du marché de l'acier. On qualifie cette dernière de mondiale, mais la Chine a une plus grande part de responsabilité. En 2015, l'excédent de capacité y était estimé à 300 millions de tonnes, mais dans l'intervalle, 110 millions de tonnes ont été traitées. Les exportations d'acier chinois ont reculé en 2017 de 30%, en raison notamment de la croissance, inattendue, de la demande d'acier intérieure (+3,5%). Pour 2018, le marché s'attend à une une croissance nulle (de -0,5% à +0,5%). La demande mondiale a progressé l'an dernier de 3,2%, et l'on prévoit cette année 1,5 à 2,5% de croissance. La baisse des exportations chinoises, les indicateurs économiques positifs et surtout, les mesures anti-dumping adoptées par les Etats-Unis et l'Europe, soutiennent les prix. ArcelorMittal profite pleinement de ce redressement des prix de l'acier. En 2017, son chiffre d'affaires (CA) s'est inscrit en hausse de 20,9%, à 68,7 milliards de dollars. Les prix de l'acier se sont appréciés en moyenne de 20,4% et les volumes, de 1,6%, à 85,2 millions de tonnes. Les prix du minerai de fer se sont hissés de 22,3% en moyenne et la quantité de minerai de fer transporté au prix du marché s'est accrue de 6,1% par rapport à 2016. L'Ebitda a augmenté de 34%, à 8,4 milliards de dollars (+2,1 milliards); il s'agit du meilleur chiffre enregistré depuis 2012, grâce surtout à l'Europe (+1,1 milliard) et à l'activité d'exploitation minière (+0,6 milliard). Au quatrième trimestre, l'Ebitda avait progressé de 28,9%, à 2,14 milliards de dollars (2,07 milliards escomptés). L'Ebitda par tonne a augmenté en base annuelle de 75 à 99 dollars. Grâce à la réduction de l'endettement, les charges d'intérêts nettes ont diminué de 0,3 milliard de dollars, à 0,82 milliard. Le bénéfice net a dès lors plus que doublé en un an, passant de 1,8 milliard en 2016 à 4,6 milliards de dollars. ArcelorMittal a relevé d'un milliard son budget d'investissement pour cette année, à 3,8 milliards de dollars. Déçus par le montant du dividende, les actionnaires d'ArcelorMittal ont sanctionné l'action de 10%. En 2017, le titre avait gagné 29%, le cours prenant déjà en compte les perspectives économiques favorables ainsi que la nette amélioration du résultat. Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2BCours : 27,8 eurosTicker : MT NACode ISIN : LU1598757687Marché : Euronext AmsterdamCapit. boursière : 28,5 milliards USDC/B 2017 : 7,3C/B attendu 2018 : 9,5Perf. cours sur 12 mois : +26 %Perf. cours depuis le 01/01 : +3 %Rendement du dividende : 0,3 %