L'action ArcelorMittal a cédé plus de 20% ces dernières semaines et est au plus bas depuis 2016. Le 6 mai, le plus grand aciériste mondial a annoncé une réduction temporaire de trois millions de tonnes de la capacité de production en Europe (soit 6 % de la production d'acier européenne annuelle d'Arcelor et 2% de la production totale du continent). L'usine de Cracovie, en Pologne, sera arrêtée, la production dans les Asturies sera réduite et le relèvement prévu de la production annuelle italienne à six millions de tonnes dès le second semestre de 2019 sera reporté. Arcelor justifie cette décision par la surcapacité persistante, la faiblesse de la demande européenne (surtout dans l'automobile) et la hausse des importations russes et turques. En outre, les pri...

L'action ArcelorMittal a cédé plus de 20% ces dernières semaines et est au plus bas depuis 2016. Le 6 mai, le plus grand aciériste mondial a annoncé une réduction temporaire de trois millions de tonnes de la capacité de production en Europe (soit 6 % de la production d'acier européenne annuelle d'Arcelor et 2% de la production totale du continent). L'usine de Cracovie, en Pologne, sera arrêtée, la production dans les Asturies sera réduite et le relèvement prévu de la production annuelle italienne à six millions de tonnes dès le second semestre de 2019 sera reporté. Arcelor justifie cette décision par la surcapacité persistante, la faiblesse de la demande européenne (surtout dans l'automobile) et la hausse des importations russes et turques. En outre, les prix élevés de l'énergie et la hausse de la taxe carbone, imposée aux producteurs d'acier européens uniquement, affectent le géant. Arcelor demande d'urgence des mesures européennes pour une concurrence loyale. Dans la mesure où la limitation de la production concerne des produits déficitaires, elle a une incidence limitée sur le cash-flow opérationnel (Ebitda). Mais d'autres produits suivront peut-être; Arcelor met tout en oeuvre pour éviter de perdre des parts de marché.Bien que cette limitation soit une bonne chose, elle montre que le refroidissement conjoncturel pourrait avoir plus d'effets que prévu. Le rapport relatif au premier trimestre publié quelques jours après l'annonce de la mesure a été accueilli froidement par le marché. Il fait état d'une baisse de 34,2% de l'Ebitda par rapport au 1er trimestre de 2018 et de 15,3% par rapport au 4e trimestre, à 1,65 milliard de dollars (consensus: 1,68 milliard). La quantité d'acier transporté a augmenté de 2,2%, à 21,8 millions de tonnes (+7,9% par rapport au 4e trimestre), mais sans l'acquisition, en 2018, d'Ilva et de Votorantim (Brésil), les volumes se seraient repliés de 3,6%. L'Ebitda par tonne a reculé de 118 à 76 dollars. Le prix moyen de vente de l'acier a baissé de 3,1%. La division Mines a soutenu l'activité (Ebitda en hausse de 20%, à 420 millions de dollars), grâce à la hausse des prix du minerai de fer de 15%, liée aux problèmes de production rencontrés par Vale après l'effondrement de deux barrages au Brésil. Dans la division Acier cependant, l'envolée du minerai de fer a érodé les marges, surtout en Europe. La hausse des coûts de production n'a pas pu être répercutée du fait du déséquilibre entre l'offre et la demande. Le bénéfice net a fléchi de 1,19 milliard de dollars au 4e trimestre à 414 millions de dollars. La dette nette s'est alourdie d'un milliard de dollars depuis fin 2018, à 11,2 milliards, du fait surtout des nouvelles normes comptables applicables aux contrats de location. L'objectif d'endettement à long terme a donc été revu à la hausse (de 6 à 7 milliards de dollars). S'agissant de la demande d'acier, Arcelor a ajusté ses perspectives pour cet exercice, annonçant une hausse plus marquée dans le monde (entre +1 et +1,5%; initialement: entre +0,5 et +1%), mais une baisse en Europe (-1% au maximum; initialement: +1%). La faiblesse de la demande européenne, la hausse des importations sur le Vieux Continent et la persistance des tensions commerciales sino-américaines ont pesé lourdement sur l'action ArcelorMittal. A 0,4 fois la valeur comptable et 5,3 fois le bénéfice escompté pour 2019, celle-ci semble très bon marché, mais le cours reflète les nombreuses incertitudes. Le repli attendu des Bourses mondiales pourrait offrir une belle fenêtre d'entrée, cette année.Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 15,3 eurosTicker: MT NACode ISIN: LU1598757687Marché: Euronext AmsterdamCapit. boursière: 15,6 milliards EURC/B 2018: 3C/B attendu 2019: 5,5Perf. cours sur 12 mois: -49%Perf. cours depuis le 01/01: -16%Rendement du dividende: 1,2%