L'action du plus grand aciériste du monde a bondi de près de 7% à l'annonce de résultats trimestriels pourtant peu réjouissants. Cette hausse, la plus marquée depuis février 2017, s'explique par le dépassement des très modestes projections du groupe.
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L'action du plus grand aciériste du monde a bondi de près de 7% à l'annonce de résultats trimestriels pourtant peu réjouissants. Cette hausse, la plus marquée depuis février 2017, s'explique par le dépassement des très modestes projections du groupe.Le 3e trimestre s'achève sur un cash-flow opérationnel (Ebitda) de 1,06 milliard d'euros, en recul de 31,6% en trois mois et de 61% en un an, mais de 14% supérieur au consensus (943,2 millions). C'est sur les deux principaux marchés de débouchés du groupe que l'Ebitda s'est le plus sensiblement tassé: -60,3% en Europe, à 143 millions d'euros et -37,9% en Amérique du Nord, à 123 millions d'euros. Alors que l'envolée du prix du minerai de fer avait permis à la division minière (Ebitda de 420 et 570 millions d'euros aux 1er et 2e trimestres) de soutenir les résultats du 1er semestre, l'érosion des marges bénéficiaires et la baisse des expéditions (-14,7%) ont fait chuter l'Ebitda de ce pôle de 34,8%, à 372 millions, au 3e trimestre. Les volumes consolidés d'acier expédiés ont cédé 11,4%, à 20,2 millions de tonnes (-1,7% en un an). Le prix moyen de l'acier a diminué de 3,1% en base trimestrielle, et de 11,1% en rythme annuel. Le bénéfice opérationnel (Ebit) s'établit à 297 millions d'euros, soit 81% de moins que l'an dernier (1,57 milliard). Rappelons par ailleurs la perte opérationnelle de 158 millions actée au 2e trimestre à la suite de dépréciations uniques (947 millions), dont la moitié concernait Ilva, l'aciériste italien qu'Arcelor prévoyait d'absorber. En renonçant à ce projet, en réaction au retrait d'une protection pénale italienne en matière d'environnement, il va sans doute au-devant d'une longue bataille juridique. La perte nette est passée de 447 à 539 millions d'euros en un trimestre (bénéfice net de 899 millions d'euros encore l'an dernier). Après la publication du rapport semestriel, la hausse escomptée de la demande mondiale d'acier pour 2019 a été revue de 1-1,5% à 0,5-1,5%, et ne devrait finalement pas dépasser 0,5-1%. Les Etats-Unis (-0,5 à -1%, contre 0 à +1% précédemment) et l'Europe (jusqu'à -3%, contre -1 à -2%) restent particulièrement en retrait, à cause de l'essoufflement de la demande du secteur automobile et de la priorité accordée par la clientèle au démantèlement des stocks. L'endettement net s'est alourdi de 0,5 milliard d'euros, à 10,7 milliards d'euros, au cours du trimestre mais à 1,7 fois l'Ebitda des 12 derniers mois, il demeure largement conforme aux covenants (maximum autorisé: 4,25). La direction annonce néanmoins un allégement pour cette année (10,2 milliards d'euros fin 2018), car des fonds de roulement, d'un montant de 1,4 milliard d'euros au moins, vont se libérer au 4e trimestre. Elle a l'intention de ramener l'endettement net sous les 7 milliards d'euros, au travers notamment de ventes d'actifs, pour 2 milliards d'euros, ces deux prochaines années, et de verser ensuite une partie du cash-flow ainsi libéré aux actionnaires. Le groupe a de nouveau réduit ses besoins de liquidités de 0,4 milliard d'euros, à 5 milliards d'euros, pour 2019. Fitch et Moody's ont récemment abaissé leur note à "négatif", en raison de la dégradation de la conjoncture.Le titre a bondi de plus de 25% en un mois et demi mais en l'absence d'avancée significative dans le conflit commercial qui oppose les Etats-Unis à la Chine, il ne pourra pas poursuivre dans cette voie. Nous abaissons donc notre conseil et pourrions décider de sortir l'action du portefeuille-modèle. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 15,21 eurosTicker: MT NACode ISIN: LU1598757687Marché: Euronext AmsterdamCapit. boursière: 17,1 milliards EURC/B 2018: 3C/B attendu 2019: 36Perf. cours sur 12 mois: -30%Perf. cours depuis le 01/01: -14%Rendement du dividende: 1,2%