Le sang, la sueur et les larmes ont coulé, mais après des années de labeur, et grâce à deux franches augmentations de capital, le plus grand aciériste mondial a réussi à alléger sa dette nette à 7 milliards de dollars, son objectif, un niveau suffisamment bas pour maintenir sa notation investment grade et un cash-flow disponible positif même au creux du cycle économique.
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Le sang, la sueur et les larmes ont coulé, mais après des années de labeur, et grâce à deux franches augmentations de capital, le plus grand aciériste mondial a réussi à alléger sa dette nette à 7 milliards de dollars, son objectif, un niveau suffisamment bas pour maintenir sa notation investment grade et un cash-flow disponible positif même au creux du cycle économique. Fin 2019, la dette nette s'élevait encore à 9,3 milliards de dollars. ArcelorMittal s'était donné jusqu'à la mi-2021 pour vendre pour 2 milliards de dollars d'actifs mais a atteint son objectif plus vite que prévu grâce à la cession de la filiale nord-américaine à Cleveland-Cliffs, pour 1,4 milliard de dollars (505 millions de dollars en espèces, 500 millions de dollars en actions ordinaires et 373 millions de dollars en actions privilégiées de Cleveland-Cliffs). La fusion générera des économies annuelles de 150 millions de dollars. Grâce à sa participation minoritaire dans Cleveland-Cliffs, ArcelorMittal entend continuer à investir dans la région, tout en conservant des actifs au Canada (Dofasco) et au Mexique, ainsi que la participation dans la joint-venture avec Nippon Steel (AM/NS Calvert).Le groupe sidérurgique avait toujours indiqué qu'une fois le niveau d'endettement cible atteint, il redistribuerait davantage de cash-flow aux actionnaires. Un programme de rachat d'actions de 500 millions de dollars a été mis en oeuvre dès octobre (35,6 millions de titres rachetés, soit 3% du flottant, à 11,92 euros l'unité en moyenne). La future politique de dividende sera présentée avec le rapport annuel, en février 2021.ArcelorMittal a dépassé les (faibles) attentes au 3e trimestre. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) a augmenté de 27,4% par rapport au 2e trimestre, à 901 millions de dollars; le consensus attendait 838 millions de dollars. L'Ebitda est toutefois en repli de 15,2% par rapport au 3e trimestre de 2019, où il était déjà faible. L'Europe a fait pâle figure, avec une nouvelle baisse de l'Ebitda à 118 millions de dollars (-17,5% sur un an). Le Brésil a tiré son épingle du jeu, avec une baisse de l'Ebitda limitée à 2,3%, à 252 millions, tandis que la division minière a vu son Ebitda progresser de 33,3%, à 496 millions, grâce à une hausse des livraisons (+16,8%) et des prix du minerai de fer (+15,7%). La quantité d'acier expédiée a augmenté de 17,5% par rapport au 2e trimestre, à 17,5 millions de tonnes, mais recule de 13,5% sur un an. L'Europe affiche le plus net redressement en rythme trimestriel, à +20,5%, mais s'établit 15,6% sous le niveau de l'an dernier. Le CA s'est inscrit en hausse de 20,9%, à 13,3 milliards de dollars (-20,2%). Le groupe a limité ses pertes nettes (-261 millions de dollars) par rapport au trimestre précédent (-559 millions) et à l'année dernière (-539 millions), grâce à la reprise partielle (660 millions de dollars) d'une dépréciation de valeur sur les actifs nord-américains. Contraint d'alléger ses coûts en raison de la crise sanitaire, ArcelorMittal a récemment fermé une usine en Pologne. Le rapport annuel de février 2021 dévoilera le plan d'économies détaillé. L'action ArcelorMittal a réagi positivement à la publication des trimestriels et encore plus aux annonces positives concernant l'efficacité des vaccins contre le Covid-19 en développement, qui nourrit l'espoir d'une reprise économique largement étayée en 2021. Le groupe est bien positionné sur son marché, avec un bilan assaini et une base de coûts réduite. Nous relevons notre conseil malgré le bond du cours, même si un ralentissement de la dynamique est bienvenu à court terme.Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 15,52 eurosTicker: MT NACode ISIN: LU1598757687Marché: Euronext AmsterdamCapit. boursière: 17,1 milliards EURC/B 2019: -C/B attendu 2020: -Perf. cours sur 12 mois: -1,8%Perf. cours depuis le 01/01: -1,7%Rendement du dividende: -