Confronté à l'essoufflement des ventes d'iPhone, Apple doit trouver un nouveau moteur pour sa croissance. La mission s'annonce délicate. Apple a publié la semaine dernière un rapport trimestriel mitigé, avec un bénéfice légèrement supérieur aux attentes des analystes. Les ventes sont en revanche restées en deçà des prévisions, mais ce sont surtout les perspectives commerciales pour le trimestre en cours qui ont beaucoup déçu. Le bénéfice du groupe s'est établi à 3,28 USD par action au 2e trimestre de l'exercice fiscal 2016, en hausse de 7% par rapport à l'an dernier. La croissance du chiffre d'affaires (CA ; 75,9 milliards USD) n'a cependant pas dépassé 1,7%. Apple explique à juste titre cette contre...

Confronté à l'essoufflement des ventes d'iPhone, Apple doit trouver un nouveau moteur pour sa croissance. La mission s'annonce délicate. Apple a publié la semaine dernière un rapport trimestriel mitigé, avec un bénéfice légèrement supérieur aux attentes des analystes. Les ventes sont en revanche restées en deçà des prévisions, mais ce sont surtout les perspectives commerciales pour le trimestre en cours qui ont beaucoup déçu. Le bénéfice du groupe s'est établi à 3,28 USD par action au 2e trimestre de l'exercice fiscal 2016, en hausse de 7% par rapport à l'an dernier. La croissance du chiffre d'affaires (CA ; 75,9 milliards USD) n'a cependant pas dépassé 1,7%. Apple explique à juste titre cette contre-performance par la hausse du dollar (USD) : hors écarts de change, le CA aurait été plus élevé de 8%. Apple génère deux tiers de son CA en dehors des États-Unis. Les ventes ont déçu sur le marché domestique (-4%) et au Japon (-12%). Sur les marchés émergents, le Brésil, la Turquie et la Russie n'ont pas répondu aux attentes, notamment en raison de la forte hausse des prix des produits Apple en monnaie locale. Par contre, le CA a progressé de 14% en Chine. Avec 18,4 milliards USD, la Chine prend aujourd'hui environ un quart des ventes totales du groupe à son compte. La meilleure performance est à mettre au crédit de l'Inde, avec une croissance de 38%. Ces dernières années, le principal contributeur aux bénéfices du groupe a été l'iPhone. La part du smartphone dans le CA du groupe avait ainsi atteint près de 70%. Au cours de la période de trois mois qui s'est terminée fin décembre, les ventes sont restées à peu près stables (+0,4%). Mais sur la base de paramètres comme le nombre de composants achetés, le trimestre en cours pourrait être le premier marqué par un recul des ventes d'iPhone. En chiffres absolus, le smartphone haut de gamme reste cependant une success-story impressionnante avec 74,8 millions d'exemplaires écoulés, soit quelque 34.000 par heure. Comme le prix de vente moyen a augmenté lui aussi (690 USD l'unité), le CA atteint 51,6 milliards USD. La croissance du marché de tablettes a dépassé son pic depuis plusieurs années et les ventes d'iPad ont à nouveau déçu avec une baisse d'un quart, à 16,1 millions d'exemplaires. Dans la ligne Mac, le nombre d'exemplaires vendus a également diminué de 4%, à 5,3 millions d'unités, mais ce recul reste inférieur à la moyenne du marché. Apple a donc gagné des parts de marché. La marge brute est restée assez stable à 40,1%. Apple a besoin d'un nouveau produit phare pour retrouver les taux de croissance de la décennie écoulée, et aucun candidat ne semble se dégager à court terme dans le pipeline. L'Apple Watch, par exemple, n'est pas du calibre de l'iPhone et de l'iPad. Les prévisions (prudentes) pour le trimestre en cours font état d'un CA compris entre 50 et 53 milliards USD (-9 à -14%). Au cours du trimestre écoulé, Apple a consacré 9 milliards USD au rachat d'actions propres et au versement de dividendes. À la fin du 1er trimestre, le groupe détenait quelque 215,7 milliards USD en liquidités et placements disponibles. Apple est de moins en moins une action de croissance et s'apparente désormais à une valeur plutôt défensive, mais ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose pour l'investisseur. À un peu plus de 10 fois les bénéfices attendus et 5 fois les cash-flows opérationnels, la valorisation n'a rien de prohibitif, mais la croissance s'est nettement ralentie. Attendre pour l'instant.Conseil : conserverRisque : faibleRating : 2A