L'allemand Kali und Salz (K+S) profite pleinement de l'essor du secteur des engrais. Dès le 2e semestre de 2021, l'envolée des prix l'avait incité à relever ses prévisions pour l'exercice. Son chiffre d'affaires (CA) a effectivement augmenté de 32,1% sur un an, à 3,21 milliards d'euros, tandis que son cash-flow d'exploitation (Ebitda) progressait de plus de 300%, à 969,1 millions d'euros (marge d'Ebitda: de 11% à 30,2%). Alors que K+S visait initialement un Ebitda de 240 à 340 millions d'euros pour 2021, le 4e trimestre (611 millions d'euros, contribution unique de 220 millions liée à un transfert d'activité dans REKS, une joint-venture à parts égales avec Remex, incluse) a fait la différence.
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L'allemand Kali und Salz (K+S) profite pleinement de l'essor du secteur des engrais. Dès le 2e semestre de 2021, l'envolée des prix l'avait incité à relever ses prévisions pour l'exercice. Son chiffre d'affaires (CA) a effectivement augmenté de 32,1% sur un an, à 3,21 milliards d'euros, tandis que son cash-flow d'exploitation (Ebitda) progressait de plus de 300%, à 969,1 millions d'euros (marge d'Ebitda: de 11% à 30,2%). Alors que K+S visait initialement un Ebitda de 240 à 340 millions d'euros pour 2021, le 4e trimestre (611 millions d'euros, contribution unique de 220 millions liée à un transfert d'activité dans REKS, une joint-venture à parts égales avec Remex, incluse) a fait la différence.Dans le secteur agricole, le prix de vente moyen a augmenté de 27,8%, à 298 euros la tonne (407,6 euros au 4e trimestre). Le volume des ventes est passé de 7,3 à 7,62 millions de tonnes. La cession de l'activité Sel américaine à Stone Canyon Industries Holding, pour 2,6 milliards de dollars (plus que prévu), soit une valeur d'entreprise (dettes et liquidités comprises) de 3,2 milliards, a résolu le problème d'endettement: la dette financière nette est tombée de 3,2 milliards d'euros fin 2019 à 606,3 millions fin 2021. Standard & Poor's a relevé de deux crans, de B+ à BB, la note de solvabilité, qu'elle a assortie d'une perspective stable.La tendance s'est confirmée au 1er trimestre de 2022: le CA a progressé de 65,3% sur un an, à 1,21 milliard d'euros; l'Ebitda est passé de 126 à 524,1 millions d'euros et la marge d'Ebitda, de 17,2% à 43,2%. Malgré la contraction des volumes vendus (-11%, à 1,79 million de tonnes), le CA du segment agricole a grimpé de 469 à 944,1 millions, grâce à un prix de vente moyen de 527 euros la tonne. Le segment industriel a généré un CA en hausse de 1,5% (268,2 millions d'euros). L'augmentation des prix des engrais a compensé la baisse des volumes de sel d'épandage.Les sanctions envers la Russie et la Biélorussie ont perturbé le rapport offre-demande sur le marché de la potasse. Les deux pays assurent chacun 16% de la production mondiale et regroupent la majorité des projets d'expansion. Même si le conflit évolue favorablement, K+S estime qu'il faudra attendre 2026 avant que l'offre ne se rétablisse totalement.Au terme d'un 1er trimestre réjouissant, le groupe, qui part du principe que les réserves de gaz sont suffisantes pour produire en Allemagne, table désormais pour cette année sur un Ebitda de 2,3-2,6 milliards d'euros (1,6 à 1,9 milliard précédemment) et un cash-flow ajusté disponible de 1-1,2 milliard d'euros (600 à 800 millions précédemment). Il a mobilisé 230 millions d'euros de cash-flow pour réduire les dettes d'affacturage et payer les droits CO2 jusqu'en 2030. Il accélère l'expansion de sa mine de Bethune, au Canada, dont l'objectif de production annuel est arrêté à 4 millions de tonnes, et investit pour garantir un cash-flow disponible positif sur chaque site de production à partir de 2023. Il peut à nouveau verser un (modeste) dividende de 0,2 euro brut par action, soit un rendement brut de 0,9%. L'action a perdu plus de 35% depuis le sommet atteint en avril. Le marché table sur une normalisation des prix des engrais, sur fond de prix des énergies toujours élevés. De nombreuses incertitudes règnent sur les marchés, mais les fondamentaux sous-jacents restent favorables. Le passage à vide pourrait durer, mais un relèvement du conseil se justifie d'ores et déjà. L'on note un support technique aux alentours de 20 euros. Conseil: acheter Risque: moyenRating: 1BCours: 21,67 eurosTicker: SDF GYCode ISIN: DE000KSAG888Marché: FrancfortCapit. boursière: 4,14 milliards EUR C/B 2021: 8C/B attendu 2022: 3Perf. cours sur 12 mois: +75%Perf. cours depuis le 01/01: +43%Rendement du dividende: 0,9%