L'action AngloGold Ashanti, premier producteur d'or sud-africain et numéro trois mondial, avait gagné plus de 50% cette année, mais la correction de la semaine dernière lui a coûté une grande partie de ce bonus. Le projet annoncé de scission des activités sud-africaines n'est pas neuf. Anglogold avait mis ce scénario sur la table en 2011 et certains actionnaires de référence ont exercé des pressions en ce sens par le passé. Son concurrent sud-africain Gold Fields a d'ailleurs précédé Anglogold avec la scission de Sibanye Gold. L'an dernier, le groupe a produit 4,1 millions d'onces troy d'or et les prévisions pour 2014 font état de 4,2 à 4,5 mi...

L'action AngloGold Ashanti, premier producteur d'or sud-africain et numéro trois mondial, avait gagné plus de 50% cette année, mais la correction de la semaine dernière lui a coûté une grande partie de ce bonus. Le projet annoncé de scission des activités sud-africaines n'est pas neuf. Anglogold avait mis ce scénario sur la table en 2011 et certains actionnaires de référence ont exercé des pressions en ce sens par le passé. Son concurrent sud-africain Gold Fields a d'ailleurs précédé Anglogold avec la scission de Sibanye Gold. L'an dernier, le groupe a produit 4,1 millions d'onces troy d'or et les prévisions pour 2014 font état de 4,2 à 4,5 millions d'onces. Les actifs sud-africains sont concentrés autour de West Wits et Vaal River. Il s'agit principalement de 5 mines souterraines, d'où sont également extraites de petites quantités d'uranium à titre secondaire. Ensemble, elles produisent environ 1,3 million d'onces d'or. En dehors de l'Afrique du Sud, Anglogold dispose encore de neuf autres actifs opérationnels sur le continent africain, répartis sur six pays. Le groupe exploite également deux mines en Australie et sur le continent américain, Anglogold est présent en Argentine, au Brésil, en Colombie et aux Etats-Unis. Ces actifs opérationnels produisent au total environ 2,8 millions d'onces. Les réserves du groupe étaient estimées à 67,9 millions d'onces. Concrètement, le producteur d'or a demandé à deux banques d'investissement - Goldman Sachs et UBS - de placer pour 2,1 milliards USD d'actions nouvelles. Les fonds récoltés seront affectés au remboursement de la majeure partie des dettes du groupe (un peu moins de 3 milliards USD actuellement). La réduction de l'endettement est la priorité d'Anglogold depuis plusieurs trimestres. Pour l'instant, il n'y a pas de marge pour un dividende. Contrairement à Gold Fields, l'entreprise qui regroupera les actifs sud-africains conservera le nom Anglogold. Celle-ci ne devrait plus avoir aucune dette. Comme chez Gold Fields, l'objectif est de ne plus utiliser les cash-flows des actifs sud-africains pour financer les autres activités. La nouvelle entreprise comprendrait les actifs internationaux et se verrait allouer la dette résiduelle de 900 millions USD environ. La cotation principale se ferait sur le London Stock Exchange, avec des cotations secondaires à Johannesburg et New York. Le hedge fund du milliardaire John Paulson, qui détient 6,6% des actions, a déjà fait savoir qu'il voterait contre. Fondamentalement, Paulson est plutôt partisan de cette solution, mais il estime que l'opération annoncée entraînera une trop grande dilution du capital. L'objectif est qu'Anglogold conserve dans un premier temps une participation de 65% dans l'entreprise scindée. Le solde sera réparti entre les actionnaires existants. Anglogold a produit près de 1,1 million d'onces d'or à un coût de production total (AISC) de 1060 USD au 2e trimestre. ConclusionLa scission prévue suscite de nombreuses incertitudes qui pèsent sur l'action. Malgré la faible valorisation et l'amélioration de la situation opérationnelle, cette situation pourrait encore perdurer. Pour l'instant, nous préférons Sibanye Gold et Harmony en Afrique du Sud.Conseil: conserver/attendreRisque: élevéRating: 2C