Le groupe britannique Anglo American est le cinquième producteur mondial de matières premières. Avec Glencore, l'action a enregistré cette année la plus mauvaise performance de tous les grands producteurs diversifiés de matières premières. Anglo American n'avait jamais été aussi bon marché depuis son introduction sur le London Stock Exchange (LSE) en 1999 ! Le groupe est certes le plus diversifié des géants de l'industrie minière, mais cela ne lui procure donc aucun avantage. Le diamant prend à son compte 31 % du bénéfice opérationnel par la participation de 85 % dans De Beers. Il précède le minerai de fer et le manganèse, avec 27%. Anglo est également actif dans le minerai de fer par le biais...

Le groupe britannique Anglo American est le cinquième producteur mondial de matières premières. Avec Glencore, l'action a enregistré cette année la plus mauvaise performance de tous les grands producteurs diversifiés de matières premières. Anglo American n'avait jamais été aussi bon marché depuis son introduction sur le London Stock Exchange (LSE) en 1999 ! Le groupe est certes le plus diversifié des géants de l'industrie minière, mais cela ne lui procure donc aucun avantage. Le diamant prend à son compte 31 % du bénéfice opérationnel par la participation de 85 % dans De Beers. Il précède le minerai de fer et le manganèse, avec 27%. Anglo est également actif dans le minerai de fer par le biais de sa filiale Kumba Resopurces (70%) et la mine de minerai de fer de Minas Rio, qui a rouvert l'an dernier au Brésil. Le charbon et le platine prennent chacun à leur compte 14% du bénéfice opérationnel. Le groupe possède également des activités dans le cuivre en Amérique du Sud (9%), parallèlement à une série d'actifs secondaires. Presque chaque division est confrontée à des problèmes. De Beers vend près de la moitié des diamants bruts au monde. Mais le ralentissement de la croissance économique a lourdement pesé sur ses activités cette année. La situation est pire pour le minerai de fer. Au cours actuel, la mine de Minas Rio est à peine rentable. Les cours du charbon, du platine et du cuivre se trouvent également à des niveaux au plancher depuis de nombreuses années. Anglo a essuyé une perte de 3 milliards USD au 1er semestre. Les cash-flows libres sont négatifs et il n'y a aucune perspective d'amélioration à court terme. Les ventes d'actifs ont déjà rapporté 2 milliards USD, mais elles ne suffisent pas pour réduire les dettes (13,1 milliards USD) ou les coûts. Des mesures supplémentaires ont donc été annoncées lors de l'Investor Day de la semaine dernière. La principale d'entre elles est la suspension du dividende pendant 18 mois. Le groupe économisera ainsi un peu plus d'un milliard USD par an. Une reprise du dividende est envisageable à partir de 2017, mais la distribution dépendra des bénéfices réalisés. Des six divisions opérationnelles, il n'en restera que trois : Bulk Commodities (minerais de fer et charbon), Industrial Commodities (platine et cuivre) et De Beers. Anglo veut se concentrer sur les actifs qui génèrent des cash-flows positifs. Les autres activités seront vendues ou suspendues. Des 56 actifs actuels (mines et raffineries), il n'en restera plus que 36 dans un premier temps, 20 à plus long terme. Les objectifs en matière de désinvestissements ont été relevés à 4 milliards USD. Le budget des dépenses d'investissement est réduit de 2,9 milliards USD sur la période 2015-2017. Elles baisseront à 2,5 milliards USD en 2017, contre encore 5,5 milliards USD l'an dernier. Le groupe ne comptera plus que 50.000 salariés au terme de la restructuration, contre 135.000 aujourd'hui. Les licenciements et l'arrêt de certaines activités entraîneront inévitablement de nombreuses charges exceptionnelles et autres dépréciations. On en saura plus à ce sujet lors de la publication des résultats annuels en février.ConclusionLa suspension du dividende n'est pas une surprise en soi, mais elle a entraîné une nouvelle correction en Bourse. Pourtant, c'est un mal nécessaire. La valeur comptable est difficile à chiffrer tant que l'on ne connait pas le montant des nouvelles dépréciations. D'où la baisse du conseil.Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2B