Alphabet, le holding mère de Google, publie un rapport trimestriel rassurant. Les investisseurs sont euphoriques mais il convient de rappeler que les répercussions de la crise sanitaire ne seront tangibles qu'au 2e trimestre. Ce n'est qu'à la mi-mars en effet qu'Alphabet a commencé à souffrir de la situation, même si certaines de ses divisions, comme YouTube ou Google Meet, en ont au contraire profité.
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Alphabet, le holding mère de Google, publie un rapport trimestriel rassurant. Les investisseurs sont euphoriques mais il convient de rappeler que les répercussions de la crise sanitaire ne seront tangibles qu'au 2e trimestre. Ce n'est qu'à la mi-mars en effet qu'Alphabet a commencé à souffrir de la situation, même si certaines de ses divisions, comme YouTube ou Google Meet, en ont au contraire profité. Ce géant de la publicité enveloppé de technologie tire l'essentiel de ses revenus des sites de Google, des sites partenaires et de YouTube. Au 1er trimestre, son chiffre d'affaires (CA) à cours de change constants a bondi de 15% en glissement annuel, à 42,1 milliards de dollars (+19% un an plus tôt). Si la croissance ralentit depuis 2018, le CA n'en dépasse pas moins d'un milliard de dollars le consensus. Les recherches payantes (Google Search) ont augmenté de 9% sur une base annuelle, à 24,5 milliards de dollars. YouTube, qui a 15 ans depuis peu, a vu ses ventes annuelles passer de 3 à 4 milliards de dollars; il reste le site vidéo le plus prisé et réussit en outre à mieux rentabiliser son fichier de plus de 2 milliards d'utilisateurs. A 33,7 milliards de dollars (+ 10% en un an), les recettes publicitaires totales représentent plus de 80% du CA consolidé. Elles ont toutefois reculé vers la fin du trimestre, sous l'effet combiné de l'annulation de la plupart des événements et de la diminution des dépenses publicitaires de secteurs tels que l'aviation, le tourisme et l'automobile. Ce n'est pas pour rien qu'Alphabet s'efforce, depuis plusieurs années, d'être moins dépendant des budgets de marketing, par définition volatils. Actif dans les logiciels et les infrastructures, Google Cloud Products (GCP) enregistre une envolée de 52%, à 2,8 milliards de dollars, de son CA, pour un total de plus de 11 milliards de dollars sur une base annuelle - ce qui reste toutefois relativement limité par rapport au CA consolidé. GCP ne concurrence pas encore les géants du cloud tels qu'Amazon Web Services et Azure (Microsoft), mais les acquisitions à venir devraient l'y aider. Alphabet veut par ailleurs rivaliser avec Apple et autres Amazon en proposant de nouveaux smartphones et des haut-parleurs intelligents. Malgré une croissance de 21%, le bénéfice opérationnel du groupe n'excède pas 8 milliards de dollars (pronostic: 8,4 milliards). L'explosion des effectifs, passés de 103.000 à 123.000 personnes sur une base annuelle, a fait chuter de 23% à 19% la marge bénéficiaire. Le bénéfice net est resté pratiquement inchangé (6,8 milliards), mais il représente désormais 9,87 dollars par action (9,5 auparavant; consensus: 10,36 dollars). Alphabet a racheté entre janvier et mars pour 8,6 milliards de dollars d'actions propres (6,1 milliards au 4e trimestre). Quelque 5 milliards de dollars restent disponibles dans le cadre du programme actuel, qui pourrait par ailleurs très facilement être reconduit ou augmenté. Le groupe a réalisé au cours des quatre derniers trimestres un cash-flow disponible de 24 milliards de dollars. Ses liquidités et investissements atteignent au 1er trimestre 117,2 milliards de dollars, sa dette, 5 milliards à peine. Alphabet a souffert, comme tous, en mars, mais a déjà bien récupéré depuis. L'action est chère, mais la croissance est supérieure à la moyenne. Sa trésorerie gigantesque permet au groupe d'envisager toutes les options. Le programme de rachats devrait s'accélérer, ce qui établirait un plancher sous le titre. D'où notre avis positif et notre ordre d'achat. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 1.326,8 dollarsMarché: NasdaqTicker: GOOG USCode ISIN: US02079K1079Capit. boursière: 904 milliards USDC/B 2019: 32C/B attendu 2020: 27,5Perf. cours sur 12 mois: +12%Perf. cours depuis le 01/01: -1%Rendement du dividende: -