Le marché n'a pas su comment réagir au rapport trimestriel d'Alcoa. L'action du spécialiste américain de l'aluminium a initialement pris de la hauteur, pour finalement abandonner 9%. Ce repli de cours s'ajoute à la perte de 37% de 2015. Tout comme la plupart des matières premières, les métaux de base ont aussi perdu pas mal de hauteur l'année dernière : -24% pour l'indice London Metal Exchange (LME) contenant six métaux de base. L'aluminium n'a pas été épargné : il a reflué de 19%. Le prix de la tonne d'aluminium s'établit à son plus faible niveau depuis 2009. Alcoa a un pôle Upstream regroupant les activités primaires comme l'extraction de mines de bauxite, le raffi...

Le marché n'a pas su comment réagir au rapport trimestriel d'Alcoa. L'action du spécialiste américain de l'aluminium a initialement pris de la hauteur, pour finalement abandonner 9%. Ce repli de cours s'ajoute à la perte de 37% de 2015. Tout comme la plupart des matières premières, les métaux de base ont aussi perdu pas mal de hauteur l'année dernière : -24% pour l'indice London Metal Exchange (LME) contenant six métaux de base. L'aluminium n'a pas été épargné : il a reflué de 19%. Le prix de la tonne d'aluminium s'établit à son plus faible niveau depuis 2009. Alcoa a un pôle Upstream regroupant les activités primaires comme l'extraction de mines de bauxite, le raffinage d'alumine et le processus de fonte à proprement parler. Le pôle Downstream se concentre sur la transformation d'aluminium en produits destinés au secteur automobile, à l'aéronautique, au segment des emballages et au secteur de la construction. La direction d'Alcoa a annoncé l'an dernier son projet de scission des deux activités afin que chacune d'elles se voie attribuer par le marché une valeur supérieure à ce que l'entreprise vaut dans son ensemble aujourd'hui. Ces dernières années, Alcoa a consenti de nombreux efforts pour accroître sa rentabilité et comprimer les coûts mais ces efforts ont été en grande partie gommés par le repli persistant du prix de l'aluminium. La scission est en théorie une bonne idée mais dans la pratique, la réaction du marché fut molle. On sait encore peu du scénario de scission à proprement parler. Ainsi la répartition des dettes et des obligations de pension doit-elle encore être déterminée. Alcoa a affirmé que la scission serait finalisée à la fin de cette année. Au 4e trimestre, la perte totalisait 500 millions USD au niveau du groupe. Hors charges de restructuration, le bénéfice s'est élevé à 65 millions USD (0,04 USD par action), contre encore 432 millions USD un an plus tôt. Sur l'ensemble de l'exercice, le bénéfice ajusté s'est élevé à 0,56 USD par action, contre encore 0,92 USD un an plus tôt. L'Upstream a réalisé au 4e trimestre un bénéfice opérationnel modeste de 48 millions USD. Dans le Downstream, ce chiffre a atteint 215 millions USD. La tendance baissière du chiffre d'affaires des derniers trimestres s'est poursuivie. Au niveau du groupe, le repli ressort à 17,7%, à 5,25 milliards USD, ventilé de la manière suivante : recul d'un quart dans l'Upstream et hausse de 7% dans le Downstream. Alcoa prévoit une augmentation de la demande globale d'aluminium de 6% en 2016 et un déficit de 1,2 million de tonnes. Les analystes sont moins optimistes et prévoient plutôt un surcroît d'offre cette année. Alcoa table sur une baisse de la production en Chine, mais ce n'est pas encore un fait assuré. Une formation de plancher de l'aluminium semble être le scénario le plus probable en 2016. Alcoa a clôturé l'exercice sur une dette nette de près de 7,2 milliards USD ou 2,8 fois le cash-flow opérationnel (EBITDA). ConclusionLe sentiment à l'égard des matières premières et des actions y liées demeure négatif. Les prévisions décevantes d'Alcoa semblent indiquer qu'à court terme, aucune amélioration n'est à prévoir. Ensuite, le flou entourant les modalités de scission constitue un facteur supplémentaire d'incertitude. A 0,8 fois la valeur comptable, l'action n'est cependant pas chère.Conseil : conserverRisque : moyenRating : 2B