L'action du producteur américain d'aluminium a déjà gagné 50% cette année, ce qui permet à Alcoa de surperformer largement le marché. L'entreprise sort d'une restructuration réussie, qui a accru la contribution des produits à plus forte valeur ajoutée dans le chiffre d'affaires (CA). Alcoa comprend tout d'abord une division upstream, baptisée Primary Metals, qui regroupe les activités minières et les fonderies. La division downstream, de son côté, fabrique des produits dérivés et des alliages à base d'aluminium pour différents secteurs industriels. Le cours de l'aluminium a évolué favorablement durant la majeure partie du 3e trimestre. Sur le London Metal Exchange (LME), il a même beaucoup progressé en ju...

L'action du producteur américain d'aluminium a déjà gagné 50% cette année, ce qui permet à Alcoa de surperformer largement le marché. L'entreprise sort d'une restructuration réussie, qui a accru la contribution des produits à plus forte valeur ajoutée dans le chiffre d'affaires (CA). Alcoa comprend tout d'abord une division upstream, baptisée Primary Metals, qui regroupe les activités minières et les fonderies. La division downstream, de son côté, fabrique des produits dérivés et des alliages à base d'aluminium pour différents secteurs industriels. Le cours de l'aluminium a évolué favorablement durant la majeure partie du 3e trimestre. Sur le London Metal Exchange (LME), il a même beaucoup progressé en juillet et en août, avant d'abandonner 6,5% en septembre. Alcoa n'a cependant pas encore subi l'impact de cette correction, car les prix de vente ne suivent le cours du LME qu'avec quelques semaines de retard. De plus, les primes pour livraison physique n'ont jamais été aussi élevées. Cette prime ne s'applique pas aux parties financières qui ne demandent pas de livraison physique et qui n'opèrent que dans des contrats à terme sur l'aluminium. Malgré la surcapacité du marché mondial d'aluminium, les exploitants d'entrepôts enregistrés créent ainsi une pénurie artificielle. Une grande partie de l'aluminium stocké est en effet bloquée dans des contrats de financement et ne donne pas lieu à une livraison physique. Les primes diffèrent selon les régions et varient entre 420 et 490 USD la tonne. Pour l'instant, ce phénomène profite à Alcoa et aux autres producteurs d'aluminium. Le prix moyen perçu pour l'aluminium a ainsi progressé à 2538 USD la tonne au 3e trimestre, contre 2180 USD il y a un an et 2291 USD au 2e trimestre. Mais ces primes élevées ne sont pas tenables à terme. Pourtant, ce ne serait pas faire justice à Alcoa que d'imputer ses bonnes performances aux seules primes. Durant le 3e trimestre qui vient de se terminer, la division Primary Metals a nettement profité des gains de productivité induits par des fermetures d'usines et des économies sur les coûts. Ainsi la fonderie en Arabie Saoudite est-elle devenue opérationnelle l'été dernier. La fonte d'aluminium est une activité à forte intensité énergétique et au Moyen-Orient, Alcoa bénéficie de tarifs d'électricité très bas. La division Engineered Products sort elle aussi d'un trimestre record grâce à la demande élevée de l'industrie aéronautique et automobile. Alcoa a récemment conclu des contrats d'une valeur totale de 2 milliards USD avec Boeing et le constructeur de moteurs Pratt&Whitney. Au niveau du groupe, le CA a progressé de 8%, à 6,24 milliards à USD, un montant supérieur de près de 400 millions USD aux attentes moyennes des analystes. Le cash-flow opérationnel a gagné 53%, à 1,04 milliard USD. Hors frais de restructurations et autres charges uniques, le bénéfice net ajusté s'est établi à 370 millions USD, contre 216 millions USD au 2e trimestre. Sauf opposition des autorités de concurrence en Europe et/ou en Chine, l'acquisition de l'entreprise britannique Firth Rixson, un sous-traitant du secteur aéronautique, pour 2,5 milliards USD, sera en principe finalisée cette année. Alcoa a clôturé le trimestre avec une dette nette de 5,72 milliards USD. ConclusionAlcoa affiche d'excellentes performances opérationnelles ce dernier trimestre. Elles se sont cependant déjà traduites en Bourse, au point que nous trouvons la revalorisation de l'action excessive. Les éléments négatifs sont en effet encore très nombreux.Conseil: vendreRisque: moyenRating: 3B