La suppression d'Alcoa de l'indice Dow Jones s'avère une bonne chose pour le groupe spécialisé dans l'aluminium. L'action a en effet ensuite surperformé le S&P500 et s'est hissée, en début de semaine, à son plus haut niveau depuis août 2011. Le groupe américain a publié des résultats trimestriels supérieurs aux prévisions et des perspectives relativement optimistes. Cela dit, de nombreuses incertitudes demeurent sur le marché mondial de l'aluminium. Ainsi le prix de la tonne d'aluminium a-t-il reflué en février et atteint son plus faible niveau en quatre ans. Ces deux derniers mois, le métal a rebondi à nouveau de 8%. Plusieurs importants fournisseurs avaient sabré dans la production au cours des derniers t...

La suppression d'Alcoa de l'indice Dow Jones s'avère une bonne chose pour le groupe spécialisé dans l'aluminium. L'action a en effet ensuite surperformé le S&P500 et s'est hissée, en début de semaine, à son plus haut niveau depuis août 2011. Le groupe américain a publié des résultats trimestriels supérieurs aux prévisions et des perspectives relativement optimistes. Cela dit, de nombreuses incertitudes demeurent sur le marché mondial de l'aluminium. Ainsi le prix de la tonne d'aluminium a-t-il reflué en février et atteint son plus faible niveau en quatre ans. Ces deux derniers mois, le métal a rebondi à nouveau de 8%. Plusieurs importants fournisseurs avaient sabré dans la production au cours des derniers trimestres. Cette année, le leader de marché Rusal produira par exemple la plus faible quantité d'aluminium depuis 2006. Pour le groupe de matières premières diversifié Rio Tinto, l'aluminium n'est absolument plus une priorité et pour l'instant, il n'y investit plus. Alcoa n'est pas en reste. Au début de cette année, les fonderies aux Etats-Unis et en Australie ont été fermées. Le mois dernier, 147.000 tonnes supplémentaires de capacité de fonte ont été désactivées au Brésil. Plus tard cette année, 274.000 tonnes doivent encore être supprimées. Reste à savoir si et dans quelle mesure les producteurs en Chine, origine de la suroffre, suivront ou non cette tendance. Les fermetures de mines, temporaires ou non, s'accompagnent de frais. C'est pourquoi Alcoa a dû confesser au 1er trimestre du nouvel exercice une perte nette de 178 millions USD. Un an plus tôt, il affichait encore un bénéfice de 149 millions USD. La perte est essentiellement imputable aux charges de restructuration liées aux fermetures d'usines. Sur le restant de l'année, 100 à 115 millions USD seront encore prises en charge au niveau du résultat. Sans considérer les frais exceptionnels, Alcoa a dégagé un bénéfice de 98 millions USD (0,09 USD par action), soit inférieur à celui de l'an dernier (121 millions USD), mais deux fois plus élevé que prévu (0,05 USD par action). Compte tenu des faibles prix de l'aluminium, le chiffre d'affaires (CA) a reculé de 2% sur base trimestrielle et de 6,5% en rythme annuel, à 5,45 milliards USD. Alcoa prévoit que la consommation mondiale d'aluminium augmentera cette année de 7%. Pour la consommation d'aluminium dans l'industrie aéronautique, on table sur une croissance encore plus élevée (8 à 9%). La demande en provenance du secteur automobile demeure également élevée. Outre les voitures personnelles, les petits et gros camions utilisent désormais le métal léger dans des proportions de plus en plus importantes. La division Engineered products a vu son bénéfice s'accroître de 9%, pour atteindre un niveau record. Avec les Rolled products, ils s'adjugent 76% du bénéfice opérationnel au niveau du groupe. Ce résultat a été obtenu grâce aux efforts du groupe visant à créer davantage de valeur ajoutée et à ne plus faire dépendre les bénéfices uniquement de l'évolution du cours de l'aluminium. Alcoa prévoit à nouveau un déficit en 2014 mais cet optimisme n'est pas partagé par toutes les maisons de Bourse. L'annulation des contrats de financement (lire également notre rubrique Produits dérivés) peut également soutenir l'offre.ConclusionAvec une hausse de 50% en 6 mois, l'action a déjà anticipé l'équilibre de marché plus juste et la hausse des bénéfices. Alcoa n'est pas excessivement cher mais sa valorisation est supérieure à la moyenne des dernières années. D'où notre abaissement de conseil.Conseil: vendreRisque: moyenRating: 3B