Fin 2013, à l'approche de la publication des résultats trimestriels et annuels, les investisseurs avaient envoyé l'action Alcoa à son plus haut niveau en près de deux ans. Après trois trimestres de bénéfices, on s'attendait à ce que le groupe clôture l'année en beauté. Ce ne fut pas le cas. Il a en effet essuyé une perte nette de 2,34 milliards USD entre octobre et décembre, soit 2,19 USD par action. Une perte presque intégralement imputable à une dépréciation sur la valeur comptable des activités de fonderie, d'un montant de 1,73 milliard USD, et à d'autres frais de restructuration. En outre, Alcoa doit payer plusieurs amendes pour un total de 384 milli...

Fin 2013, à l'approche de la publication des résultats trimestriels et annuels, les investisseurs avaient envoyé l'action Alcoa à son plus haut niveau en près de deux ans. Après trois trimestres de bénéfices, on s'attendait à ce que le groupe clôture l'année en beauté. Ce ne fut pas le cas. Il a en effet essuyé une perte nette de 2,34 milliards USD entre octobre et décembre, soit 2,19 USD par action. Une perte presque intégralement imputable à une dépréciation sur la valeur comptable des activités de fonderie, d'un montant de 1,73 milliard USD, et à d'autres frais de restructuration. En outre, Alcoa doit payer plusieurs amendes pour un total de 384 millions USD. Une filiale aurait notamment corrompu un des membres de la famille royale du Bahreïn, petit Etat du Golfe, pour pouvoir approvisionner les fonderies locales en oxyde d'aluminium ou alumine. La procédure juridique est très longue et Alcoa a finalement décidé d'accepter une transaction. Le paiement d'une partie du montant pourra d'ailleurs être étalé sur cinq ans. L'année précédente, le groupe avait encore réalisé un bénéfice de 242 millions USD sur le dernier trimestre. Hors dépenses uniques et exceptionnelles, il reste un bénéfice de 4 centimes de dollar par action, inférieur aux prévisions. En raison de la dépréciation actée au 4e trimestre, l'exercice 2013 s'est soldé par une perte nette de 2,29 milliards USD, ou 2,14 USD par action. En 2012, Alcoa avait encore enregistré un bénéfice de 191 millions USD. Le bénéfice ajusté - avec 0,33 USD par action en 2013 - est cependant un peu plus élevé que l'an dernier (0,24 USD). Depuis quelques années, Alcoa opère une transition vers des activités à plus forte valeur ajoutée, qui lui permet également de réduire sa dépendance au cours de l'aluminium. Il s'agit principalement de matériaux d'emballage et d'autres produits (semi-)finis à base d'aluminium. Les fonderies d'aluminium proprement dites ont essuyé une perte au cours du trimestre écoulé. Le cours moyen de l'aluminium a à nouveau baissé de 10% sur les trois derniers mois de l'année. Il n'avait jamais été aussi bas depuis le 2e trimestre 2009. La fonte de l'aluminium est un processus à forte intensité énergétique, mais cela ne pose guère de problème pour les fonderies situées en Chine et au Moyen-Orient, qui peuvent bénéficier de tarifs d'électricité très bas. Malgré la forte baisse des cours de l'aluminium, elles restent bénéficiaires. Alcoa a cependant fermé un grand nombre de fonderies plus chères et essaye de convertir les usines restantes au gaz naturel. Le chiffre d'affaires (CA) du groupe a baissé de 5,3% sur base annuelle à 5,59 milliards USD. Par rapport au 3e trimestre, le recul s'élève à 3,1%. La dette du groupe est tombée à 6,88 milliards USD. Ni augmentation du dividende, ni programme de rachat d'actions propres ne sont à l'ordre du jour actuellement.Conclusion :Vu les conditions de marché, 2013 n'a pas été une mauvaise année. Les gains de productivité promis ont été largement réalisés et 2014 s'annonce assez bien en termes de volume. Le cours de l'aluminium reste le principal paramètre et il est impossible d'en prévoir l'évolution compte tenu de la surcapacité persistante. Nous estimons que de meilleures opportunités d'entrée vont se présenter.Conseil: conserverRisque: moyenRating: 3C