AkzoNobel a en partie relevé un défi de taille au 2e trimestre: répercuter l'envolée des coûts malgré des ventes sous pression. Le pétrole influence le cours de la plupart des matières premières et rend le transport plus onéreux. Sur un an, les coûts variables ont ainsi augmenté de 321 millions d'euros et AkzoNobel a relevé ses prix de 16%.
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AkzoNobel a en partie relevé un défi de taille au 2e trimestre: répercuter l'envolée des coûts malgré des ventes sous pression. Le pétrole influence le cours de la plupart des matières premières et rend le transport plus onéreux. Sur un an, les coûts variables ont ainsi augmenté de 321 millions d'euros et AkzoNobel a relevé ses prix de 16%. Malgré la contribution (3%) de petites acquisitions, la croissance du chiffre d'affaires, à 2,9 milliards d'euros (+10% hors change), a quelque peu déçu. Le volume des ventes a diminué de 9%, plombé surtout par certaines régions, dont la Chine, partiellement confinée. En Europe, les bricoleurs se sont mis à l'oeuvre assez tard, retardant le réapprovisionnement des magasins de bricolage, mais un rattrapage s'est opéré en juin.Les ventes comparables de la division des revêtements ont augmenté de 13% hors effet de change, à 1,7 milliard d'euros; la hausse de 19% des prix a atténué les coûts supplémentaires des achats. Le relèvement des prix a été moins marqué pour la peinture et les ventes comparables ont augmenté de 6%, à 1,2 milliard d'euros. Le résultat d'exploitation ajusté de la division a ainsi chuté de 29%, à 133 millions d'euros.Pour les revêtements, la baisse a été de 16%, à 146 millions d'euros. Au niveau du groupe, toujours du fait des coûts accrus, le résultat d'exploitation ajusté a chuté de 26%, à 249 millions d'euros, tandis que le bénéfice net se contractait de 59%, à 106 millions d'euros.AkzoNobel a réitéré son objectif d'un cash-flow opérationnel ajusté (Ebitda) de 2 milliards d'euros d'ici 2023. Au 2e trimestre toutefois, l'Ebitda s'établissait à 337 millions d'euros (-20% sur un an). Avec les économies de coûts des dernières années et les perspectives économiques voilées, un abaissement semble très probable d'ici fin 2022/début 2023. Cette douloureuse mission incombera à Grégoire Poux-Guillaume, qui prendra ses fonctions de CEO en novembre. En attendant des objectifs plus réalistes, nous recommandons de vendre, malgré la valorisation raisonnable.