Nous avons failli l'été dernier intégrer le producteur pétrolier norvégien Aker BP en portefeuille modèle. Les investisseurs qui ont acquis le titre après le conseil d'achat de la fin juin engrangent un extraordinaire rendement de 80%, lequel est naturellement partiellement attribuable à la forte hausse du cours du pétrole, mais aussi à la remarquable évolution d'Aker BP.
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Nous avons failli l'été dernier intégrer le producteur pétrolier norvégien Aker BP en portefeuille modèle. Les investisseurs qui ont acquis le titre après le conseil d'achat de la fin juin engrangent un extraordinaire rendement de 80%, lequel est naturellement partiellement attribuable à la forte hausse du cours du pétrole, mais aussi à la remarquable évolution d'Aker BP.Cette évolution est passée à la vitesse supérieure après la fusion, en 2016, de Det Norske et de BP Norge, les activités pétrolières norvégiennes de BP. Det Norske était contrôlé par le holding norvégien Aker ASA. Aker BP, le groupe issu de la fusion, dispose avec Aker ASA (40%) et BP (30%) de deux actionnaires de référence solides. En septembre, Aker BP s'est offert les activités pétrolières norvégiennes de Hess Norge, pour un montant de 2 milliards de dollars, dont 1,5 milliard ont été financés par les facilités de crédit disponibles et 500 millions, par l'émission de 22,4 millions de nouveaux titres, pour un prix unitaire de 184 couronnes (6,6% de dilution). Aker ASA et BP ont intégralement souscrit à l'émission, à concurrence de leur participation respective. Aker BP détenait déjà une participation dans les deux actifs de Hess Norge - les champs pétroliers Valhall et Hod -, mais souhaitait en obtenir le contrôle intégral (ramené à 90% depuis décembre), dans le but d'en dégager rapidement une valeur maximale. Pour Valhall particulièrement, les projets sont ambitieux, car Aker BP investira au cours des deux prochaines années 5,5 milliards de couronnes, qui permettront d'accroître la production journalière de 30.000 barils à partir de la fin 2019 (37.200 barils par jour en 2017). L'investissement s'inscrit dans un vaste programme sur trois ans, d'un montant de 15,5 milliards de couronnes (1,9 milliard de dollars), annoncé en décembre. Après l'acquisition de Hess Norge, Aker BP avait porté son dividende annuel prévisionnel de 250 millions à 350 millions de dollars, à partir du dividende du 4e trimestre. Le 15 janvier, ce chiffre a été relevé de 100 millions de dollars supplémentaires, et complété de l'engagement ferme de l'accroître chaque année jusqu'en 2021 de 100 millions de dollars encore, soit une multiplication par trois entre 2017 et 2021. Sur le plan opérationnel, tout se passe fort bien également. La production journalière moyenne s'est élevée à 138.800 barils en 2017, alors que le groupe avait pronostiqué 128-135.000 barils (118.200 barils produits quotidiennement en 2016). Avec l'acquisition de Hess Norge, surtout, Aker BP table pour 2018 sur une production journalière moyenne comprise entre 155 et 160.000 barils. Sur la base des actifs actuels et des extensions prévues, ce chiffre passera d'ici 2023 à 330.000 barils, soit 13% de croissance annuelle par rapport à 2017. L'entreprise est financièrement très saine; sa dette s'établissait fin 2017 à 3,2 milliards de dollars, soit 1,7 fois le cash-flow d'exploitation escompté (Ebitda) pour 2017. La valorisation de l'action Aker BP demeure acceptable malgré sa forte hausse, à 6,4 fois le rapport entre la valeur d'entreprise (EV) et l'Ebitda pour 2017. Le titre est 35% plus cher que le titre Statoil. Ses excellentes perspectives à long terme le justifient, mais nous n'en abaissons pas moins (temporairement) notre conseil. Conseil : conserver/attendre Risque : moyenRating : 2BCours : 226 couronnes norvégiennesTicker : AKERBP NOCode ISIN : NO0010345853Marché : OsloCapit. boursière : 81,4 milliards NOKC/B 2016 : 119C/B attendu 2017 : 24Perf. cours sur 12 mois : +43 %Perf. cours depuis le 01/01 : +13 %Rendement du dividende : 4,4 %