Depuis sa création il y a 50 ans, Airbus a su s'imposer comme un exemple de réussite de la coopération européenne et un concurrent redoutable de Boeing. Mais l'heure n'est pas à la fête pour ses actionnaires. La pandémie de Covid-19 a réduit le trafic aérien planétaire de 60 à 70% et met les principaux clients d'Airbus, les compagnies aériennes, sur les genoux. Lorsque les résultats annuels 2019 ont été annoncés mi-février, Airbus prévoyait de livrer 880 avions commerciaux (des A320, principalement) cette année, contre 863 l'année dernière. Même si rien n'a été indiqué lors de la publication des trimestriels, ces prévisions ne seront pas tenues. On peut s'attendre à 380 livraisons en 2020 (122 au premier trimestre), du fait des retards de livraison et de...

Depuis sa création il y a 50 ans, Airbus a su s'imposer comme un exemple de réussite de la coopération européenne et un concurrent redoutable de Boeing. Mais l'heure n'est pas à la fête pour ses actionnaires. La pandémie de Covid-19 a réduit le trafic aérien planétaire de 60 à 70% et met les principaux clients d'Airbus, les compagnies aériennes, sur les genoux. Lorsque les résultats annuels 2019 ont été annoncés mi-février, Airbus prévoyait de livrer 880 avions commerciaux (des A320, principalement) cette année, contre 863 l'année dernière. Même si rien n'a été indiqué lors de la publication des trimestriels, ces prévisions ne seront pas tenues. On peut s'attendre à 380 livraisons en 2020 (122 au premier trimestre), du fait des retards de livraison et de la possible perte définitive de certaines commandes, si les clients font faillite ou suspendent leurs investissements dans la flotte - un contexte susceptible de perdurer jusqu'en 2023: l'on s'attend à 200 livraisons de moins l'année prochaine (665) et à 100 de moins en 2022 et 2023 (850 et 920). Mais dans ce secteur, la perspective de long terme prévaut. Airbus a déjà livré plus de 11.000 avions à une centaine de compagnies aériennes et plus de 12.000 hélicoptères à environ 3.000 clients, et se classe numéro 2 de l'aérospatiale et dans le Top 10 de la défense; le titre a été une véritable valeur de croissance au cours de la dernière décennie (notamment en termes de rentabilité). Au début de cette année, il prenait la 3e place des actions Euro Stoxx 50 les plus performantes sur 5 et 10 ans. Le trafic aérien a été multiplié par 2,4 entre 2000 et 2020 et devrait encore doubler en 15 ans, soit un taux de croissance annuel moyen de 4,3% d'ici 2040. Entre 1978 et 2018, le nombre de kilomètres parcourus par les voyageurs en avion a été multiplié par neuf. Selon Airbus, plus de 39.000 nouveaux appareils seront nécessaires pour le transport de passagers et de fret d'ici 2040 - 36% au titre de remplacement, 64% pour absorber la croissance. L'Asie en particulier (42% des commandes prévues) devrait rester le marché de croissance par excellence. Contrairement à l'industrie aérienne elle-même, la concurrence est limitée entre les constructeurs aéronautiques, du fait du seuil d'entrée très élevé. Avec les déboires du B737 MAX chez le principal concurrent de ce duopole, Airbus est particulièrement bien placé pour renouer avec une forte croissance après la crise du coronavirus et le fléchissement temporaire de la courbe de croissance en 2020 et 2021. Le groupe a produit un chiffre d'affaires de 10,63 milliards d'euros au premier trimestre de 2020, en baisse de 15% par rapport à la même période de 2019. Le bénéfice par action ajusté est passé de 0,47 euro à 0,23 euro. L'élément le plus préoccupant est la fonte de la position nette de trésorerie, de 12,5 milliards d'euros fin 2019 à 3,6 milliards d'euros fin mars. Mais de nombreuses lignes de crédit supplémentaires ont été ouvertes, ce qui suppose encore une forte capacité d'Airbus à amortir les chocs. Nous avons lancé le suivi actif de l'action Airbus alors même que le secteur aéronautique est très touché par le coronavirus; c'est précisément lors des crises qu'il est possible d'acheter ce type de valeurs à un cours raisonnable et dans une perspective de long terme. La fonte de moitié du cours reflète principalement l'effondrement attendu des résultats en 2020, mais tient (trop) peu compte du potentiel de redressement à plus long terme. C'est pourquoi nous avons intégré Airbus au portefeuille modèle.Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 54,15 eurosTicker: AIR FPCode ISIN: NL0000235190Marché: Euronext ParisCapit. boursière: 40,79 milliards EURC/B 2019: 9C/B attendu 2020: 22Perf. cours sur 12 mois: -56%Perf. cours depuis le 01/01: -60%Rendement du dividende: -