Ahold Delhaize, qui réalise plus de 60% de son chiffre d'affaires (CA) et de son bénéfice outre-Atlantique, a rassuré le marché en publiant des résultats très honorables. Au quatrième trimestre, tant Ahold USA que Delhaize America ont constaté en base comparable une légère progression de leur CA. Ahold Delhaize a cependant été affecté par l'affaiblissement du billet vert, qui s'est traduit par un tassement de 3,6% de ses ventes exprimées en euro.
...

Ahold Delhaize, qui réalise plus de 60% de son chiffre d'affaires (CA) et de son bénéfice outre-Atlantique, a rassuré le marché en publiant des résultats très honorables. Au quatrième trimestre, tant Ahold USA que Delhaize America ont constaté en base comparable une légère progression de leur CA. Ahold Delhaize a cependant été affecté par l'affaiblissement du billet vert, qui s'est traduit par un tassement de 3,6% de ses ventes exprimées en euro.Plus important encore: les marges bénéficiaires ont à peine sourcillé. Au dernier trimestre de 2017, Ahold USA a dégagé une marge de 4,2% au niveau de son bénéfice opérationnel sous-jacent (un an plus tôt, ce chiffre atteignait 4%) et Delhaize America une marge de 4% (contre 3,6% à la même période en 2016). La guerre des prix que tout le monde craignait sur le marché américain ne s'est donc pas déclarée. Naturellement, on ne peut écarter ce risque. Ahold Delhaize parvient à maintenir ses marges grâce aux synergies que la fusion entre Ahold et Delhaize a permises. Sur le marché du détail américain, les rumeurs d'acquisitions vont bon train. Des alliances sont en effet nécessaires pour contrer Amazon. Ahold Delhaize pourrait jouer un rôle dans cette vague de consolidation. Il pourrait revoir son mécanisme de protection, qu'il peut enclencher en cas d'offre d'acquisition hostile et qui assure à la fondation au profit de laquelle il peut, le cas échéant, émettre des actions privilégiées, de garder le contrôle en assemblée générale. De plus en plus d'actionnaires s'opposent à cette pilule empoisonnée, qui, selon eux, pèse sur le cours de l'action. La mesure expirera cette année, mais le groupe n'a pas encore annoncé son intention de la reconduire.En dehors des Etats-Unis, Ahold évolue toujours très bien, tant aux Pays-Bas, son marché domestique, qu'en Europe Centrale et du Sud. Aux Pays-Bas, le CA s'est accru de non moins de 6% à périmètre comparable, notamment grâce à la hausse de ses parts de marché. La marge bénéficiaire sous-jacente s'est quelque peu érodée, en raison de la croissance sensible de bol.com. L'an dernier, cette plateforme électronique a réalisé un CA de 1,6 milliard d'euros, mais la rentabilité n'est hélas pas au rendez-vous. C'est en Belgique que Delhaize est en perte de vitesse: en base comparable, la croissance est inexistante et la marge a reculé à un misérable pour cent. On attend du nouveau directeur, avec son nouveau plan stratégique, qu'il y redresse la barre.Le groupe continue de générer des cash-flows abondants. En 2017, après investissements, Ahold Delhaize disposait encore de 1,9 milliard d'euros pour gâter les actionnaires. Pour cette année, la direction pronostique un cash-flow disponible aussi riche. Elle a donc décidé d'accroître le dividende de 10,5% et de racheter pour deux milliards d'euros d'actions du groupe, ou environ 8% de sa capitalisation boursière.Ces résultats appréciables ont rassuré les investisseurs. La valorisation du groupe demeure convenable, à un rapport C/B de 14 et une valeur d'entreprise correspondant à près de sept fois le cash-flow d'exploitation. La production abondante de cash-flows est un atout supplémentaire. Nous réitérons donc notre conseil: "acheter". Conseil : acheterRisque : moyenRating : 1BCours : 19,6 eurosTicker : ADCode ISIN : NL0011794037Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 24,5 milliards EURC/B 2017 : 13C/B attendu 2018 : 14Perf. cours sur 12 mois : +2 %Perf. cours depuis le 01/01 : +8 %Rendement du dividende : 3,54 %