Pour estimer la valorisation d'une action, les investisseurs s'intéressent généralement au rapport cours/bénéfice (C/B). C'est déjà très bien, mais d'autres indicateurs intéressants sont parfois hélas négligés. Ainsi chaque investisseur devrait-il également s'intéresser systématiquement à la quantité de cash-flows libres générée par une entreprise. Cette production de cash-flows libres, soit ceux qui restent après les investissements nécessaires, est cruciale dans la mesure où elle constitue la principale source de rétribution de l'investisseur, par les dividendes, les rachats d'actions propres ou les réductions de capital.
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Pour estimer la valorisation d'une action, les investisseurs s'intéressent généralement au rapport cours/bénéfice (C/B). C'est déjà très bien, mais d'autres indicateurs intéressants sont parfois hélas négligés. Ainsi chaque investisseur devrait-il également s'intéresser systématiquement à la quantité de cash-flows libres générée par une entreprise. Cette production de cash-flows libres, soit ceux qui restent après les investissements nécessaires, est cruciale dans la mesure où elle constitue la principale source de rétribution de l'investisseur, par les dividendes, les rachats d'actions propres ou les réductions de capital.Or Ahold Delhaize maîtrise cet art. Au deuxième trimestre, ses cash-flows libres ont totalisé 400 millions d'euros et l'entreprise table sur un total de 1,6 milliard d'euros cette année. Sur une capitalisation boursière de 21,5 milliards d'euros, cela suppose un rendement relativement élevé de 7,5%. Une partie de ces liquidités sera utilisée pour racheter des actions et verser un dividende d'une valeur de 40 à 50% du bénéfice. D'ici à la fin de cette année, l'entreprise entend avoir racheté pour un milliard d'euros d'actions propres. Il lui reste donc suffisamment d'argent pour alléger ses dettes. D'ici l'an prochain, le taux d'endettement net devrait baisser à 0,5 fois le cash-flow opérationnel. C'est très peu, et donc cela laisse au groupe une marge suffisante pour rétribuer l'actionnaire. Ahold Delhaize pourrait tout aussi bien décider de réaliser de folles acquisitions, mais pour l'heure, cela n'est pas le cas. Les prévisions de cash-flows libres de l'entreprise (1,6 milliard d'euros) sont portées par les chiffres supérieurs aux prévisions au terme du deuxième trimestre. Le bénéfice opérationnel sous-jacent a progressé de 11,4%, ce qui est un peu mieux que prévu. Ce solide résultat s'accompagne d'un chiffre d'affaires (CA) qui se maintient sur des marchés compétitifs et grâce aux synergies découlant de la fusion. Ces tendances devraient également soutenir les résultats des prochains trimestres. La société prévoit que la marge opérationnelle de l'exercice courant sera en ligne avec la marge de 3,9% du premier semestre.Ces bons résultats ne seraient possibles sans un maintien des activités aux États-Unis, où Ahold réalise plus de 60 % de son CA. En juin, Amazon a provoqué une onde de choc en annonçant le rachat de Whole Foods. L'entrée d'Amazon sur le marché classique de la distribution peut déclencher une nouvelle guerre des prix, mais au deuxième trimestre, la tendance des prix a changé en faveur des détaillants. La légère hausse des prix a contribué à accroître le CA d'Ahold USA et de Delhaize America. Le CA comparable a progressé chez chacun respectivement de 0,3% et 1,3%. L'entreprise a dès lors pu maintenir sa marge opérationnelle sous-jacente à 4% et 3,8%, dans le même ordre.Sur le marché néerlandais, les résultats sont plus intéressants encore. Le CA comparable a progressé de pas moins de 4,9% grâce à la hausse des ventes en supermarché et en ligne. La Belgique reste à la traîne, le CA y stagnant et la rentabilité n'y satisfaisant pas aux attentes. Delhaize espère changer la donne à coups de promotions supplémentaires. C'est à tort qu'Ahold Delhaize n'est pas apprécié des investisseurs. Ses résultats sont plus que convenables et sa valorisation est intéressante, à un C/B de 14 et une valeur d'entreprise qui représente seulement 6 fois le cash-flow opérationnel. Le marché ne devrait pas mésestimer les cash-flows abondants et relativement stables du groupe. Le titre est digne d'achat.Conseil : digne d'achatRisque : moyenRating : 1BDevise : euroMarché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 21,3 milliards EURC/B 2016 : 19C/B 2017 : 14Perf. cours sur 12 mois : -23 %Perf. cours depuis le 01/01 : -17 %Rendement du dividende : 3,6 %