L'assureur belge signe un rapport semestriel meilleur que prévu. Il achève le deuxième trimestre sur un bénéfice net de 339 millions d'euros, en recul de 4,3% en rythme annuel, mais bien au-delà du consensus, arrêté à 215 millions d'euros.
...

L'assureur belge signe un rapport semestriel meilleur que prévu. Il achève le deuxième trimestre sur un bénéfice net de 339 millions d'euros, en recul de 4,3% en rythme annuel, mais bien au-delà du consensus, arrêté à 215 millions d'euros. L'Asie, la Belgique et la réassurance, surtout, surprennent agréablement. Le confinement ayant provoqué une baisse significative du nombre de déclarations de sinistre en Non-Vie, principalement dans la branche auto, le bénéfice net s'est envolé de 94%, à 157,3 millions d'euros (121 millions escomptés). En Vie, il a plongé de 16%, à 220,6 millions d'euros (139 millions prévus). Le bénéfice net est passé de 606 millions d'euros au terme du premier semestre de 2019 à 791 millions 12 mois plus tard (+31%), un chiffre qui inclut il est vrai une plus-value de 310 millions d'euros sur le rachat de titres subordonnés (FRESH). La diminution de l'encaissement brut est passée de 7% en trois mois à 5% en six mois. Le ratio de solvabilité (Solvency II) a cédé 4%, à 192%, au deuxième trimestre, ce qui reste bien supérieur à l'objectif de 175% au moins. En raison de la crise sanitaire, le rapport relatif au premier trimestre avait abandonné l'idée d'un bénéfice net de 850-950 millions d'euros pour 2020; mais si les marchés financiers ne chutent pas au second semestre, le chiffre ne devrait pas être loin de cette fourchette. Le rapport semestriel surprend surtout par l'annonce du versement d'un solde de dividende de 2,38 euros brut par action en fin d'année. En avril, Ageas était revenue sur le chiffre de 2,65 euros brut prévu au titre de l'exercice 2019 après la recommandation émise par l'Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles et par la Banque nationale de Belgique de suspendre les paiements de dividendes jusqu'au 1er octobre au moins. Elle a donc versé 0,27 euro brut par action le 4 juin, tout en ayant l'intention d'y ajouter 2,38 euros pour faire le compte au quatrième trimestre. L'objectif a semblé compromis quand quelques jours plus tard, le Comité européen du risque systémique a déconseillé aux institutions financières de payer des dividendes et de racheter leurs propres actions cette année. La compagnie a toutefois fait savoir que la question serait soumise à l'approbation de l'assemblée des actionnaires du 22 octobre et souligné l'excellence de son bilan et de sa solvabilité. Sa décision va à l'encontre des recommandations émises fin juillet par la Banque nationale, tout en respectant celle de ne pas organiser de nouveau programme de rachat d'actions. Le programme le plus récent, achevé le 5 août, a porté sur 4,93 millions de titres, soit 2,53% du nombre d'actions en circulation, pour un montant de 200 millions d'euros. La direction a annoncé début août le paiement de 57,3 millions d'euros en espèces pour acquérir 23% de plus dans l'assureur sur la vie indien IFLIC. A l'issue de cette transaction, Ageas détiendra une participation de 49% dans la joint-venture, qui a achevé l'exercice 2019 sur un bénéfice net de 20 millions d'euros; c'est relativement peu mais compte tenu de ses énormes possibilités de croissance en Inde, IFLIC a un bel avenir devant lui. L'annonce du paiement du solde de 2,38 euros brut, combinée à des résultats trimestriels meilleurs que prévu, a fait bondir l'action de plus de 15%, un rattrapage qui selon nous ne devrait pas se poursuivre beaucoup plus longtemps. Nous attendons un repli sous 35 euros pour relever notre conseil. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 37,06 eurosTicker: AGSN BBCode ISIN: BE0974264930Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 7,2 milliards EURC/B 2019: 9C/B attendu 2020: 7,3Perf. cours sur 12 mois: -23%Perf. cours depuis le 01/01: -30%Rendement du dividende: 7,2%