Après une catastrophique année 2012, qui s'est terminée sur une perte de plus d'un milliard USD, le producteur américain de semi-conducteurs Advanced Micro Devices (AMD) n'avait d'autre choix que de se réinventer. Une fois encore, en tant qu'éternel challenger d'Intel. Il semblerait cependant que le producteur de semi-conducteurs réussira cette fois encore son entreprise : la priorité pour AMD était la réduction de sa dépendance au marché du PC. La solution consistait à se spécialiser dans les processeurs pour applications graphiques (GPU) et consoles de jeux. Dans ces segments, AMD s'oppose à Nvidia et en termes de domination technique, les deux groupes sont au cou...

Après une catastrophique année 2012, qui s'est terminée sur une perte de plus d'un milliard USD, le producteur américain de semi-conducteurs Advanced Micro Devices (AMD) n'avait d'autre choix que de se réinventer. Une fois encore, en tant qu'éternel challenger d'Intel. Il semblerait cependant que le producteur de semi-conducteurs réussira cette fois encore son entreprise : la priorité pour AMD était la réduction de sa dépendance au marché du PC. La solution consistait à se spécialiser dans les processeurs pour applications graphiques (GPU) et consoles de jeux. Dans ces segments, AMD s'oppose à Nvidia et en termes de domination technique, les deux groupes sont au coude-à-coude. Actuellement, c'est à nouveau AMD qui a le dessus, avec surtout une consommation de courant plus basse et une plus grande efficacité. En outre, plus tard cette année, AMD lancera un chipset qui lui permettra de s'adresser au marché des serveurs, un terrain dominé actuellement par Intel. Les résultats du 1er trimestre sont d'ores et déjà supérieurs aux prévisions. A 1,4 milliard USD, le chiffre d'affaires (CA) du groupe est de 8,8% inférieur à celui du 4etrimestre traditionnellement plus solide, mais sur base annuelle, on note une croissance spectaculaire de 28,4%. Il y a quelques semaines, Intel a relevé ses prévisions pour le trimestre à peine écoulé, mais AMD n'a encore rien laissé entrevoir. Notons que la contribution de la division Graphics et Visual Solutions au CA du groupe, à 52%, était supérieure à celle des Computing Solutions (48%). La première division a vu sa croissance de CA plus que doubler sur base annuelle et a réalisé un bénéfice opérationnel de 91 millions USD. Chez Computing Solutions, on note en revanche un repli du CA de 8% en rythme annuel et une perte opérationnelle de 3 millions USD. Le consensus pour 2014 fait état d'un CA du groupe proche de 6 milliards USD, contre 5,3 milliards USD en 2013. Après l'année de perte que fut 2013 (-0,11 USD par action), on prévoit pour cette année un bénéfice de 0,19 USD. Autre caractéristique d'AMD : le short ratio élevé (nombre d'actions vendues dans le but de les racheter ultérieurement et d'empocher la différence de prix). Le mois dernier, il s'agissait de plus de 111 millions d'actions ou environ un sixième du total. Ceci explique en partie les fluctuations de cours parfois extrêmes. Lorsqu'une nouvelle plus favorable que prévu est annoncée, une partie de ces positions short doit être convertie, ce qui provoque un courant vendeur. Après un début d'année difficile, les actionnaires n'ont somme toute pas à se plaindre. Au terme du 1er semestre, AMD est en hausse de 11%, ce qui est moins bien que son rival Intel (+20%), mais bien mieux que le Nasdaq Composite. Son endettement relativement lourd est cependant à surveiller. Par rapport aux 902 millions USD de liquidités, la dette de long terme totalise 2,14 milliards USD. La croissance attendue du CA et le bénéfice supérieur doivent se traduire par un cash-flow libre positif sur l'ensemble de l'année.ConclusionAMD est toujours en restructuration. Les incertitudes sont nombreuses, mais AMD a malgré tout déjà parcouru beaucoup de chemin. Son profil de risque plus élevé trouve écho notamment dans une valorisation qui, mesurée en termes de cours/CA, est 5 fois plus élevée que celle d'Intel.Conseil: digne d'achatRisque: élevéRating: 1C