Le producteur américain de semi-conducteurs Advanced Micro Devices (AMD) est depuis des décennies le grand rival d'Intel dans le segment des microprocesseurs pour PC. AMD doit cependant se contenter d'une part de marché de moins de 20% et, comme son rival, recherche depuis quelques années des possibilités de diversification afin de réduire sa dépendance à l'industrie des PC. Ces efforts ont amené AMD dans le segment des GPU ou semi-conducteurs pour les applications graphiques, qui sont également utilisés dans les consoles de jeux. L'opération n'a pas été un succès total pour AMD : la concurrence est également très intense dans ce segment, et le groupe ne parvient pas à faire la différence de manière durable sur le pla...

Le producteur américain de semi-conducteurs Advanced Micro Devices (AMD) est depuis des décennies le grand rival d'Intel dans le segment des microprocesseurs pour PC. AMD doit cependant se contenter d'une part de marché de moins de 20% et, comme son rival, recherche depuis quelques années des possibilités de diversification afin de réduire sa dépendance à l'industrie des PC. Ces efforts ont amené AMD dans le segment des GPU ou semi-conducteurs pour les applications graphiques, qui sont également utilisés dans les consoles de jeux. L'opération n'a pas été un succès total pour AMD : la concurrence est également très intense dans ce segment, et le groupe ne parvient pas à faire la différence de manière durable sur le plan technologique. AMD est à nouveau sur la pente descendante depuis quelques trimestres. Malgré la stabilisation du marché des PC, AMD perd des parts de marché face à Intel. En cause : le fait qu'Intel soit surtout performant sur le marché professionnel, alors qu'AMD se concentre plutôt sur le marché de la grande consommation. Or le redressement actuel concerne précisément le segment professionnel, alors que le marché grand public reste à la traîne. Sur le marché des puces graphiques, AMD est confrontée à une nouvelle génération de GPU de son concurrent Nvidia. L'action AMD a perdu 45% de sa valeur ces trois derniers mois et est retombée à son plus bas niveau depuis avril de l'an dernier après les récents résultats trimestriels décevants. Les investisseurs les pressentaient depuis la démission du CEO Rory Read une semaine avant la publication des résultats. Sa succession est assurée par l'ancienne directrice opérationnelle Lisa Su. Celle-ci compte en premier lieu sur des restructurations pour remettre à flot le navire AMD. Depuis le 1erjuillet, les activités d'AMD sont scindées en deux segments. La division Computing & Graphics s'occupe des microprocesseurs pour les PC et ordinateurs portables, et des semi-conducteurs graphiques. Enterprise, Embedded & Semi-custom comprend tout le reste, c'est-à-dire les activités sur lesquelles AMD table pour retrouver de la croissance. Le chiffre d'affaires (CA) du groupe s'est établi légèrement en dessous des attentes à 1,43 milliard USD (-2% sur base annuelle) entre juillet et septembre. Le bénéfice net a atteint 17 millions USD, mais le bénéfice opérationnel de 63 millions USD était inférieur à celui enregistré il y a un an (95 millions USD). Computing & Graphics a vu son CA baisser de 16% sur base annuelle et essuyé une perte opérationnelle de 17 millions USD. Les performances d'Enterprise, Embedded&Semi-custom sont plus prometteuses avec une croissance de 21% et un bénéfice opérationnel de 108 millions USD. Le nouveau plan de restructuration qui a été annoncé comprend environ 700 licenciements. Une charge de 57 millions USD a été enregistrée pour ce semestre, plus une provision de 13 millions USD pour le 1er semestre 2015. Le groupe de semi-conducteurs va également céder une partie de son portefeuille immobilier. L'objectif est de réaliser 85 millions USD d'économie l'an prochain. Le CA de la période actuelle va baisser de 13% sur base trimestrielle, alors que l'on tablait sur un léger repli. De plus, la dette financière d'AMD reste relativement élevée. ConclusionAMD va encore rester pendant plusieurs trimestres en mode restructuration. La bonne nouvelle est que le producteur de semi-conducteurs reste bénéficiaire dans des conditions de marché difficiles. A 0,3 fois le CA (contre 2,6 fois pour Intel), l'action est loin d'être chère après la forte correction de ce dernier mois. Conseil: conserverRisque: élevéRating: 2C