Après 128 ans d'existence, le producteur américain d'aluminium Alcoa sera donc scindé en deux entités indépendantes. La division Upstream conservera le nom d'Alcoa (et le ticker AA) et comprendra toutes les activités minières du groupe, ainsi que la fonte d'aluminium et d'autres métaux. Arconic (ticker : ARNC) regroupera toutes les activités où intervient de l'aluminium transformé, le segment Downstream. La direction justifie cette scission en arguant que la valeur des deux entreprises distinctes serait supérieure à la valorisation qu'attribue actuellement le marché à l'entreprise unique. En guise de préparation à la scission, Alcoa a procédé à un regroupement d'actions selon un rapport de trois actions existan...

Après 128 ans d'existence, le producteur américain d'aluminium Alcoa sera donc scindé en deux entités indépendantes. La division Upstream conservera le nom d'Alcoa (et le ticker AA) et comprendra toutes les activités minières du groupe, ainsi que la fonte d'aluminium et d'autres métaux. Arconic (ticker : ARNC) regroupera toutes les activités où intervient de l'aluminium transformé, le segment Downstream. La direction justifie cette scission en arguant que la valeur des deux entreprises distinctes serait supérieure à la valorisation qu'attribue actuellement le marché à l'entreprise unique. En guise de préparation à la scission, Alcoa a procédé à un regroupement d'actions selon un rapport de trois actions existantes contre une action nouvelle. Arconic conserve une participation de 19,9% dans Alcoa et les deux entreprises continueront à collaborer étroitement. Nous nous attendons à ce que le cours de Bourse d'Alcoa présente désormais une plus étroite corrélation avec le cours de l'aluminium. En raison des marges supérieures, Arconic pourrait revendiquer une valorisation plus élevée. Le cours de l'aluminium a rebondi de 13% cette année après être retombé à son plus bas niveau depuis 2009 à la fin de l'an dernier. Alcoa table sur une augmentation de la demande et de l'offre d'aluminium de respectivement 5% et 3% cette année. L'entreprise estime le déficit à 615.000tonnes, malgré la surcapacité persistante en Chine. Son chiffre d'affaires (CA) a perdu 6,5%, à 5,21milliards USD au troisième trimestre qui vient de se terminer. Une grande partie de cette baisse est imputable à l'arrêt ou à la vente d'activités. Alcoa vendra cette année pour 1,2milliard USD d'éléments opérationnels excédentaires. Le bénéfice net ajusté, à 161millions USD, est en hausse par rapport à la même période l'an dernier, mais en deçà des prévisions moyennes des analystes. Arconic a vu son CA baisser de 1%, à 3,4milliards USD. En raison de gains de productivité réalisés, le bénéfice opérationnel a cependant progressé de 4%. Le CA de la "nouvelle" Alcoa (l'actuelle division Upstream) est resté inchangé sur une base annuelle à 2,3milliards USD (transactions internes comprises). Le bénéfice opérationnel est cependant en nette baisse (-15%). La hausse du cours de l'aluminium a été contrebalancée par une augmentation des coûts et des écarts de change défavorables. Arconic a revu à la baisse ses prévisions en matière de CA en raison du ralentissement de la croissance sur la plupart des marchés finaux. C'est notamment le cas dans le segment des moteurs pour avions. L'industrie de l'emballage est quant à elle confrontée à une pression tarifaire. À la fin du troisième trimestre, Alcoa affichait une position de liquidité de 1,86milliard USD, et les cash-flows libres sont positifs. La dette nette du groupe s'élève à 8,44milliards USD, dont 1,25milliard USD seront attribués à Alcoa, qui a contracté un prêt à concurrence de ce montant. Le solde (7,19milliards USD) reviendra à Arconic. Les futurs engagements de pension sont également répartis entre les deux nouvelles entreprises. Arconic en supportera la majorité, mais Alcoa n'est pas loin derrière. ConclusionAlcoa clôt sa carrière boursière avec des résultats trimestriels plutôt décevants. Nous assortissons (temporairement) l'action d'un conseil de vente parce qu'il est fort probable que le fisc belge impose un précompte mobilier sur la partie scindée, comme il l'a déjà fait lors de la scission d'autres actions étrangères. Le moment venu, nous reviendrons sur les deux entreprises indépendantes. Conseil : vendreRisque : moyenRating : 3B