L'invasion de l'Ukraine a fait décrocher l'action Adidas. Le spécialiste allemand des vêtements de sport est traditionnellement très présent en Europe centrale et de l'Est, dont en Russie. Après avoir culminé à 335 euros en août dernier, son action est tombée à 170 euros peu après l'invasion. Considérant la sanction comme excessive, nous avons repris le titre dans le portefeuille modèle à un peu plus de 171 euros. Comme tant d'analystes et d'investisseurs, nous étions impatients d'entendre ce que la direction avait à dire, à l'occasion de l'annonce des résultats de 2021, sur les conséquences des événements sur les...

L'invasion de l'Ukraine a fait décrocher l'action Adidas. Le spécialiste allemand des vêtements de sport est traditionnellement très présent en Europe centrale et de l'Est, dont en Russie. Après avoir culminé à 335 euros en août dernier, son action est tombée à 170 euros peu après l'invasion. Considérant la sanction comme excessive, nous avons repris le titre dans le portefeuille modèle à un peu plus de 171 euros. Comme tant d'analystes et d'investisseurs, nous étions impatients d'entendre ce que la direction avait à dire, à l'occasion de l'annonce des résultats de 2021, sur les conséquences des événements sur les chiffres de cette année. Avec une perte de chiffre d'affaires (CA) estimée à 250 millions d'euros, les dégâts semblent limités. D'autant que les ventes en Chine devraient repartir à la hausse, ce qui permet au groupe de tabler sur une croissance de 11% à 13% de son CA à cours de change constants (consensus: 9,5%). L'action a bondi de plus de 25 euros (+13,6%) à cette annonce. Les résultats annuels ne méritent en revanche pas la médaille d'or. Les problèmes d'approvisionnement et, surtout, les turbulences en Chine, pesaient sur le cours avant même l'éclatement du conflit en Ukraine. Comme son grand rival Nike, le géant allemand ne veut plus utiliser le coton pour la production duquel la minorité Ouïgoure est selon toute probabilité exploitée: il n'en fallait pas plus aux Chinois pour lancer une campagne de dénigrement - très efficace - en ligne. A 5,137 milliards d'euros, le CA du 4e trimestre est resté plus ou moins identique à celui de l'année précédente... si ce n'est qu'il a chuté de 24% en Chine; il est également conforme au consensus. Le CA de l'exercice a progressé de 15,2% par rapport à 2020, année marquée par la pandémie. Le bénéfice opérationnel (Ebit) de 66 millions d'euros a fortement déçu, puisqu'il trahit un recul de 71% par rapport au dernier trimestre de 2020 (consensus: 114,4 millions d'euros). Grâce au spectaculaire redressement opéré au 1er semestre, toutefois, l'exercice 2021 s'est achevé sur un Ebit de près de deux milliards d'euros (+166,3%). Le dividende a dès lors été relevé de 3 à 3,3 euros brut par action - à la grande satisfaction de GBL, dont Adidas est la deuxième participation par ordre d'importance. Comme Nike, Adidas profite depuis plusieurs années de la tendance à l'athleisure.Adidas est et reste une action de croissance de qualité, qui domine résolument l'écurie européenne. Après le plongeon lié à l'invasion de l'Ukraine, le titre est à nouveau raisonnablement valorisé, puisque le rapport valeur de l'entreprise (EV)/cash-flows opérationnels (Ebitda) escompté pour 2022, pour ne citer que lui, est inférieur à 11 (14,5 en moyenne sur les cinq dernières années). C'est la raison pour laquelle nous l'avons réintégré dans le portefeuille modèle. Conseil: acheterRisque: faibleRating: 1ACours: 212,45 eurosTicker: ADS GYCode ISIN: DE000A1EWWW0Marché: FrancfortCapit. boursière: 40,81 milliards EURC/B 2021: 28C/B attendu 2022: 22Perf. cours sur 12 mois: -20%Perf. cours depuis le 01/01: -18%Rendement du dividende: 1,5%