Avec Henkel et Fresenius SE, notamment, Adidas domine résolument la Bourse allemande depuis des décennies. Le titre, qui s'est apprécié de 1.455% entre le début de 2000 et le début de 2020, est numéro 1 absolu en Europe sur cette période. Au sein de l'indice Euro Stoxx 50, il fait partie du top 5 sur 5, 10 et 15 ans. L'histoire des frères (ennemis) Dassler est connue des amateurs de sport : Rudolf fondait le groupe Puma, tandis qu'Adolf, surnommé Adi, créait Adidas, qui a rapidement rencontré le succès que l'on sait. Du moins jusqu'à la reprise onéreuse, il y a cinq ans, du français Salomon, fournisseur d'articles de sports d'hiver, qu'il a revendu à perte par la suite, et du fabricant d'équipements de golf TaylorMade, beaucoup moins rentable que prévu (c...

Avec Henkel et Fresenius SE, notamment, Adidas domine résolument la Bourse allemande depuis des décennies. Le titre, qui s'est apprécié de 1.455% entre le début de 2000 et le début de 2020, est numéro 1 absolu en Europe sur cette période. Au sein de l'indice Euro Stoxx 50, il fait partie du top 5 sur 5, 10 et 15 ans. L'histoire des frères (ennemis) Dassler est connue des amateurs de sport : Rudolf fondait le groupe Puma, tandis qu'Adolf, surnommé Adi, créait Adidas, qui a rapidement rencontré le succès que l'on sait. Du moins jusqu'à la reprise onéreuse, il y a cinq ans, du français Salomon, fournisseur d'articles de sports d'hiver, qu'il a revendu à perte par la suite, et du fabricant d'équipements de golf TaylorMade, beaucoup moins rentable que prévu (crise provoquée par les scandales entourant Tiger Woods). Herbert Hainer, qui dirigeait Adidas depuis 2001, avait alors été remercié et remplacé par Kasper Rorsted, ex-CEO de Henkel. L'entreprise sise à Herzogenaurach, en Bavière, a depuis renoué avec la croissance, à la vive satisfaction de GBL, qui avait en 2015 profité de son passage à vide pour prendre une participation (le holding belge est l'actionnaire principal de l'équipementier, qui est lui-même la plus grande participation de GBL). Si le choix s'est porté sur Kasper Rorsted, c'est parce que l'homme avait réussi à imposer Henkel aux Etats-Unis, marché domestique de Nike, le grand concurrent d'Adidas, un exploit qu'il a effectivement réitéré avec la marque aux trois bandes. Les deux enseignes tirent profit de l'emballement pour "l'athleisure", tendance qui consiste à préférer, en dehors de la vie professionnelle, les chaussures et vêtements de sport (ou qui offrent un même type de confort) aux tenues plus classiques - des sneakers, par exemple, ou des matières en polyester ou conçues pour le jogging. Selon le magazine Forbes, les vêtements de sport ont encore de beaux jours devant eux. Il est vrai qu'on ne compte plus les études qui prédisent une robuste croissance de leurs ventes. Le confinement n'a toutefois pas épargné le groupe, dont le chiffre d'affaires a cédé 35% (-34%, si l'on fait abstraction des fluctuations de change) au deuxième trimestre (de 5,51 à 3,58 milliards d'euros), malgré le bond de 93% des ventes en ligne, qui a certes permis de limiter les dégâts (prévisions: -40% ou presque). La Chine, où le chiffre d'affaires du deuxième trimestre est comparable à ce qu'il était un an plus tôt, sort du lot; avril avait pourtant été exécrable également, mais mai et juin se sont achevés sur une croissance à deux chiffres (près de -50% au premier trimestre). Adidas clôt le semestre sur une chute de 27%, de 11,39 milliards à 8,33 milliards d'euros, de son chiffre d'affaires (-26%, compte non tenu des fluctuations de change), soit une perte nette de 286 millions d'euros, alors que le groupe avait achevé le premier semestre de 2019 sur un bénéfice opérationnel de 1,09 milliard d'euros. Imperturbable, Kasper Rorsted note que les consommateurs se préoccupent de plus en plus de leur santé et par conséquent, font du sport. Il mise pour le troisième trimestre sur un bénéfice opérationnel de 600-700 millions d'euros.Cette action de croissance de haute qualité est numéro 1 absolu en Europe. A 30 fois le bénéfice et, surtout, 16,5 fois le rapport valeur de l'entreprise (EV)/cash-flow d'exploitation (Ebitda) escomptés pour 2021, elle est loin d'être bon marché. Il faudrait qu'elle recule en direction des 240 euros pour que nous envisagions de l'intégrer dans le portefeuille modèle. Conseil: conserver/attendreRisque: faibleRating: 2ACours: 260,1 eurosTicker: ADS GYCode ISIN: DE000A1EWWW0Marché: FrancfortCapit. boursière: 52,1 milliards EURC/B 2019: 29C/B attendu 2020: 93Perf. cours sur 12 mois: +1%Perf. cours depuis le 01/01: -10%Rendement du dividende: -