L'histoire des Dassler, ces frères ennemis, est connue: Rudolf fondait le groupe Puma, tandis qu'Adolf, surnommé Adi, créait Adidas. La marque aux trois bandes a rapidement rencontré le succès que l'on sait, du moins jusqu'à la reprise onéreuse, il y a cinq ans, du français Salomon, fournisseur d'articles de sports d'hiver, qu'elle a revendu à perte par la suite, et du fabricant d'équipements de golf TaylorMade, beaucoup moins rentable que prévu (crise provoquée par les scandales entourant Tiger Woods). Herbert Hainer, à la tête du groupe depuis 2001, avait alors été remercié, et remplacé par Kasper Rorsted, l'homme qui avait réussi à imposer l'allemand Henkel aux Etats-Unis, marché domestique de Nike, le grand rival d'Adidas. Un exploit qu'il a effectivem...

L'histoire des Dassler, ces frères ennemis, est connue: Rudolf fondait le groupe Puma, tandis qu'Adolf, surnommé Adi, créait Adidas. La marque aux trois bandes a rapidement rencontré le succès que l'on sait, du moins jusqu'à la reprise onéreuse, il y a cinq ans, du français Salomon, fournisseur d'articles de sports d'hiver, qu'elle a revendu à perte par la suite, et du fabricant d'équipements de golf TaylorMade, beaucoup moins rentable que prévu (crise provoquée par les scandales entourant Tiger Woods). Herbert Hainer, à la tête du groupe depuis 2001, avait alors été remercié, et remplacé par Kasper Rorsted, l'homme qui avait réussi à imposer l'allemand Henkel aux Etats-Unis, marché domestique de Nike, le grand rival d'Adidas. Un exploit qu'il a effectivement réitéré : Adidas a renoué avec la croissance, pour la plus grande satisfaction de GBL, qui avait profité du passage à vide de 2015 pour prendre une participation. Le holding belge est l'actionnaire principal d'Adidas, qui est lui-même la première participation de GBL.La crise sanitaire n'a pas épargné le numéro 2 des équipementiers sportifs, encore que les résultats dramatiques du deuxième trimestre ne se soient pas confirmés au troisième. Adidas achève les neuf premiers mois de l'année sur une chute de 19,7%, de 17,8 à 14,3 milliards d'euros, de son chiffre d'affaires. Le bénéfice opérationnel (Ebit) de 794 millions d'euros réalisé au troisième trimestre (2,80 euros par action, contre 3,27 euros un an plus tôt) est nettement supérieur au consensus, arrêté à 725 millions d'euros. A la perte nette de 286 millions d'euros sur laquelle le groupe avait achevé le premier semestre se substitue après neuf mois un bénéfice net de 291 millions, soit 1,47 euro par action (bénéfice de 1,74 milliard, ou 8,76 euros par action, sur la même période en 2019). Kasper Rorsted a toutefois déçu en pronostiquant une évolution du chiffre d'affaires au quatrième trimestre identique à celle du troisième, et un bénéfice opérationnel de 100 à 200 millions d'euros seulement (consensus: 294 millions).Comme Nike, Adidas tire profit de l'emballement pour "l'athleisure", cette mode qui consiste à préférer, en dehors de la sphère professionnelle, les chaussures et vêtements de sport (ou qui offrent un même type de confort) aux tenues plus classiques. Selon le magazine Forbes, la tendance a encore de beaux jours devant elle. Les études prédisant une croissance soutenue des ventes de vêtements de sport se multiplient effectivement. La réouverture des magasins et la normalisation de l'économie permettent de surcroît d'espérer un redressement du chiffre d'affaires et des bénéfices. L'envolée des ventes en ligne constatée en 2020 s'avère en tout état de cause prometteuse. Avec Henkel et Fresenius, notamment, Adidas domine résolument la Bourse allemande depuis des décennies. Le titre, qui s'est apprécié de 1.455% entre le début de 2000 et le début de 2020, est numéro 1 absolu en Europe sur cette période. Au sein de l'indice Euro Stoxx 50, il fait partie du Top 5 sur 5, 10 et 15 ans. Adidas est une action de croissance de qualité, qui caracole quasi toujours en tête du classement européen. A 31 fois le bénéfice et 17 fois le rapport valeur de l'entreprise (EV)/cash-flow opérationnel (Ebitda) escomptés pour 2021, sa valorisation est à l'avenant. Les pronostics relatifs au quatrième trimestre pesant sur le cours, l'action dispose d'un potentiel d'appréciation réel en 2021, car nous partons du principe que la Coupe du monde de football et les Jeux olympiques d'été auront bien lieu. Conseil: acheterRisque: faibleRating: 1ACours: 274,9 eurosTicker: ADS GYCode ISIN: DE000A1EWWW0Marché: FrancfortCapit. boursière: 54,31 milliards EURC/B 2019: 31C/B attendu 2020: 124Perf. cours sur 12 mois: +2%Perf. cours depuis le 01/01: -5%Rendement du dividende: -