L'action AB InBev a subi sa plus forte correction de la décennie (-10,4%) après l'annonce des résultats du troisième trimestre. Ceux-ci ont déçu, mais la coupe du dividende, davantage. Concrètement, un dividende brut de 1,80 euro sera distribué pour l'exercice 2018 (un acompte de 0,80 euro brut sera versé à la fin novembre et le solde, en mai 2019), soit exactement moitié moins que pour 2017. Par cette mesure, la direction vise à accélérer la réduction de l'endettement. Initialement, elle n'entendait ramener la dette nette à deux fois les cash-flows opérationnels (Ebitda) qu'à plus long terme. Elle a précisé que le dividende fera l'objet de majorations progressives, mais qu'il ne faut pas s'attendre à ce qu'il augmente nettement à court terme...

L'action AB InBev a subi sa plus forte correction de la décennie (-10,4%) après l'annonce des résultats du troisième trimestre. Ceux-ci ont déçu, mais la coupe du dividende, davantage. Concrètement, un dividende brut de 1,80 euro sera distribué pour l'exercice 2018 (un acompte de 0,80 euro brut sera versé à la fin novembre et le solde, en mai 2019), soit exactement moitié moins que pour 2017. Par cette mesure, la direction vise à accélérer la réduction de l'endettement. Initialement, elle n'entendait ramener la dette nette à deux fois les cash-flows opérationnels (Ebitda) qu'à plus long terme. Elle a précisé que le dividende fera l'objet de majorations progressives, mais qu'il ne faut pas s'attendre à ce qu'il augmente nettement à court terme.Pour nombre d'analystes, la mesure prise est un mal nécessaire. Ce sont eux qui, d'une certaine manière, ont incité la direction à la prendre. Le rapport trimestriel n'a pas été à la hauteur des attentes. La croissance des volumes n'a pas excédé 0,2% (+0,5%, tout de même, pour les bières "maison"), alors que les analystes escomptaient, en moyenne, une hausse de 1,8%. Les volumes n'ont gonflé que de 0,3% sur les neuf premiers mois de l'exercice 2018 (+0,6% pour les bières "maison"). En raison des effets de change (les cours des devises argentine, brésilienne et d'Afrique du Sud ont cédé beaucoup de terrain), la croissance organique du chiffre d'affaires (CA) ne s'est établie qu'à 4,5% (attentes: 5,9%), à 13,3 milliards de dollars (consensus: 14,1 milliards de dollars). En revanche, AB InBev continue à enregistrer des marges bénéficiaires que les autres acteurs du secteur lui envient. Les cash-flows opérationnels (Ebitda) ont progressé de 7,5%, à 5,36 milliards de dollars, mais sont restés en deçà des prévisions moyennes des analystes (5,86 milliards de dollars). La marge d'Ebitda (Ebitda/CA) s'est cependant accrue de 116 points de base (1,16%) par rapport au troisième trimestre de 2017, passant de 38,9 à 40,3%. Sur les neuf premiers mois de l'année, elle s'établit à 39,4%, contre 38% sur la même période, l'an dernier. Le groupe brassicole espère la porter à plus de 40% grâce à SABMiller, inclus dans le périmètre de consolidation. Malgré un trimestre en mode mineur, le groupe est toujours susceptible d'atteindre cet objectif. AB InBev a vu son bénéfice récurrent (sans les éléments exceptionnels, donc) baisser de 1,31 à 0,82 dollar par action au troisième trimestre. Ce recul est imputable aux quelque 90 millions d'actions qui ont été couvertes contre les fluctuations des cours; le programme de rémunérations en actions a déjà occasionné une perte d'environ 900 millions de dollars cette année. Nous ne sommes bien entendu, nous non plus, pas satisfaits des résultats du troisième trimestre. Cela dit, le groupe bénéficie de circonstances atténuantes _ de très défavorables effets de change sur plusieurs de ses marchés importants. Les marges bénéficiaires, elles, demeurent époustouflantes. Dès la publication du rapport trimestriel, nous avions ajusté notre recommandation à "conserver/attendre" (rating 2B). Pour ce qui concerne le portefeuille modèle, cela signifie que la position pourra être allégée. Mais nous aurions tort de nous précipiter. Mieux vaut attendre un redressement du cours de l'action. Nous n'anticipons certes pas une performance supérieure à la moyenne boursière, au cours des six prochains mois - après le récent dévissage, ce serait un miracle. Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2BCours : 65,46 eurosTicker : ABI BBCode ISIN : BE0974293251Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 132,2 milliards EURC/B 2017 : 18,2C/B attendu 2018 : 17,6Perf. cours sur 12 mois : -33%Perf. cours depuis le 01/01 : -30%Rendement du dividende : 4,3%