Le plus grand brasseur au monde connaît des ratés depuis quelques années. Et si autrefois, le marché était systématiquement convaincu que les attentes seraient satisfaites, après plusieurs grandes déceptions ces dernières années, la confiance des investisseurs et analystes s'est muée en scepticisme. Mais cette fois, les chiffres du premier trimestre sont supérieurs aux prévisions. Le marché n'a pas manqué de montrer son soulagement. Certes, les résultats sont loin d'être brillants. Sur le plan organique, soit abstraction faite des acquisitions et désinvestissements, les volumes ont reculé de 9,3%, alors que le consensus visa...

Le plus grand brasseur au monde connaît des ratés depuis quelques années. Et si autrefois, le marché était systématiquement convaincu que les attentes seraient satisfaites, après plusieurs grandes déceptions ces dernières années, la confiance des investisseurs et analystes s'est muée en scepticisme. Mais cette fois, les chiffres du premier trimestre sont supérieurs aux prévisions. Le marché n'a pas manqué de montrer son soulagement. Certes, les résultats sont loin d'être brillants. Sur le plan organique, soit abstraction faite des acquisitions et désinvestissements, les volumes ont reculé de 9,3%, alors que le consensus visait -7,9%, et le chiffre d'affaires (CA) a fléchi de 5,8%, à 11 milliards de dollars (consensus: 12,22 milliards de dollars). Seule l'Asie a déçu, en particulier la Chine, où les ventes ont chuté de 46,5% au cours du premier trimestre en raison du virus, les autres régions ayant publié des chiffres supérieurs aux attentes moyennes des analystes.A 3,95 milliards de dollars, le cash-flow opérationnel (Ebitda) a battu les prévisions de 130 millions de dollars (3,82 milliards escomptés). Il s'agit tout de même d'un recul de 13,7% en glissement annuel, bien plus marqué que celui du CA. Ainsi la marge d'Ebitda a-t-elle fléchi de 331 points de base (3,31%), à 35,9%. Le bénéfice sous-jacent par action a reculé de 73 à 51 points de base, un chiffre conforme aux attentes (0,52 dollar). AB InBev a indiqué que les volumes ont chuté de 32% en avril, soit plus qu'anticipé (-29%), et c'est le confinement mondial qui en est à l'origine. Seule la Chine a signé une amélioration à cet égard, avec un recul de 17% en un an, en avril. Le récent communiqué de presse du groupe précise en outre que la vente de la filiale australienne Carlton & United Breweries d'AB InBev au groupe japonais Asahi Group Holdings, pour un montant de 11,3 milliards de dollars, sera finalisée le 1er juin. Le produit de cette cession sera bienvenu, en ces temps difficiles. Pour accroître sa stabilité financière, le groupe avait déjà décidé de réduire de moitié, à 0,50 euro par action, le dividende final.Nous avons pu profiter de la nervosité du marché, avant la publication des chiffres du groupe, pour acquérir une première position dans le portefeuille de référence. Le titre AB InBev a affiché pendant de nombreuses années une jolie prime par rapport à celui de ses concurrents grâce à ses marges bénéficiaires, nettement plus élevées; aujourd'hui, c'est une décote qu'il présente. Son titre a subi la plus forte chute, au sein de l'indice Stoxx 600 Food & Beverage. Quant à sa valorisation, c'est la plus faible au sein de l'indice Bel 20, ce qui ne s'était plus produit depuis longtemps. Avec un rapport valeur de l'entreprise (EV)/Ebitda attendu en 2020 de 11,5, le titre recèle un potentiel de redressement. Bon marché, un titre AB InBev est d'office digne d'achat!Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 39,96 eurosTicker: ABI BBCode ISIN: BE0974293251Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 69,0 milliards EURC/B 2019: 8,5C/B attendu 2020: 18Perf. cours sur 12 mois: -46%Perf. cours depuis le 01/01: -45%Rendement du dividende: 3,3%