Carlos Brito ne sera donc pas parvenu à terminer sa carrière chez AB InBev sur des résultats éclatants. Le Brésilien âgé de 60 ans en aura passé 32 chez le brasseur, dont 15 comme CEO. Une magnifique carrière, même si le bilan des cinq dernières années, et notamment l'acquisition de SABMiller, est plus discutable. L'opération a certes permis au groupe de décrocher le leadership mondial dans le secteur de la bière, mais au prix d'un lourd endettement. Ce leadership restera toutefois l'oeuvre d'une vie. Le nouveau CEO, qui n'est autre que Michel Doukeris, qui travaille au sein du b...

Carlos Brito ne sera donc pas parvenu à terminer sa carrière chez AB InBev sur des résultats éclatants. Le Brésilien âgé de 60 ans en aura passé 32 chez le brasseur, dont 15 comme CEO. Une magnifique carrière, même si le bilan des cinq dernières années, et notamment l'acquisition de SABMiller, est plus discutable. L'opération a certes permis au groupe de décrocher le leadership mondial dans le secteur de la bière, mais au prix d'un lourd endettement. Ce leadership restera toutefois l'oeuvre d'une vie. Le nouveau CEO, qui n'est autre que Michel Doukeris, qui travaille au sein du brasseur depuis un quart de siècle, a donc du pain sur la planche, comme en témoigne l'accueil négatif qu'a réservé le marché aux trimestriels. La période avril-juin 2021 a été marquée par une croissance organique des volumes de 20,8% (+20,5% pour les bières "maison" , à 144,85 millions d'hectolitres; le consensus tablait sur 143,4 millions d'hectolitres, soit 1% de moins. A 27,6%, la croissance organique du chiffre d'affaires (CA, 13,539 milliards de dollars) était encore supérieure à l'augmentation des volumes - un classique chez le géant brassicole. Le consensus a été dépassé de 2% (13,27 milliards de dollars). Nous avions constaté une légère érosion de la marge ces derniers trimestres, avec une croissance organique du cash-flow opérationnel (Ebitda) inférieure à celle des volumes et du CA. Ce n'est pas le cas cette fois, puisque l'Ebitda a bondi de 31%, à 4,846 milliards de dollars (3,414 milliards de dollars au 2e trimestre de 2020), dépassant là aussi le consensus, qui attendait 4,758 milliards de dollars (+1,8%). La marge d'Ebitda (Ebitda/CA) s'est redressée de 263 points de base, passant de 33,2% au 2e trimestre de 2020 à 35,8% un an plus tard, comme attendu par les analystes (35,8%). Ce niveau de marge reste particulièrement élevé pour le secteur. A 0,95 dollar par action, le bénéfice sous-jacent a en revanche déçu et manqué le consensus (0,99 dollar), avec surtout une grosse déconvenue en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique, heureusement compensée en partie par de bons résultats en Europe et en Amérique latine. Pour l'ensemble de l'exercice, AB InBev prévoit toujours une hausse de l'Ebitda comprise entre 8 et 12%. La croissance des volumes et du CA devrait être plus élevée. La valorisation du groupe a beaucoup baissé ces dernières années. A 1,7 fois la valeur comptable et un rapport valeur d'entreprise/Ebitda 2021 de 12, elle reste toutefois très acceptable. Le repli intervenu après la publication des semestriels ouvre une nouvelle fenêtre d'entrée. Nous tablons sur un net redressement de l'action dans les 24 mois.Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1B Cours: 52,27 eurosTicker: ABI BBCode ISIN: BE0974293251Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 88,87 milliards EURC/B 2020: 23,5C/B attendu 2021: 25,5Perf. cours sur 12 mois: +10%Perf. cours depuis le 01/01: -8%Rendement du dividende: 0,9%