Il y a dix ans, en septembre 2007, les épargnants et les investisseurs s'agglutinaient devant les agences de la banque britannique Northern Rock pour récupérer leur argent. C'était le premier "run on the bank" au Royaume-Uni depuis 1866. Le 14 septembre 2007, la Bank of England décidait d'octroyer des crédits d'urgence afin d'éviter une faillite du système. Après l'échec de deux tentatives de reprise, Northern Rock sera nationalisée en février 2008. La banque avait misé massivement sur les crédits immobiliers reconditionnés. Un mois plus tard, la banque française BNP Paribas devait clôturer trois fonds investis dans les crédits immobiliers américains car les liquidités s'étaient taries.
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Il y a dix ans, en septembre 2007, les épargnants et les investisseurs s'agglutinaient devant les agences de la banque britannique Northern Rock pour récupérer leur argent. C'était le premier "run on the bank" au Royaume-Uni depuis 1866. Le 14 septembre 2007, la Bank of England décidait d'octroyer des crédits d'urgence afin d'éviter une faillite du système. Après l'échec de deux tentatives de reprise, Northern Rock sera nationalisée en février 2008. La banque avait misé massivement sur les crédits immobiliers reconditionnés. Un mois plus tard, la banque française BNP Paribas devait clôturer trois fonds investis dans les crédits immobiliers américains car les liquidités s'étaient taries.Lorsque la banque d'affaires américaine Lehman Brothers s'est écroulée en septembre 2008, le système financier occidental a tremblé sur ses bases. Au cours des jours et semaines qui ont suivi, de plus en plus de banques ont risqué de faire la culbute et les autorités publiques ont été forcées de sauver ou de nationaliser un nombre important de banques. La crise financière était déjà un fait à l'automne 2008, et elle donnerait le coup d'envoi à la récession la plus profonde de la période d'après-guerre. Mais surtout, les investisseurs en actions bancaires ont perdu énormément d'argent.Dix ans plus tard, nous ne pouvons que conclure que le secteur n'a pas encore totalement pansé ses plaies. Les actions bancaires sont toujours "les canards boiteux" des Bourses européennes. Qui a investi il y a dix ans la somme de 1000 euros dans l'indice Stoxx600 Banks, ne possède plus aujourd'hui que 550 euros (45% de perte). C'est le résultat le moins bon de tous les secteurs suivis par le MSCI. Un investissement de 1000 euros dans l'indice Stoxx600 a grossi, dix ans plus tard, à 1430 euros (43% de gains). Cela représente un faible 3,7% de moyenne par an. C'est cependant 90% de mieux qu'un investissement dans le secteur bancaire européen. Qui a cependant choisi d'investir ces même 1000 euros il y a dix ans dans le secteur technologique affiche aujourd'hui 2040 euros de gains, soit 104%. La sévère correction boursière mondiale de 2008-2009 a été largement digérée dans ce secteur.L'année dernière cependant, une amélioration s'est dessinée. Le même Stoxx600 Banks a réalisé un rendement de 26% ces 12 derniers mois, soit 16% de mieux que l'indice Stoxx600. Pour autant, la crise n'est pas encore digérée. Nous le voyons d'ailleurs aussi aux niveaux de valorisation des actions bancaires. Le sentiment négatif à l'égard du secteur s'est traduit par des valorisations très intéressantes. Ainsi les 44 valeurs de l'indice Stoxx600 Banks s'échangent-elles en moyenne à seulement 0,9 fois leur valeur comptable (1,9 fois en moyenne pour les actions de l'indice Stoxx600). Ce qui signifie que le marché attribue à l'action bancaire européenne moyenne une décote de 10% par rapport à la valeur des actifs au bilan. Alors qu'il y a dix ans, il payait encore 2,2 fois la valeur comptable ou la valeur minimale (théorique) de la banque. Par ailleurs, la banque européenne moyenne est valorisée à 12 fois le bénéfice escompté pour 2017 (16 fois pour l'indice Stoxx600), et le rendement moyen de son dividende s'élève à 4% bruts (3,2% en moyenne pour l'indice Stoxx600). Dans une perspective historique, on peut donc parler d'une valorisation très faible par rapport à la moyenne du secteur et du marché.La faible valorisation ne suffit pas pour provoquer une inflexion (nette). Ceci dit, le redressement économique semble de plus en plus durable, et la Banque centrale européenne applique toujours une politique très souple. Le tableau sera encore plus enthousiasmant pour les banques européennes si la BCE maintient les taux faibles encore un certain temps, et commence très lentement, du fait notamment de la vigueur actuelle de l'euro, à alléger le montant de son programme de rachat d'obligations (le " tapering "). Cela offrirait aux banques commerciales la possibilité de relever leur marge de taux (taux plus élevé sur l'emprunt et taux encore faible sur l'épargne), et l'effet sur la rentabilité pourrait être spectaculaire : 200 points de base de marge de taux supplémentaires se traduisent par 50% de croissance du bénéfice.On pourrait conclure de cette argumentation qu'il faudrait presque aveuglément investir dans les actions bancaires (européennes). Pour autant, tous les problèmes ne sont pas résolus. Il y a moins d'un an encore, l'une des grandes banques d'Europe, Deutsche Bank a rencontré de sérieux problèmes. Combinaison d'une rentabilité faible, voire inexistante, d'un bilan souffreteux et d'un portefeuille de produits dérivés énorme, la plus grande banque d'Allemagne n'est pas encore un exemple de stabilité et de direction solide. Par ailleurs, le sauvetage, il y a quelques mois en Espagne, de Banco Popular par Banco Santander (reprise pour un euro symbolique couplée cependant à une augmentation de capital de 7 milliards d'euros) a encore prouvé que l'Europe est encore dans une lente convalescence (Banco Popular avait encore 29,8 milliards d'euros de crédits immobiliers douteux au bilan). Le secteur bancaire italien n'est pas en meilleure posture, au contraire. Là, le secteur a attendu beaucoup trop longtemps avant de réanimer les banques zombies. La manière dont les problèmes de Veneto Banca et Banca Popolare di Vicenza ont été réglés est très discutable.Au demeurant, le chemin qu'il reste à parcourir semble être intégré dans les valorisations actuelles. La moins bonne prestation du secteur financier durant la dernière décennie est en effet très extrême. De plus, les résultats attestent (surtout aux Pays-Bas) que dans ce contexte certes difficile, des bénéfices peuvent malgré tout être réalisés. Les chiffres de KBC, notamment, démontrent que la situation est en l'occurrence à nouveau sous contrôle, et qu'une rentabilité " saine " est possible.Ce ne sera pas simple, mais selon nous, un nombre suffisant d'arguments plaident davantage en faveur du secteur bancaire que par le passé. Nous pensons qu'après la correction modérée généralisée attendue, un redressement aura lieu dans le secteur au cours des trois à six mois qui suivront. Vous pouvez opter pour les actions bancaires individuelles, mais limitez le risque en investissant par exemple uniquement dans des actions bancaires " de proximité ", comme KBC, ABN-AMRO, BNP Paribas et ING. Vous pouvez toutefois aussi opter pour le tracker sur les actions bancaires européennes iShares Stoxx600 Banks.