En raison notamment du coût (souvent plus élevé que prévu) et de la durée (souvent plus longue qu'estimé) de la construction d'une nouvelle centrale nucléaire classique (puissance électrique atteignant les 1.600 mégawatts, MW), l'on constate un intérêt croissant pour les petits réacteurs modulaires (PRM), dont la puissance peut atteindre 300 MW. Outre un coût moindre, les PRM offrent la possibilité d'une extens...

En raison notamment du coût (souvent plus élevé que prévu) et de la durée (souvent plus longue qu'estimé) de la construction d'une nouvelle centrale nucléaire classique (puissance électrique atteignant les 1.600 mégawatts, MW), l'on constate un intérêt croissant pour les petits réacteurs modulaires (PRM), dont la puissance peut atteindre 300 MW. Outre un coût moindre, les PRM offrent la possibilité d'une extension modulaire, et peuvent à terme accélérer la diffusion de l'énergie nucléaire en tant que source d'électricité neutre en CO2. Des technologies basées sur le thorium sont à l'étude, mais il ne faut pas s'attendre à les voir sur le marché avant quelques décennies. Si nous escomptons une hausse du cours de l'uranium, c'est parce que la situation de l'offre et de la demande s'annonce de plus en plus attrayante à long terme. La demande augmentera en effet de 1 à 4% l'an au cours des 20 prochaines années. Il est d'ailleurs de plus en plus communément admis que l'énergie nucléaire a sa place dans le mix énergétique. Mais les opérateurs ne sont pas encore prêts à l'offrir; le cours de l'uranium a été trop bas tout au long de la décennie écoulée, et ce depuis la catastrophe de Fukushima (mars 2011). Un redressement du cours s'est amorcé en 2018, après que les leaders du marché, Cameco et Kazatomprom, ont considérablement réduit l'offre. Cette année, en raison des fermetures de mines (confinement), le déficit de production passera à 65-75 millions de livres sterling, soit près d'un doublement, alors que la demande devrait rester pratiquement inchangée, à 185 millions de livres. En 2021 également, la production sera inférieure aux prévisions. Au printemps de cette année, le prix au comptant de l'uranium avait grimpé à 34 dollars la livre, avant de retomber à 30 dollars dès l'annonce, début août, du redémarrage de Cameco Cigar Lake. Les prix repartiront à la hausse quand les services publics renouvelleront leurs contrats à long terme. Après la récente correction, acquérir Cameco à environ 10 dollars est assurément un bon choix (rating1B).