Vouloir vendre les actions qui ont un lien direct avec le tourisme au lendemain de nouveaux attentats terroristes dramatiques est un réflexe compréhensible. Pourtant, force est de constater qu'une fois passée la réaction d'effroi initiale, les cours se normalisent assez rapidement après de tels événements. En général, les attentats terroristes n'ont qu'un impact plutôt limité et temporaire sur le tourisme. Même s'il faut noter que les vacanciers adaptent leur destination en fonction de leur évaluation de la situation sécuritaire des pays, leurs répercussions sur les acteurs actifs dans le monde entier restent plutôt modestes.
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Vouloir vendre les actions qui ont un lien direct avec le tourisme au lendemain de nouveaux attentats terroristes dramatiques est un réflexe compréhensible. Pourtant, force est de constater qu'une fois passée la réaction d'effroi initiale, les cours se normalisent assez rapidement après de tels événements. En général, les attentats terroristes n'ont qu'un impact plutôt limité et temporaire sur le tourisme. Même s'il faut noter que les vacanciers adaptent leur destination en fonction de leur évaluation de la situation sécuritaire des pays, leurs répercussions sur les acteurs actifs dans le monde entier restent plutôt modestes.AccorHotels est un groupe hôtelier actif dans 92pays, avec 3873hôtels qui proposent au total 511.517chambres. Le groupe a récemment annoncé l'acquisition de FRHI, connu pour les chaînes d'hôtels de luxe Fairmont, Raffles et Swissôtel. Le groupe dispose ainsi d'hôtels dans tous les segments du marché, avec des chaînes connues comme Sofitel (luxe), Novotel (segment médian) et Ibis (segment inférieur). Bien qu'il s'agisse d'un acteur d'envergure mondiale, il a réalisé l'an dernier 30,7% de son chiffre d'affaires total de 5,58milliards EUR en France et 40,7% dans les autres pays européens. Le contexte de menace terroriste persistante ne lui est donc pas favorable, mais l'action AccorHotels s'échange déjà 30% sous son pic du printemps 2015. Malgré tous les éléments négatifs qui affectent le secteur aéronautique _ outre la menace terroriste, citons les troubles en Turquie, la multiplication des grèves sauvages, etc. _, Ryanair continue à afficher des taux de croissance impressionnants. Au cours de l'exercice 2015/2016 écoulé (clos le 31mars 2016), le nombre de passagers a augmenté de 18%, à 106,4millions. Ces trois derniers mois, la croissance fluctuait entre 10% et 12%. Après des années de croissance à deux chiffres, Ryanair prévoit pour cet exercice une croissance du nombre de passagers de 9%. L'objectif reste de transporter 180millions de passagers en 2024, soit une hausse de 120% par rapport à 2014 (82millions). Le taux d'occupation déjà élevé se stabiliserait à 93% cette année, mais le revenu par passager, qui a reculé de 1% à 46EUR par billet au cours de l'exercice passé, pourrait chuter de 7%. L'action a beaucoup baissé après le référendum de fin juin sur le Brexit. Nous conserverions les positions existantes dans les deux actions.Swatch Group a enregistré de mauvais résultats au premier semestre. L'action est-elle à conserver ? L'horloger suisse de réputation mondiale Swatch Group a émis un important avertissement sur bénéfice à la mi-juillet. Le ralentissement constant de la croissance en Asie (et surtout à Hong Kong) entraîne une stagnation des ventes de montres de luxe depuis plusieurs années, et les conditions défavorables sur les marchés domestiques du groupe, la Suisse et la France, ont pesé sur les résultats du premier semestre. Le chiffre d'affaires a reculé de 11,4% à 3,72milliards de francs suisses (CHF) (-12,5% à cours de change constants). Malgré les ventes décevantes, le groupe reste fidèle à sa politique de conservation des collaborateurs techniquement très qualifiés pour pouvoir profiter plus rapidement d'un redressement de la demande. Mais un tel choix peut naturellement affecter la rentabilité de l'entreprise à court terme. Le bénéfice opérationnel (EBIT) s'est effondré de 761 à 353millions CHF, soit un recul de 53,6%. Une chute d'une ampleur nettement supérieure aux prévisions moyennes des analystes, qui tablaient sur -23%. La marge d'EBIT est retombée de 18,2 à 9,5%. Le résultat net s'est contracté de 548millions à 263millions CHF (-52%). En partie en raison de l'appréciation du CHF, le dernier exercice s'était déjà soldé par une baisse limitée du chiffre d'affaires de 3% à 8,45milliards CHF (-0,9% à cours de change constants). L'EBIT a abandonné 17,2%, passant de 1,75 à 1,45milliard CHF, ce qui représente une régression de la marge EBIT de 20,1 à 17,2%. Le résultat net a baissé de 21%, à 1,12milliard CHF. Pour cette année, Swatch Group table cependant sur un meilleur deuxième semestre que l'an dernier, notamment grâce à la présence de sa marque vedette Omega aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro (Brésil). Le chiffre d'affaires annuel ne devrait ainsi subir qu'une baisse limitée par rapport à 2015. Swatch Group est une entreprise financièrement saine et a profité de l'environnement de taux d'intérêt négatifs en Suisse pour annoncer en février dernier un programme de rachat d'actions propres de 1milliard CHF sur trois ans; 197millions CHF y ont déjà été consacrés au premier semestre. Le dividende brut est resté inchangé à 7,5CHF par action, soit un rendement brut de 2,78%. L'action a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis son pic aux alentours de 600CHF en 2014. Swatch Group affiche une valorisation attrayante avec un rapport cours/bénéfice attendu de 16 pour 2016 et un ratio valeur d'entreprise (EV)/cash-flows opérationnels (EBITDA) de 8,4. Vu le ralentissement persistant de la croissance mondiale, il est cependant trop tôt pour relever la note. Conserver (2A).