Kiadis est entrée en Bourse de Bruxelles et d'Amsterdam en 2015, au prix de 12,5 euros par action. Le français Sanofi offre aujourd'hui 308 millions d'euros, soit 5,45 euros par action, soit aussi une prime de 272%, puisque le titre tourne autour de 1,5 euro. Kiadis a longtemps misé sur l'ATIR-101, candidat médicament destiné à renforcer le système immunitaire après une greffe de cellules souches, surtout dans les leucémies rares. Elle avait lancé f...

Kiadis est entrée en Bourse de Bruxelles et d'Amsterdam en 2015, au prix de 12,5 euros par action. Le français Sanofi offre aujourd'hui 308 millions d'euros, soit 5,45 euros par action, soit aussi une prime de 272%, puisque le titre tourne autour de 1,5 euro. Kiadis a longtemps misé sur l'ATIR-101, candidat médicament destiné à renforcer le système immunitaire après une greffe de cellules souches, surtout dans les leucémies rares. Elle avait lancé fin 2017 une étude comparative de phase III avec le protocole PTCy, la procédure standard; en parallèle, forte des résultats prometteurs de la phase II, elle avait soumis une demande d'approbation préliminaire à l'Agence européenne des médicaments. Après bien des déboires, elle a décidé, en octobre 2019, d'arrêter les frais. L'action est alors passée de 5 à 1,5 euro (-70%). Kiadis avait heureusement acquis, en avril, CytoSen Therapeutics, elle aussi active dans l'immunologie du cancer et auteure d'une plateforme de cellules natural killer (K-NK). Kiadis enregistre depuis l'an passé de nombreux progrès. En mai, elle a obtenu l'autorisation d'entamer une étude de phase II sur le K-NK002 chez des receveurs d'une greffe de cellules souches pour deux types de cancer du sang. En juin, elle a entamé le recrutement pour une étude de phase I sur le K-NK003, pour des patients en rechute de leucémie aiguë. En juillet, elle a conclu avec Sanofi un accord de licence au sujet d'une molécule préclinique (K-NK004), qui lui a valu un paiement d'étape de 17,5 millions d'euros; le deal pourrait générer des revenus allant jusqu'à 857,5 millions d'euros, et des royalties d'un peu plus de 10% sur les ventes. Enfin, la biotech a entamé le développement clinique du K-NK-ID101 contre le Covid-19, pour lequel elle a perçu 9,5 millions de dollars de subventions américaines. Des programmes de développement préclinique dans le domaine des tumeurs solides sont par ailleurs en cours. Sanofi mise à l'évidence sur une percée. Kiadis, qui a consommé 21,2 millions d'euros au premier semestre, disposait au 30 septembre d'une trésorerie estimée à 25,9 millions d'euros. Elle a donc besoin de fonds. En ce sens, nous considérons que l'offre de Sanofi est acceptable (nous rétrogradons notre rating à 3C: accepter l'offre).