Nous assortissons l'action d'ABInBev, le premier producteur mondial de bière, d'une note " conserver " (2A) depuis un certain temps. L'indiscutable qualité du géant belgo-brésilien de la bière est largement intégrée dans le cours de l'action, valorisée à 22 fois les bénéfices attendus pour 2015 et avec un rapport valeur d'entreprise (EV)/cash-flows opérationnels (EBITDA) attendus pour 2015 de 13. En 2008, l'action InBev était retombée de 30 EUR à 10 EUR entre les premières rumeurs relatives à une offre sur le groupe américain Anheuser-Busch en mai et la finalisation de l'augmentation de capital de 6,4 milliards EUR en décembre. Bien entendu, le moment de l'opération était particulièrement mal choisi - elle intervenait au plus fort de la crise financière - et le marché doutait de la capacité d'InBev à boucler le financement d'une acquisition d'une valeur d'entreprise de 54 milliards USD. Après deux offres non officielles à 38 et 40 livres sterling (GBP) par action SABMiller, AB InBev a lan...

Nous assortissons l'action d'ABInBev, le premier producteur mondial de bière, d'une note " conserver " (2A) depuis un certain temps. L'indiscutable qualité du géant belgo-brésilien de la bière est largement intégrée dans le cours de l'action, valorisée à 22 fois les bénéfices attendus pour 2015 et avec un rapport valeur d'entreprise (EV)/cash-flows opérationnels (EBITDA) attendus pour 2015 de 13. En 2008, l'action InBev était retombée de 30 EUR à 10 EUR entre les premières rumeurs relatives à une offre sur le groupe américain Anheuser-Busch en mai et la finalisation de l'augmentation de capital de 6,4 milliards EUR en décembre. Bien entendu, le moment de l'opération était particulièrement mal choisi - elle intervenait au plus fort de la crise financière - et le marché doutait de la capacité d'InBev à boucler le financement d'une acquisition d'une valeur d'entreprise de 54 milliards USD. Après deux offres non officielles à 38 et 40 livres sterling (GBP) par action SABMiller, AB InBev a lancé mercredi une offre officielle à 42,15 GBP qui attribue au numéro 2 de l'industrie de la bière une valeur de 68,2 milliards GBP (valeur d'entreprise de 116 milliards USD). Soit une prime de 40% par rapport au cours d'avant l'officialisation des négociations le 14 septembre. Il s'agit d'une offre en cash, assortie d'un volet optionnel prévoyant l'émission de maximum 326 millions d'actions ABInBev nouvelles, non cotées en Bourse (dilution maximale de 20%). Cette dernière offre est destinée à offrir aux deux grands actionnaires de SABMiller - Altria avec 26,56% et Bevco (la famille colombienne Santo Domingo) avec 13,9% - la possibilité de rester actionnaires d'ABInBev. Ces actions ne seront pas négociables pendant cinq ans et seront ensuite converties en actions ordinaires. Sur la base du rapport d'échange - 2,37 GBP en espèces et 0,483969 action ABInBev par action SABMiller -, cette option attribue une valeur de 37,49 GBP par action à SABMiller. Altria s'est directement rangée derrière l'offre, mais le marché doute manifestement des chances de succès de l'opération, car l'action SABMiller continue à fluctuer aux environs de 37 GBP. Malgré le palmarès impressionnant d'ABInBev en matière d'acquisitions, il est inévitable que l'opération, qui sera sans doute la dernière grande acquisition dans la vague de consolidation entamée il y a 20 ans, suscite de nombreuses incertitudes. Le chemin semble encore semé d'embûches, en particulier du côté des autorités à la concurrence. Nous sommes cependant moins pessimistes que le marché sur les chances de succès d'une acquisition qui, si elle se réalisait, pourrait déclencher un nouveau rebond de l'action ABInBev et ouvrir une belle fenêtre de vente. Pour l'instant, l'action est toujours à conserver (2A). En tant qu'actionnaire de Volkswagen, je me sens gravement floué par le scandale environnemental. Puis-je espérer récupérer quelque chose pour les dommages subis ? Nous comprenons d'autant mieux votre mécontentement que nous sommes logés à la même enseigne. Avec le " Diesel Gate ", Volkswagen a trompé non seulement ses clients, mais aussi ses actionnaires ! Et il est clair que l'entreprise peut également s'attendre à de nombreuses plaintes de ce côté. Les premières procédures judiciaires ont déjà été lancées aux Etats-Unis sous la forme de " class action suits " : un groupe d'actionnaires a intenté une action commune auprès de la justice. Plusieurs initiatives ont également été prises en Europe, avec les premières réactions d'associations de défense des intérêts des actionnaires. En Belgique, la Fédération flamande des investisseurs (VFB) a décidé de collaborer avec la DSW, Deutsche Schutzvereinigung fur Wertpapierbesitz, une association d'investisseurs allemands respectés à forte orientation juridique. Aux Pays-Bas, la VEB (Vereniging van Effectenbezitters) a déjà affirmé qu'elle tenait Volkswagen pour responsable des pertes financières subies. Bien entendu, ce n'est encore que le début. Il n'est donc pas trop tard pour passer à l'action, mais la possibilité nous semble assez réelle, même si les procédures dureront sans doute des années, qu'une indemnité soit attribuée. Depuis le déclenchement du scandale, la presse évoque des montants exorbitants à la charge du constructeur allemand (amendes, frais de réparation...). Volkswagen a annoncé avoir épargné 6,5 milliards EUR au 3e trimestre, mais il est clair que le coût final sera plus élevé. Ce sont 40 milliards EUR de valeur boursière qui sont partis en fumée depuis le début du scandale. Mais nous avons aussi constaté en pareils cas par le passé (notamment chez Toyota et General Motors) que les amendes finales dépassaient rarement un quart des montants cités à l'origine, et que les pertes en termes de parts de marché se révélaient somme toute assez supportables. Pour l'instant, nous privilégions une attitude attentiste. Nous suivons de près le mouvement de redressement de l'action et nous reverrons ensuite notre position concernant le portefeuille modèle.